THE FLYING GUILLOTINE

Titre: Xuedizi
ou: The Flying Guillotine
Réalisateur: Ho Meng Hua
Interprètes: Chen Kuan Tai

 

Kong Yueng
Guk Fung
Lau Ng-kei
 
 
 
Année: 1974
Genre: Wu Xia Pian
Pays: Hong Kong
Editeur Celestial
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite: The Flying Guillotine 2

70 %

Résumé:

L'Empereur Yung Cheng désire éliminer ses ennemis avec discrétion. Un de ses sbires imagine alors de créer une arme redoutable, la guillotine volante, capable de décapiter un ennemi à trente mètres. Une unité d'élite est créée pour apprendre à manier cette invention mortelle. Mais un des assassins, écoeurés par les tueries politiques ordonnées par le cruel empereur, prend la fuite.

Critique:

La Guillotine Volante, l'arme la plus redoutable utilisée dans les arts martiaux, n'a probablement jamais existé. Cela n'empêcha pas les cinéastes d'exploiter son potentiel hautement cinégénique au travers de trois films Shaw Brothers: Flying Guillotine et ses suites: Flying Guillotine 2 et Vengeful Beauty. Elle fit également une apparition remarquée dans le nanar génial de Wang Yu: Le Bras Armé contre la Guillotine Volante.

Le métrage qui nous occupe est donc le premier (du moins à ma connaissance!) a exploiter cette arme mortelle: une sorte de cercle de métal muni de lames rétractables, manié avec dextérité grâce à une longue chaîne. Malgré ce postulat fantaisiste, Ho Meng Hua traite son intrigue avec sérieux.

Premier exemple: lorsque l'Empereur crée son unité d'élite il s'attend à voir ses hommes maîtriser la Guillotine en quelques jours. La plupart des kung fu pian montrent d'ailleurs des combattants apprendre de nouvelles techniques quasi instantanément, en lisant un bouquin ou en observant un animal. Pas de ça ici: le ministre inventeur avertit son supérieur que le maniement de l'arme nécessitera au moins six mois d'entraînement intensif.

Au niveau du contexte politique, le cinéaste prend également le parti de la vraisemblance en développant le background historique de l'intrigue et en prenant le temps de présenter une série de personnages plus développés que la moyenne. Le tueur échappé (Chen Kuan-tai) n'aspire qu'à une vie simple en compagnie d'une belle artiste de rue et ne démontre pas un héroïsme confinant à la stupidité: lorsqu'il se sait incapable de vaincre il préfère fuir plutôt que de mourir noblement et bêtement. Même l'Empereur possède une consistance particulière, alors qu'un réalisateur moins inspiré en aurait fait un simple méchant irrécupérable. Ici, il semble satisfait de sa puissance mais également un peu mal à l'aise devant le déchaînement de violences qu'il est forcé d'ordonner.

Au niveau des combats certains reprochent au film de privilégier les décapitations à distance, spectaculaires et sanglantes, au détriment des purs duels martiaux. D'autres disent au contraire que la Guillotine n'est pas suffisamment employées. Jamais contents, quoi! Ce n'est pas mon avis! Tout d'abord l'arme est employée à bon escient et avec une certaine parcimonie qui ne la rend que plus dangereuse, Ho Meng Hua captant la frayeur de ses protagonistes lorsque les lames mortelles sifflent dans les airs. Ensuite, même si la plupart des combats sont brefs, ils n'en sont pas moins efficaces et utiles au déroulement de l'histoire. Bien des métrages de l'époque se contentaient de multiplier les combats sans guère de souci de cohérence alors ne boudons pas notre plaisir lorsque les duels sont limités et n'interviennent que justifiés par l'intrigue!

Les chorégraphies sont bonnes dans l'ensemble, sans avoir rien de particulièrement transcendant mais le montage est, lui, fort réussi. Un des meilleurs exemples intervient lorsque Chen Kuan-tai se bat contre deux adversaires et que sa jeune amie improvise un petit spectacle de chant et de danse afin de distraire la foule.

Même si les lancés de guillotines sont nombreux les armes sont fréquemment détruites ou inutilisables, ce qui oblige les adversaires à utiliser des arts martiaux traditionnels. Un bon équilibre d'autant que le spectacle est enlevé et plutôt sanglant par rapport aux standards de l'époque: les têtes volent fréquemment et les corps s'affaissent en aspergeant le sol de sang.

En résumé, Flying Guillotine est un récit solide, agréable et divertissant qui s'écarte suffisamment de la moyenne des kung fu de la Shaw pour mériter une vision attentive.

Devenu un quasi classique, il n'est peut-être pas le chef d'oeuvre annoncé mais il demeure un métrage solide qui se suit sans le moindre ennui. Et c'est déjà très bien!