FULL CONTACT
Titre: Sia Dao Cao Fi
Réalisateur: Ringo Lam
Interprètes: Chow Yuen Fat

 

Simon Yam
Anthony Wong
 
 
 

                      
                      
                      
Année: 1992
Genre: Thriller with a "fuck you attitude"
Pays: Hong Kong
Editeur  
Violence: * * * *
Erotisme: * * *

85%

Résumé:

Un videur de boîte de nuit, Jeff, accepte un casse organisé par une bande de gangsters déjantés (une grande folle psychopathe nommé Judge, une nymphomane séropositive hystérique et un minable aux limites du retard mental) pour éponger les dettes de son ami Sam. Mais ce dernier finit par le trahir. Suite à une fusillade, Jeff est laissé pour mort en compagnie d'une jeune fille défigurée par un incendie. A son retour en ville, Jeff découvre que sa petite amie l'a quitté pour Sam. Il décide d'en finir avec Judge et sa bande de détraqués.

 

Critique:

Voilà un exemple de cinéma punk et barbare, sorte de gigantesque bras d'honneur expédié par un cinéaste épuisé à un système qui refuse les créateurs. Déviant, excessif, terriblement vulgaire dans son pseudo-érotisme comme l'illustre le personnage de la nymphomane en mini-jupe de cuir moulant, sur-maquillée, qui passe le film à se masturber avant de tirer sur tout ce qui bouge. Un sommet de misogynie assumée d'autant qu'elle est séropositive et a ainsi filé le sida à ses innombrables mecs (dixit la version uncut!).

Le côté caricatural du métrage est encore accentué par d'autres personnages, comme en témoigne Simon Yam en tueur homosexuel très "Cage aux Folles" arborant fièrement une mèche folle et un foulard rose. N'oublions pas non plus la grosse brute au cerveau limité, accesoirement obsédé sexuel et psychopathe.

Chow Yun Fat, pour sa part, trouve un rôle marquant et abandonne partiellement sa classe coutumière au profit d'une rudesse triviale de mauvais garçon tatoué. Il marche ainsi sur la corde raide, entre la noblesse du "Killer" de John Woo (son personnage se nomme également Jeff) et une vulgarité crasse (voir la scène où il se remonte les couilles sans élégance après avoir assisté à un accouplement improvisé dans les toilettes publiques!). Un grand moment de poésie dans un monde de brutes!

Violent au possible, avec des dérapages gore aussi gratuits que gratinés typique de la Category3, "Full Contact" se vautre complaisamment dans le destroy ordurier et la complaisance déviante. Il peut sembler bizarre au spectateur occidental qu'un auteur de la trempe de Ringo Lam engage un casting de choc pour filmer, très sérieusement et avec beaucoup de soin, une histoire qui ne vaut que par le sexe, la violence et l'outrance. Un peu comme si Michael Mann décidait de réunir Al Pacino et Johnny Depp pour filmer un sous-produit érotique destiné à la seconde partie de soirée des télés les plus commerciales, type Hollywood Night pour les connaisseurs. Mais c'est ainsi...

Ringo Lam ne se prive donc pas pour mettre en boite des scènes d'actions explosives et sanglantes, dans une surenchère nihiliste parfaitement jouissive...ou insupportable selon l'humeur du spectateur. Car le film, s'il possède ses fans acharnés, compte aussi son lot de détracteurs qui lui reprochent d'être gratuitement excessif et parfois "too much". A vous de juger mais à mon sens il s'agit d'un divertissement pour adultes de qualité...et doté d'un "bon mauvais goût" comme aurait dit John Waters ou Russ Meyers. Culte, en fait!