LA MAIN DE FER

Titre: Five Fingers of Death
ou: Iron Man
ou: King Boxer
ou: Tian xia di yi quan
Réalisateur: Chang Hwa Jeong
Interprètes: Lo Lieh

 

Chuen Chan
Shen Chan
Hsia Hsu
 
 
Année: 1972
Genre: Kung Fu
Pays: Hong Kong / Corée
Editeur Wild Side
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite:  

75%

Résumé:

 

Critique:

Mythique! LA MAIN DE FER est le prototype même du film de kung fu, celui qui allait révéler le genre au monde entier, après une distribution planétaire organisée par la Warner. Contemporain de la déferlante Bruce Lee, le métrage vient juste après LE BOXEUR MANCHOT et LA VENGEANCE DU TIGRE avec Wang Yu. Ce sera un énorme succès dans le monde entier et particulièrement aux Etats-Unis où il continue à jouir d'un statut culte! Un statut d'ailleurs partagé de part le monde (sauf, paradoxalement, à Hong Kong) qui lui valut également de figurer parmi les 100 meilleurs films d'action lors d'un légendaire numéro hors série de la revue Starfix.

On pouvait craindre que LA MAIN DE FER ne soit, aujourd'hui, une déception. Car trente cinq ans ont passé! Mazette! Et bien non. Même si le film a - forcément - un peu vieilli, il reste un monument du cinéma martial et une pierre blanche incontestable qui changea irrémédiablement la donne. Et ce, grâce à plusieurs qualités: Le scénario, d'abord, est nettement plus travaillé que de coutume. Certes on y retrouve différents éléments classiques comme la rivalité entre écoles, les méchants japonais et le héros devenu infirme qui doit, à mi-film, réapprendre à combattre en tenant compte de son handicap. Mixez LA FUREUR DE VAINCRE et les deux Wang Yu précités et vous obtenez, en gros, le scénario de LA MAIN DE FER. Sauf que ce dernier parait mieux construit et plus abouti.

Bien sûr, certains passages naïfs passent un peu plus mal aujourd'hui (surtout ceux avec la chanteuse) mais pas mal de considération sur la valeur de l'entraînement, le dépassement de soi et la place des arts martiaux sont bien amenées. Elles ne paraîtront plus originales à notre époque, cela va de soi, mais, en 1972, elles devaient produire leur effet sur le public.

Au niveau des combats, ceux-ci demeurent impressionnants, même si on est loin des futures démonstrations acrobatiques. Ce que les acteurs ne donnent pas en technique, ils l'offre en rage pure, laquelle devient même de la violence gore et gratuite avec des yeux arrachés et de grands jets d'hémoglobine. Si l'usage répété des trampolines est parfois lassante (et hop, deux combattants qui voltigent!), les affrontements sont puissants et brutaux. Le montage est sans doute un peu trop rapide pour vraiment impressionner le spectateur mais cette succession de plans rapides confère un véritable rythme aux duels martiaux, même si des chorégraphies plus élaborées auraient apportés un petit plus non négligeable. Mais, en l'état, LA MAIN DE FER assure vraiment le boulot.

Les acteurs, pour leur part, sont plutôt convaincants. Sans avoir un charisme démesuré, Lo Lieh assure très efficacement le boulot et livre une belle composition. Les méchants karatékas / judoka nippons sont cruels à souhaits et ils correspondent totalement aux stéréotypes des bad guy du cinéma hong-kongais de l'époque. De véritables caricatures grimaçantes mais agréables. La réalisation, elle, est dynamique et très professionnelle. On ne peut pas parler d'un véritable style transcendant mais le réalisateur coréen sait où placer sa caméra et assurer un boulot techniquement sans faute.

Reste à parler de la célèbre musique, reprise depuis dans KILL BILL. Le thème principal, une sorte de funk ponctué de grosses percussions et d'une sirène hurlante et stridente, reste immédiatement dans l'oreille.

Sans être, comme certains l'ont prétendu, "le plus grand kung fu de tous les temps", LA MAIN DE FER est un spectacle tonique au cours duquel on ne s'ennuie pas.