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Le premier film de la prolifique série réalisé en 1954 fut ensuite distribué dans une version tronquée additionnée de séquences d'inserts avec Raymond Burr.
Il est fort éloigné des suivants. D'abord, le ton se veut sérieux, pour ne pas dire effrayant: Godzilla était, à l'origine, l'incarnation de la peur nucléaire. Il exprimait la culpabilité de l'homme et ses craintes quant à l'avenir de la planète. Construit comme un film catastrophe, ce premier volet présente une galerie de personnages pour lesquels on éprouve une émotion, avant les destructions en chaine.
Malgrè leur âge, les effets spéciaux demeurent convainquant si on admet leur côté kitsch et Inoshiro Honda parvient à filmer adéquatement son figurant costumé. Le scénario, à présent rabâché, n'est pas plus mauvais qu'un autre, loin de là et les clichés usuels sont présents mais sans être pesants. Ainsi, le scientifiques découvre une nouvelle arme, hésite à l'utiliser et choisit finalement de mourir pour éviter qu'elle tombe entre de mauvaises mains.
Le principal défaut du métrage, aujourd'hui, est d'avoir été suivi par une trentaine de séquelles plus délirantes (et parfois jouissives, avouons-le) les unes que les autres. Des suites fort éloignées du ton sérieux et efficace de ce film de science-fiction pessimiste.
"Godzilla" est donc un film de science-fiction important et réussi...Quant à savoir si la version américaine (tronquée mais plus claire et ramassée) est supérieure à l'originale nippon, il s'agit d'une question de point de vue et de goût. |