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Ce polar s'inscrit complètement dans la veine des deux premiers A Better Tomorrow.
Il sortit à la même époque et présente un Chow Yuen Fat décidé à quitter le milieu pour les beaux yeux de Pat Ha. Mais son frère, joué par Alan Tang, se noie dans les ennuis pour avoir défié un parrain local. Tout finira donc très mal…
On le voit, le dyptique de John Woo constitue véritablement l'influence dominante, tant au niveau du fond que de la forme. Le cinéaste vétéran Joe Cheung n'hésite donc pas à reprendre la plupart des tics du maître, proposant des personnages qui se jettent dans l'action, un flingue dans chaque main, pour lancer des dizaines de balles dans des ballets de violence bien orchestrés. L'utilisation des ralentis renvoie, elle, tant aux thrillers de John Woo qu'à l'inévitable Sam Peckinpah, une influence incontournable et avouée, tout comme celle des polars français avec Delon comme Le Samourai.
Le scénario, écrit par Wong Kar Wai, navigue entre des passages sérieux et violents et d'autres plus légers. Si les premiers fonctionnent souvent très bien (voir le passage très sanglants avec le parrain thaïlandais), les seconds sont moins réussis.
Certains passages de comédie (comme celui où Chow Yuen Fat et Pat Ha offrent un spectacle comique à des personnes âgées) tombent à plat et paraissent complètement hors sujet. L'aspect romantique n'est pas non plus des plus réussis, si l'histoire d'amour de Chow Yuen Fat s'avère réussie (quoique très classique) celle du macho Alan Tang ne convainct que partiellement.
Une grosse baisse de rythme au milieu du métrage n'aide pas vraiment le spectateur à se passionner pour cette intrigue assez convenue mais le final rattrappe en partie les faiblesses précitées. Comme souvent dans le cinéma hong kongais de cette époque, les vingt dernières minutes sont aussi efficaces que brutales avec une fin surprenante et un véritable déluge de barbarie sanguinaire.
En résumé, le spéctacle est intéressant et, en dépit de ses évidentes maladresses, devrait contenter les amateurs de polars noirs et jusqu'au boutiste. Pas mal.
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