FRERES DE SANG

Titre:

Taegukgi

ou: Brotherhood of War
Réalisateur:

Kang Je-Gyu

Interprètes: Jang Dong-kun

 

Won Bin
Lee Eun-Joo
Jeong Jae Hyeong
 
 

 

Année: 2004
Genre: Guerre / Drame / Action
Pays: Corée
Editeur  
Violence: * * * *
Erotisme: * *
Suite:  

75%

Résumé:

Deux frères sont entraînés dans les tourmentes de la guerre de Corée.

Critique:

FRERES DE SANG est une production coréenne souvent rapprochée d'IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN par son réalisme et sa brutalité. Sans atteindre le niveau de l'œuvre de Spielberg, il faut reconnaite que l'ensemble est, en effet, de grande qualité. C'est une illustration puissante et épique de la première année du conflit opposant les Corées du Nord et du Sud, en 1950.

Après le succès mérité de SHIRI, le cinéaste Lang Je-Gyu semblait tout désigné pour mettre en scène ce blockbuster guerrier qui place l'action et les relations houleuses entre deux frères au centre d'un récit épique, riche en action, à la violence souvent gratinée. L'objectif est clairement de projeter le spectateur au cœur d'une immense boucherie et le réalisateur n'y va pas de main morte, multipliant les corps déchiquetés, les soldats - et civils - mutilés, les morts successives dans un maelstrom de barbarie. Pour accentuer cette sensation de complet chaos, Kang Je-Gyu plonge sa caméra dans les batailles et filme l'ensemble de manière hachée, sans fioritures mais avec une vraie rage pour capter la tourmente. Des ralentis et quelques effets de style plus ou moins maîtrisés sont également de la partie, spécialememt dans les moments plus calmes et intimistes.

A coté de l'aspect sauvage, FRERES DE SANG élève un peu le propos au-delà du simple divertissement d'action pur et dur. Le réalisateur se permet quelques réflexions sur la propagande, l'absurdité du conflit et l'impact de la guerre sur les combattants. Sans prendre position, Kang Je-Gyu montre que les deux camps se sont montrés égaux dans la violence et la barbarie. Pas de guerre propre, pas de bons ni de méchants, juste des centaines de milliers de soldats partis mourir pour une cause qui les dépasse.

Evidemment, les difficultés fraternelles sont évoquées et une inévitable romance vient offrir au public sa dose d'émotion. Avec un sujet aussi potentiellement tire-larmes (ben quoi, à la guerre - par définition - les gens meurent), Kang Je-Gyu se laisse aller à de nombreuses scènes mélodramatiques, lesquelles font souvent mouches tout en manquant un peu d'originalité. Le déroulement de l'intrigue est, en effet, assez convenu et même attendu mais le savoir faire bien huilé de l'équipe sauve largement la mise. Seules l'une ou l'autre longueurs viennent un peu gâcher le plaisir mais avouons que Kang Je-Gyu se débrouille bien avec ses deux heures et trentes minutes épiques.

La scène finale pousse un peu le bouchon avec son mélodrame outré, aux limites du balourd, mais le métrage fonctionne parfaitement dans les limites de ses ambitions, à savoir un manque d'originalité manifeste et une tendance à forcer le traits pour divertir ou émouvoir le spectateur.

Sans chercher à révolutionner le genre, FRERES DE SANG donne au public ce qu'il demande: un divertissement intelligent, rythmé, très violent et empli d'émotion. La mise en scène efficace et les acteurs très convaincants achèvent de faire du film une vraie réussite.