GODZILLA FINAL WAR

Titre: Godzilla 28: Final War
ou: Gojira: Fainaru uôzu
Réalisateur: Ryuhei Kitamura
Interprètes: Masahiro Matsuoka

 

Rei Kikukawa
Kazuki Kitamura
Don Frye
 
 
Année: 2004
Genre: Keizu-eiga / science fiction
Pays: Japon
Editeur  
Violence: * *
Erotisme: *
Suite:  

50%

Résumé:

Les Envahisseurs de la Planète X menacent la Terre. Seul recours pour contrer les immondes aliens, le terrible Godzilla!

Critique:

GODZILLA FINAL WARS a été pensé comme la conclusion de la plus longue saga de l'histoire du cinéma. Avec 27 films au compteur et 50 années de présence, le gros lézard écrase ses rivaux, que ce soit James Bond, Emmanuelle ou les équipages successifs de l'Enterprise. Est-ce vraiment la fin se demanderont les fans? Probablement pas, puisque la Toho nous a déjà fait le coup à plusieurs reprises. La dernière "mort" de Big G, en 1994, avait donné un métrage sympathique mais imparfait multipliant les autocitations: GODZILLA VS DESTOROYAH. Et, dix ans plus tard, ce FINAL WARS reprend, peu ou prou, une formule identique! Sans beaucoup de réussite malheureusement!

Premier problème, mais de taille ("size does matter" disait justement la pub du GODZILLA version US), la durée du film. Deux bonnes heures! C'est long! Très long, d'autant que le monstre vedette n'apparaît qu'après plus d'une heure. Que fait Kitamura pendant la première partie de son métrage? Il se concentre sur les humains. Vous savez ces petites créatures insignifiantes et insipides dont le seul rôle valable, au sein d'un Keizu Eiga, est généralement de courir en criant très fort avant de se faire piétiner.

Ici, le cinéaste se la joue X-MEN avec des mutants dotés de superpouvoirs. C'est dans l'air du temps et ça permet quelques combats bien débiles à la mode free-fight. Pas mal fichus en plus mais aussi à leur place qu'une apparition de Mothra dans un kung-fu cablé des nineties! Kitamura convoque également des aliens qui, sous leur apparence de gentils sauveurs de la Terre, cachent - très peu - d'affreux méchants. Que du classique très prévisible. L'intrigue avance donc en boitillant et tout le monde se fout de cette progression dramatique, ou plutôt de son absence puisque le plus inattentif des spectateurs a immédiatement compris où le film nous menait. La nostalgie, camarade, est plus proche du fainéantisme rétrograde que de l'hommage sincère.

Autre immense problème de ce FINAL WARS, en partie (mais en partie seulement) lié à sa durée: le rythme. Et là, c'est proche de la catastrophe! Le film se traîne de manière soporifique, présente des intrigues connexes inutiles et sans intérêt, pour - lors des séquences d'action, devenir rapide et frénétique, au point qu'on ne comprend plus grand-chose, si ce n'est que tout explose! Heureusement, les monstres sont venus et ils ne sont pas contents: de King Caesar à Hedora en passant par Anzila, Ebirah, Mothra, Gigan (magnifique avec ses méga-tronçonnneuses!) et Ghidorah, sans oublier le Godzilla US en images de synthèse et le puissant Rodan, ça déchire: toutes les capitales sont mises à sac par les grosses bébêtes qui écrasent beaucoup de jolies maquettes (on voit que c'est des maquettes mais c'est fait exprès et c'est joli quand même) sous leurs grosses papattes. Hélas, très vite, les humains, vous savez ces petites…(cf. plus haut) reprennent du poil de la bête et vont jusqu'à vaincre Ebirah en utilisant des pisto-lasers et des sauts aériens, sans oublier leurs aptitudes au combat libre. Vu comme ça cela peut sembler complètement portnawak donc irrésistible pour les amateurs de nanar jouissif mais, en fait, c'est plutôt ennuyeux et raté.

Et là, ça y est, les aliens interviennent, sauvent le monde (on se demande pourquoi) et font régner la justice avant que leur plan du fond de l'espace (le neuvième ou le dixième plan sans doute) ne soit révélé par de valeureux terriens. Quarante minutes et des poussières d'ennui absolu, de dialogues crétins, de stupidité complète suivent donc, faisant fondre l'enthousiasme du spectateur à deux doigts de l'endormissement.

Il faut l'arrivée de Godzilla, que l'on n'espérait même plus (après une heure dix minutes!), pour réveiller le public! Enfin, nous avons droit à notre vrai dose de Keizu décérébré, avec prise de catch, monstres transformables, figurants paniqués (les figurants sont toujours paniqués dans ces films, à la différence des figurantes de porno), explosions, pif paf, un peu d'humour, du volontaire (rare), de l'involontaire (déjà plus généreux), etc. Pas assez jouissives pour sauver le métrage, juste assez pour lui éviter un complet naufrage, ces trente minutes s'avèrent néanmoins franchement sympathiques à condition d'accepter la donne: comme disent les légionnaire: "tiens voilà du bourrin". Les attentes énormes suscitées par ce film hommage sont donc loin d'être tenues.

Au final (hum!), ce FINAL WARS constitue donc une sorte de gloubi-boulga indigeste vaguement consommable sur l'instant mais qui, hélas, colle aux dents. Grosse zikmu techno boum boum, effets visuels à la MATRIX, bastons ridicules et pyrotechnie démentielle, Kitamura en met plein la vue, plein les oreilles et tente d'accoucher d'un produit à la fois grand public et culte, une sorte de gros nanar plus ou moins volontaire finalement pas beaucoup plus réussie qu'un gros blockbuster Z à la INDEPENDANCE DAY. Et même, osons l'affront suprême, carrément moins fun que le GODZILLA version USA. Si c'est pas malheureux ma bonne dame!

Dans la mouvance Roland Eimerich, Michael Bay, Uwe - pas de - Boll, Bartkowiak, Bekmenbetov et consorts, la mondialisation de la frime, du vide et du rabotage de cerveau continue, pour le plus grand plaisir des petits et des grands.

A condition d'accepter cette option purement régressive ce pitoyable GODZILLA FINAL WARS parvient à procurer un semblant de plaisir. Mais faut être courageux!