GODZILLA Vs DESTOROYAH

Titre: Godzilla Vs Desroyah
ou:  
Réalisateur: Takao Okawara
Interprètes: Tatsumi Takuro

 

Yoko Ishino
Yasufumi Hayashi
Megumi Odaka
Momoko Kochi
Sayaka Osawa





Année: 1996
Genre: Kaizu Eiga
Pays: Japon
Editeur Aventi
Violence: * *
Erotisme: *
Suite: Godzilla Millenium

70%

Résumé:

Des crabes mutants, issus de l'utilisation d'une arme mortelle quarante ans plus tôt, menacent de détruire Tokyo. Ils fusionnent et deviennent finalement le redoutable Destoroyah, le tueur de vie. Mais la Terre elle-même est en péril car le coeur atomique de Godzilla menace d'exploser, anéantissant toute la planète. La seule solution consiste à faire s'affronter les deux monstres géants.

Critique:

1995. Godzilla est revenu sur le devant de la scène via une série de longs-métrages d'intérêt divers. Ressuscité en 1984 (Return of Godzilla), le lézard atomique revint en 1989 (Godzilla Vs Biollante) et pris alors sa vitesse de croisière.

Au rythme d'un film par an, Big G offre de belles rentrées financières à la Toho. Mais les recettes faiblissent néanmoins et la firme décide d'un dernier coup d'éclat: tuer Godzilla pour laisser le champ libre à son homologue ricain qui pourrait lancer une nouvelle saga. La compagnie décide donc de supprimer définitivement son monstre vedette à l'occasion de son quarantième anniversaire.

Après la quinzaine de titres issus de la première vague (de 1954 à la mi-seventies) et six nouveaux épisodes réalisés entre 1984 et 1994, ce dernier volet se doit de conclure en beauté la plus longue saga de l'histoire du cinéma. Bien sûr ce ne fut pas le cas mais ceci est une autre histoire…

Nous sommes donc en 1995 et la Toho recycle une partie de son catalogue en offrant à Big G un hommage non dissimulé qui reprend bien des éléments des années antérieures. Pour la dernière fois, nous trouvons au générique le producteur Tomoyuki Tanaka et le compositeur Akira Ifukube, associés à la bête depuis ses orignes.

Momoko Kochi, pour sa part, reprend le rôle d'Emiko Yamane, qu'elle incarnait dans le film original, en 1954. En continuité avec les six épisodes précédents, Kenpachiro Satsuma re-enfile le costume une dernière fois et le personnages de Miki, la jeune fille liée télépathiquement au Lézard Atomique, reprend du service une ultime fois.

C'est le scénariste Kazuki Omori qui se charge d'écrire le requiem du monstre favori des japonais et son script offre de nombreux hommages et références au tout premier film. A l'épqoue, le premier Godzilla avait été détruit par une arme terrifiante, un destructeur d'oxygène capable d'anéantir toute forme de vie. Or, l'utilisation de cette arme donna naissance à une nouvelle espèce, semblable à des crabes monstruex qui sème la panique dans les rues de Tokyo. Mais le péril est plus grave encore car Godzilla risque à tout moment d'imploser, son cœur atomique s'étant emballé. Sa mort est inévitable mais pourrait carrément détruire la Terre entière.

Certains personnages de l'original sont dès lors évoqués, par flash-back, dialogues ou photographies (comme Serizawa, inventeur de la fameuse arme) et le docteur Yamane. Mais Emiko Yamane est belle et bien de la partie, comme mentionné précédemment, et on rencontre également Kenichi Yamame, un jeune homme qui passe son temps à étudier le Big G et Yukari Yamane, sa sœur, une journalitse télé.

Baby Godzilla, dit "Le Petit", est également de la partie, soumis à de terribles blessures par Destoroyah, un monstre né des dizaines de crabes mutants. Ce bébé, découvert dans le Godzilla Vs MechaGodzilla 2 est toujours un peu stupide et pataud, même si il a bien grandi et s'érige en digne descendant de Big G.

Le cinéaste, lui,renoue ici avec un récit beaucoup plus classique, sérieux et tragique que les précédentes aventures du monstre atomique. L'énergie nucléaire se trouve clairement dans le collimateur du scénariste qui en dénonce les effets dévastateurs, à court ou très long terme. Dommage que ces considérations écologistes soient souvent assez malhabilles, faute d'une mise en place fort longue et bavarde.

Au niveau de l'action pure, le spectateur en a pour son argent. Les effets spéciaux assurent efficacement le boulot, dans le cadre d'un kaizu évidemment, à l'exception de l'aspect assez patauds des crabes mutants, plus proches des créatures du film homonyme de Roger Corman que des monstres de Starship Troopers ou d'Aliens. La séquence d'affontement entre les soldats suréquipés et les crabes est donc assez décevante.

Heureusement, lorsque Big G intervient, il rehausse le tout par son aspect réellement impressionnant: un cœur en fusion et une carapace luminescente, ainsi qu'une crête dorsale écarlate. Très joli. Les divers combats entre Godzilla, aidé de son fiston, et le monstrueux Destoroyah sont plutôt bien menés et certains sont même carrément spectaculaires, tout comme les interventions musclées de l'avion Super X qui rempile une nouvelle fois avec ses canons réfrigérants.

 

Ce sera donc un beau chant du cygne pour Big G, certes un peu en deça des attentes (mais pouvait il en être autrement?) mais néanmoins satisfaisant. La Toho laissa dormir le roi des monstres durant près de cinq ans, misant à la fois sur la version américaine (un bide) et sur l'infantile trilogie Rebirth of Mothra. Il faudra attendre l'an 2000 pour voir débarquer un nouvel épisode intitulé Godzilla Millenium qui relança la machine jusqu'à l'épisode final (???) de 2004, Godzilla Final Wars, qui marquait les 50 ans du lézard géant. Mais ceci est une autre histoire.

Au niveau du DVD Aventi, il est de bonne facture. L'image (en 16/9) est superbe, les couleurs bien chaudes et dans l'ensemble bien contrastées. On ne trouve pas de défaut majeur, excepté uine piste sonore en anglais sous-titré français. Quoique de bonne facture, tant au niveau du doublage que du dynamisme (le Dolby Surround 2.0. est très puissant et efficace), on regrette un peu l'absence de piste VO.

Mais vu le prix proposé il serait dommage de se priver de cette nouvelle aventure du Big G, d'autant que le packaging en digipack est vraiment bien foutu.