GHOST IN THE SHELL 2: INNOCENCE

Titre: Ghost In The Shell 2 - Innocence
ou: Inosensu: Kôkaku kidôtai
Réalisateur: Mamoru Oshii
Interprètes: Akio Ôtsuka (voix)

 

Atsuko Tanaka (voix)
Kôichi Yamadera (voix)
Tamio Ôki (voix)
 
 

 

Année: 2004
Genre: Science-fiction
Pays: Japon
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite:  

40%

Résumé:

 

Critique:

GITS 2 fait suite à un chef d'œuvre absolu du cinéma d'animation nippon, un des rares métrages de ce genre ayant reçu une véritable reconnaissance critique et publique hors des cercles d'initiés. Autant dire que cette séquelle tardive était attendue au tournant. Et, malheureusement, la déception est cruelle!

Commençons pourtant par les points positifs: c'est souvent très beau visuellement, même si on n'est pas tout à fait dans le même registre que le premier volet, plus cohérent et moins gratuitement tape à l'œil. Les scènes en animation 3D ne sont pas toujours convaincantes mais l'ensemble est d'un niveau largement supérieur à la moyenne du genre.

Mais, hélas, les points négatifs sont vraiment trop nombreux pour être ignorés. Le scénario, tout d'abord, est globalement incompréhensible. Obscur, abscon, l'intrigue part dans toutes les directions, accumule les références et multiplie les citations intellectuelles pour convaincre. Rien à voir avec 2001 ou d'autres chef d'œuvres métaphysiques, comme pas mal de plumitifs soit disant 'intello l'ont écrit. L'intrigue de GITS 2 est une simple accumulation de séquences qui s'additionnent à la manière d'un château de cartes, essayant d'atteindre les cîmes alors que les fondations sont franchement bancales.

Oshii ne parvient qu'à accoucher d'un produit maniéré, étalant sa culture avec la complaisance suspecte du conférencier peu sûr de lui préférant gâver le public de termes savants que d'essayer de lui faire comprendre son propos. Alors il se lâche et balance en vrac et sans nuance citations savantes (Descartes et autres philosophes), maximes référentielles ("Nul besoin d'être César pour comprendre César"), pensées personnelles, mythologies et religions (le Golem, entre autre, est évoqué), etc.

D'où un film excessivement bavard, où l'on ne compte plus les tirades "pénétrées" et les plans contemplatifs censés en dire long. Bref, ça discute beaucoup et, quitte à faire une autre citation, disons le tout n'est, c'est vraiment "beaucoup de bruits pour rien". Ou pas grand-chose!

Le tout parait prenant au départ mais devient rapidement insupportable de prétentions déplacées et - surtout - confuses et mal digérées. Résultat des courses: GITS 2 agace bien plus qu'il ne fascine.

L'intrigue, ténébreuse, se base grosso modo sur une énigme policière assez lente qui rappelle Blade Runner (et même ses suites littéraires signées K.W. Jetter) et les romans d'Asimov consacrés aux robots, en particuliers bien sûr ceux basés sur une trâme polar comme Face aux Feux du Soleil et Les Cavernes d'Acier. Mais tout ce fatras n'aboutit à rien, ouvrant des pistes pour ne pas s'y engouffrer, multipliant les sous-intrigues et les personnages à l'intérêt tout relatif!

C'est d'autant dommage que la première demi-heure est, rappelons-le une dernière fois, de bonne tenue. Mais le métrage s'enlise ensuite dans une suite de citations pelantes et dispensées sans véritables raisons, pour l'unique plaisir de se vautrer dans un pseudo-intellectualisme proche du ridicule. Ce "ventre mou" occupe la quasi-totalité du temps de projection restant, jusqu'à un final plus rythmé et rentre-dedans mais pas vraiment plus convaincant pour autant.

GITS 2 ne vaut, au final, que pour sa réussite visuelle et auditive, la bande originale étant fort efficace et bien intégrée au métrage, que ce soit la musique ou les nombreux bruitages d'ambiances qui offre à l'ensemble une coloration intéressante mise en valeur par l'installation Home Cinema. A l'image d'AVALON, le précédent ratage d'Oshi, ce GITS 2 est sans doute très beau (quoique, je le répète, certains effets 3D soient affreux!) et plein de bonnes idées de mise en scène mais constitue surtout un pensum pénible assez ennuyeux.

Prétentieux et vain, GITS 2 est donc franchement indigeste!l