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Après la réussite de SPL et le ratage de DRAGON
TIGER GATE, autant dire que l'on attendait le duo Wilson Yip
/ Donnie Yen au tournant pour ce titre qui, en apparence, se
rapprochait du postulat de SPL. Malheureusement, ce nouveau
métrage est loin, très loin même, de tenir ses promesses. La
faute, tout d'abord, à un scénario qui ne propose rien de nouveau.
Au contraire, voilà une bonne grosse dose de déjà vu et revu
avec son histoire de flic au style viril (à la Dirty Harry)
décidé à coincer les méchants alors que nous sommes au bord
de la rétrocession.
Comment va évoluer cette intrigue? C'est simple,
elle n'avancera pas. Durant une heure FLASHPOINT fait du sur
place et patine dans la semoule en déroulant clichés et lieux
communs. Présenté comme une préquelle de SPL, le métrage s'inspire
manifestement des productions de baston récentes (comme L'HONNEUR
DU DRAGON, ONG BAK, CITY OF VIOLENCE ou même UNDISPUTED 2) en
misant uniquement sur l'action et en se fichant comme d'une
guigne du scénario. Ici, le spectateur devra se contenter d'une
vague trame gribouillée hâtivement…mais, contrairement aux titres
précédemment cités, le nombre de séquences fortes est insuffisantes
pour que le film puisse être recommandé, fut-ce aux inconditionnels
des coups de tatanes.
Donnie Yen est donc l'inspecteur Ma, un spécialiste
du "je frappe d'abord et je cause ensuite", archétype du flic
prêt à tout pour coincer les truands, même à appliquer les mêmes
méthodes qu'eux, une caricature monolithique qui avance sans
se poser de question. Le reste de la distribution? Des types
qui sont là pour aider Donnie et d'autres qui veulent l'embêter
(ils ne devraient pas, pourtant!) dont Collin Chou promut Big
Boss Number One.
Wilson Yip, pour sa part, filme sa star avec
une belle efficacité, tout à fait conscient qu'il n'est là que
pour donner corps au show martial d'un Donnie Yen narcissique
au point de paraître parfois complètement ridicule. Le style
Yip n'est toutefois pas particulièrement original: une mise
en scène clippée, tape à l'œil, privilégiant un montage nerveux
qui ne laisse pas le temps de souffler et qui refuse le statique
pour s'engouffrer dans la voie du mouvement perpétuel.

Attendu comme une tuerie au niveau de l'action,
FLASHPOINT déçoit même sur ce plan. Il y a bien de très brefs
combats (2 ou 3, pas plus) durant la première heure mais, réunis,
ils ne totalisent même pas cinq minutes de projection. Vu la
médiocrité de l'intrigue, la musique passe partout et le développement
très limité des personnages, c'est peut dire que FLASHPOINT
ennuie. Une véritable suite de longueurs et de moments creux
qui ne parvient quasiment jamais à intéresser un spectateur
toujours au bord du décrochage. Non que tout cela soit difficile
à suivre, simplement ce n'est ni impliquant ni passionnant.
Puis, heureusement, vient le final qui se résume
à un bon gros combat d'une quinzaine de minutes, seule scène
ayant apparemment bénéficié d'une véritable attention. Préparé
par quelques gunfights bien fichus, le duel entre Donnie Yen
et Collin Chou se règle dans un cadre campagnard qui permet
aux adversaires de dévaster totalement une pauvre maison qui
ne leur a rien fait. Wilson Yip semble alors se réveiller, Donnie
Yen se lance dans des chorégraphies très efficaces qui mélangent
les arts martiaux traditionnels à des techniques de projections
et autres emprunts au mixed martial arts et autre ultimate fighting.
Le combat, il faut l'avouer, mettra sans doute tout le monde
d'accord et s'impose comme une belle réussite dans ce genre
de cinéma. Du beau catch, technique et brutal, mais est-ce suffisant
pour compenser l'heure de projection qui précède? Non, certes
pas et c'est carrément dramatique puisque FLASHPOINT, avec sa
durée d'à peine 87 minutes, semble interminable.
Fantasmé comme le renouveau du cinéma d'action
HK, FLASHPOINT est en définitive une grosse baudruche qui se
dégonfle rapidement et ne laisse, une fois le métrage terminé,
aucun souvenir. Si ce n'est, peut être, celui d'un immense gâchis.
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