GODZILLA 85: LE RETOUR DE GODZILLA

Titre: Gojira
ou: The Return of Godzilla
Réalisateur: Koji Hashimoto & R.J. Kiser (version américaine)
Interprètes: Ken Tanaka

 

Yasuko Sawaguchi
Yosuke Natsuki
Keiji Kobayashi
Raymond Burr (version américaine)
 
 
Année: 1984
Genre: Kaiju Eiga
Pays: Japon
Editeur Aventi
Violence: * *
Erotisme: *
Suite: Godzilla Vs Biolante

40%

Résumé:

Godzilla n'a pas été détruit! Il revient menacer Tokyo!

Critique:

Pour fêter dignement les trente ans de son monstre vedette, la Toho décide, en 1984, de ramener à la vie Godzilla, lequel a déserté les écrans depuis une dizaine d'années. Ce retour s'inscrit dans une optique plus sombre et dramatique, évitant la surenchère de catch en costumes et l'infantilisme galopant ayant ruiné la série dès la fin des sixties. Cette fois, Big G redevient le monstre menaçant des deux premiers épisodes de la saga et non plus une sorte de peluche géante protégeant la Terre et les enfants du Japon. L'intention est louable mais, malheureusement, le résultat ne suit pas tant ce nouveau GODZILLA s'avère languissant.
Tout d'abords les inévitables préliminaires sont toujours aussi longuettes et le spectateur devra attendre plus de trois quart d'heure avant que ne commence les destructions massives, argument principal du Kaiju, et spectacle infantile si il en est. En effet, le public de ce genre de film attend simplement de belles scènes de paniques, réminiscences de grands films catastrophes, au cours desquelles des foules affolées fuient devant un monstre nucléaire ravageant une capitale et détruisant des gratte-ciels. Or, non seulement il faudra ici s'armer de patience pour contempler ce type de scènes mais, pire encore, celles-ci s'avèrent globalement décevantes. Les démolitions manquent d'ampleur et les effets spéciaux sont médiocres. Evidemment, le genre demande une certaine naïveté et l'usage de la suit-motion (comprenez un figurant costumé écrasant des maquettes) est de rigueur mais ce GODZILLA paraît souvent manquer de finition et avoir été tourné à la va-vite.

L'idée d'ignorer les trop nombreuses séquelles et de reprendre l'intrigue à la fin du premier GODZILLA (mais trente ans plus tard) laissait augurer une certaine innovation, hélas, rien ne fonctionne vraiment. Une fois encore, le rythme beaucoup trop lent est à blâmer et le métrage eut certainement beaucoup gagné à se voir élaguer d'une vingtaine de minutes de palabres stériles et de séquences inutiles.

La plupart des amateurs de Big G préfèrent généralement l'aspect ouvertement campy des combats de catch entre monstres géants que le côté plus sérieux et "réaliste" de GODZILLA et de GODZILLA 85. En dépit des efforts méritoires des producteurs, cette version 85 échoue complètement à retrouver l'atmosphère de tension, voire d'angoisse, du premier épisode: les temps ont changés, trop de séquelles kitsch sont passées et l'atmosphère voulue tendue est en réalité plus ennuyeuse que captivante. Les discussions et considérations politiques tentent de donner une certaine profondeur à l'intrigue (fortement marquée par son époque et la guerre froide alors toujours menaçante) mais elles ne font souvent que ralentir exagérément le métrage.

La présence de l'avion de combat Super-X, lequel effectue ici sa première apparition, fera néanmoins plaisir aux fans et permet une des meilleures scènes d'action (la seule vraiment valable, en fait) du film. Car Godzilla, malgré une nouvelle taille (il a doublé de hauteur et approche des 80 mètres!), écrase trop peu de maquettes et affrontent trop peu de petits soldats.

En résumé, un épisode fort médiocre qui ne tient guère ses promesses. Sans doute plus réussi, techniquement et artistiquement parlant, que les plus mauvais films des seventies (style GODZILLA Vs GIGAN ou GODZILLA Vs MEGALON) mais, au final, bien moins fun.

Note: comme pour le premier film, ce GODZILLA 85 bénéficia (le terme est sans doute mal choisi!) d'un remontage trafiqué par l'inclusion de scènes où intervient "l'homme de fer" Raymond Burr dans le rôle de Steve Martin.