FLASH POINT

Titre: Flash point
ou: Dao huo xian
Réalisateur: Wilson Yip
Interprètes: Donnie Yen

 

Collin Chou
Louis Koo
Kent Cheng
 
 
 
Année: 2007
Genre: Action
Pays: Hong Kong
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite:  

45%

Résumé:

Un super flic tente d'arrêter des super-méchants juste avant la rétrocession.

Critique:

Après la réussite de SPL et le ratage de DRAGON TIGER GATE, autant dire que l'on attendait le duo Wilson Yip / Donnie Yen au tournant pour ce titre qui, en apparence, se rapprochait du postulat de SPL. Malheureusement, ce nouveau métrage est loin, très loin même, de tenir ses promesses. La faute, tout d'abord, à un scénario qui ne propose rien de nouveau. Au contraire, voilà une bonne grosse dose de déjà vu et revu avec son histoire de flic au style viril (à la Dirty Harry) décidé à coincer les méchants alors que nous sommes au bord de la rétrocession.

Comment va évoluer cette intrigue? C'est simple, elle n'avancera pas. Durant une heure FLASHPOINT fait du sur place et patine dans la semoule en déroulant clichés et lieux communs. Présenté comme une préquelle de SPL, le métrage s'inspire manifestement des productions de baston récentes (comme L'HONNEUR DU DRAGON, ONG BAK, CITY OF VIOLENCE ou même UNDISPUTED 2) en misant uniquement sur l'action et en se fichant comme d'une guigne du scénario. Ici, le spectateur devra se contenter d'une vague trame gribouillée hâtivement…mais, contrairement aux titres précédemment cités, le nombre de séquences fortes est insuffisantes pour que le film puisse être recommandé, fut-ce aux inconditionnels des coups de tatanes.

Donnie Yen est donc l'inspecteur Ma, un spécialiste du "je frappe d'abord et je cause ensuite", archétype du flic prêt à tout pour coincer les truands, même à appliquer les mêmes méthodes qu'eux, une caricature monolithique qui avance sans se poser de question. Le reste de la distribution? Des types qui sont là pour aider Donnie et d'autres qui veulent l'embêter (ils ne devraient pas, pourtant!) dont Collin Chou promut Big Boss Number One.

Wilson Yip, pour sa part, filme sa star avec une belle efficacité, tout à fait conscient qu'il n'est là que pour donner corps au show martial d'un Donnie Yen narcissique au point de paraître parfois complètement ridicule. Le style Yip n'est toutefois pas particulièrement original: une mise en scène clippée, tape à l'œil, privilégiant un montage nerveux qui ne laisse pas le temps de souffler et qui refuse le statique pour s'engouffrer dans la voie du mouvement perpétuel.

Attendu comme une tuerie au niveau de l'action, FLASHPOINT déçoit même sur ce plan. Il y a bien de très brefs combats (2 ou 3, pas plus) durant la première heure mais, réunis, ils ne totalisent même pas cinq minutes de projection. Vu la médiocrité de l'intrigue, la musique passe partout et le développement très limité des personnages, c'est peut dire que FLASHPOINT ennuie. Une véritable suite de longueurs et de moments creux qui ne parvient quasiment jamais à intéresser un spectateur toujours au bord du décrochage. Non que tout cela soit difficile à suivre, simplement ce n'est ni impliquant ni passionnant.

Puis, heureusement, vient le final qui se résume à un bon gros combat d'une quinzaine de minutes, seule scène ayant apparemment bénéficié d'une véritable attention. Préparé par quelques gunfights bien fichus, le duel entre Donnie Yen et Collin Chou se règle dans un cadre campagnard qui permet aux adversaires de dévaster totalement une pauvre maison qui ne leur a rien fait. Wilson Yip semble alors se réveiller, Donnie Yen se lance dans des chorégraphies très efficaces qui mélangent les arts martiaux traditionnels à des techniques de projections et autres emprunts au mixed martial arts et autre ultimate fighting. Le combat, il faut l'avouer, mettra sans doute tout le monde d'accord et s'impose comme une belle réussite dans ce genre de cinéma. Du beau catch, technique et brutal, mais est-ce suffisant pour compenser l'heure de projection qui précède? Non, certes pas et c'est carrément dramatique puisque FLASHPOINT, avec sa durée d'à peine 87 minutes, semble interminable.

Fantasmé comme le renouveau du cinéma d'action HK, FLASHPOINT est en définitive une grosse baudruche qui se dégonfle rapidement et ne laisse, une fois le métrage terminé, aucun souvenir. Si ce n'est, peut être, celui d'un immense gâchis.