GODZILLA VS KING GHIDORAH

Titre:  
ou:  
Réalisateur: Kazuki Omori
Interprètes: Kampachiro Stasume

 

Hurricane Ryu
Wataru Fukuda
Megumi Odaka
Richard Berger
Chuck Wilson
 
Année: 1992
Genre: Kaizu-eiga
Pays: Japon
Editeur Aventi
Violence: * *
Erotisme: *
Suite:  

65 %

Résumé:

1992. Des hommes venus du futur préviennent le Japon: bientôt Godzilla détruira tout leur pays en provocant une apocalypse nucléaire. Le monstre étant indesructible, la seule solution est de le rayer de l'Histoire en remontant le temps. 1944. Les "Futuriens" soustraient un dinosaure à l'irradiation nucléaire...mais ils laissent sur place trois petites bestioles qui, cinquante ans plus tard, donnent naissance à King Ghidorah!

Critique:

Voici un épisode au scénario assez original. Nous sommes en effet en présence d'une intrigue qui s'éloigne radicalement des clichés du kaizu-eiga.

Tout débute au XXIIIeme siècle et nous voyons des scientifiques explorer les océans à la recherche de King Ghidorah. Le monstre est toujours vivant, même si une de ses trois tête a été tranchée par Godzilla au XXeme siècle…

Nous sommes à présent en 1992 et les hommes du futur, appelés commodément Futuriens, débarquent à Tokyo pour avertir le Japon de la destruction future de leur pays par Big G. Seule solution: le rayer de l'Histoire en remontant le temps jusqu'en 1944 pour soustraire aux radiations un dinosaure oublié sur une île. L'opération réussit mais les Futuriens laissent dans le passé trois petites créatures ailées.

Retour en 1992. Godzilla n'a jamais existé. Mais les bestioles oubliées ont mutés pour devenir King Ghidorah. Une manipulation des Futuriens, décidés à détruire le Japon devenu dans l'avenir la plus grande puissance mondiale. Mais le dinosaure jeté dans l'océan, irradié par un sous-marin nucléaire, est néanmoins devenu Godzilla. Finalement, il bat son adversaire tricéphale mais s'avère incontrôlable. Une des Futuriens trahit la cause et décide de sauver le Japon. Elle ramène alors du futur un Ghidorah cybernétique capable de vaincre le roi des monstres…

On le voit, l'histoire est riche et apparemment palpitante. Les rebondissements sont nombreux et le jeu entre les époques permet de relancer régulièrement l'intérêt. Mais tout n'est pas rose pour autant. Tout d'abord certains aspects du scénario ne tiennent absolument pas la route: si Big G est rayé de l'Histoire et n'a jamais existé, le Japon devrait être différent. De plus, personne ne devrait se souvenir de lui et la Force G n'aurait pas lieu d'être, entre autre. Une telle désinvolture dans les paradoxes temporelles tempèrent grandement l'intérêt que l'on peut trouver au métrage, lequel bouffe aussi à tous les râteliers du cinéma ricains.

Le petit clin d'œil à Spielberg au début est amusant ("Des extra-terrestres viennent nous visiter en soucoupes? Vous raconterez cela à votre fils, major Spielberg") mais les autres références sont bien appuyées. Outre un script inspiré de Retour vers le Futur 2, citons un plagiat éhonté de Terminator 2, des emprunts plus que grossiers à Star Trek, voire à Star Wars et même à Jurassic Park.

Dinosaure ravageant une petite île, voyage temporel, combats au laser, téléportation, androïde indestructible, et même un très bref combat d'arts martiaux! Le patchwork proposé est bien lourd et pas vraiment convainquant, d'autant que Big G n'apparaît qu'au bout d'une heure de métrage. Une mise en place bien longue.

Heureusement, les quarante minutes suivantes rattrapent ce qui précède en accumulant les destructions massives. Ces séquences sont parmi les plus spectaculaires et réussies de la saga, avec un Godzilla franchement méchant qui dévaste des villes entières avec son feu nucléaire. Les combats contre Ghidorah assurent également un divertissement de premier choix. Niveau effets spéciaux, comme tous les films récents de la saga, ce titre oscille entre le réussi (si!), le passable et le franchement raté, à l'image des petites bestioles caoutchouteuses avant leur mutation en Ghidorah.

Malgré tout l'impression est mitigée. Le scénario est trop incohérent et prévisible pour tenir véritablement le spectateur en haleine et les emprunts trop évidents pour ne pas devenir agaçants. Le tout se suit néanmoins sans effort particulier mais nous sommes loin d'un épisode de premier plan.

Les fans seront néanmoins satisfaits, Ghidorah demeurant un de leur kaizu préférés, et seront sans doute râvis de l'impressionnant final, malgré un scénario troué de toutes part. Chacun passera un bon moment devant ce spectacle divertissant et primaires même si certaines longueurs s'avèrent un brin soporifiques.