FIGHTER IN THE WIND

Titre:  
ou:  
Réalisateur: Yang Hun-Ho
Interprètes: Yang Dong-Geun

 

Hirayama Aya
Kato Masaya
Jeong Tae-Woo
 
 
 
Année: 2004
Genre: Arts Martiaux / Drame
Pays: Corée
Editeur  
Violence: * *
Erotisme: *
Suite:  

55 %

Résumé:
La vie de Choi Baedal (aussi appelé Masutastu Oyama) un coréen émigré au Japon en 1943 et décidé à devenir pilote dans l'armée nippone. Il échappe au destin des kamikazes ("car le sang coréen est trop impur pour souiller un rituel sacré du sacrifice") et se retrouve à la rue suite à la capitulation de l'Empire du Soleil Levant.
Critique:

Oyama fut tout d'abord incarné à l'écran par Sonny Chiba en 1975, dans une série de films débutée par Champion of Death et poursuivie par Karate Bullfighter, le plus connu. Un titre approprié pour relater la vie d'un combattant ayant affronté une cinquantaine de buffles et des dizaines d'experts en arts martiaux. Au bout de deux ans d'entraînements solitaires, il inventa le Kyokushin, un karaté destiné aux combats de rue, axé sur l'efficacité plus que sur la beauté des coups.

Fighter In The Wind s'intéresse surtout à la première période de la vie de Oyama et à son entraînement intensif pour devenir "l'homme le plus dur du monde". Malheureusement, le métrage possède beaucoup de défaut, en particulier une durée bien excessive.

Avec une intrigue très simple qui joue la carte de la biographie romancée, le cinéaste prend le temps d'approfondir le sujet mais aussi de se perdre dans des digressions superflues. D'une durée de près de deux heures, le résultat est donc peu passionnant, en grande partie à cause d'un rythme défaillant et de passages insipides.

Tout l'aspect romance est, à ce niveau, particulièrement fade et décevant. Et les séquences où l'on suit le "héros" dans sa vie quotidienne ne parviennent jamais à nous intéresser vraiment. Difficile, en effet, d'éprouver la moindre émotion pour les personnages, dont la philosophie se résume à la citation finale, en gros "toute personne capable de se dépasser est noble et digne".

Yang Dong Geun fait de gros effort pour interpréter ce combattant authentique et légendaire qu'est Choi Baedal mais ne parvient pas vraiment à dépasser les clichés inhérents au genre. En gros: j'ai émigré pour m'élever dans la société, j'en ai bavé, j'ai perdu mes illusions, je me suis fait humilié par les méchants et à présent, je serre les poings et je riposte. Bref, la vieille rengaine de la saga Rocky, mais sans l'humour ni la chaleur que Stallone avait si bien communiqué à son héros fétiche.

Fighter In The Wind manque donc de personnalité et certains éléments scénaristiques sont, en outres, assez naïfs et / ou maladroitement amenés. Peu d'explications sont fournies sur certains points qui, aux yeux du public occidental, sembleront étrange ou hors de propos. Quant aux combats, la plupart ne sont pas vraiment réussis, usant d'un montage et d'une mise en scène très clip, fort tendance actuellement mais qui peine de plus en plus à impressionner. Où sont nos combattants de jadis qui s'affrontaient en plan larges? Ils ont cédés la pace à des comédiens abusant des effets trafiqués pour palier à leurs limitations martiales. Ralentis et accélérés, câbles, montage cut…Le tout louche sur les chorégraphiées récentes de Yuen Woo Ping, Matrix et Hero étant devenues les références incontournables du genre, pour le meilleur et souvent pour le pire.

Reste heureusement quelques séquences plus réussies. En particulier les trois premiers quarts d'heures, qui nous montrent la vie quotidienne dans le Japon d'après-guerre et les relations entre les différents peuples en présence. C'est sommaire et grossier mais au moins peut-on y trouver un certain intérêt. Les tentatives du héros pour assumer l'identité d'un combattant légendaire sont également plutôt bien ficelées. La suite, hélas, s'avère de moins en moins convaincante.

Au fur et à mesure de la progression du récit, l'attention se relâche et le climax n'est absolument pas le morceau de bravoure escompté, plutôt un pétard mouillé bien trop vite expédié.

Fighter In The Wind se laisse donc voir distraitement mais peine à maintenir l'intérêt et, au final, il s'avère un simple divertissement, sitôt vu et sitôt oublié.