FEARLESS - LE MAÎTRE D'ARMES

Titre: Huo Yuan Jia
ou: Fearless
Réalisateur: Ronnie Yu
Interprètes: Jet Li

 

Shido Nakamura
Betty Sun
Yong Dong
Hee Ching Paw
Nathan Jones
Brandon Rhea
Année: 2006
Genre: Kung Fu
Pays: Hong Kong
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite:  

80%

Résumé:

Le jeune et arrogant Huo Yuan Jia passe son temps libre à démontrer la supériorité de son kung-fu au cours d'une suite d'affrontements publics. Indirectement, sa soif de gloire va causer la mort de toute sa famille. Brisé et à la dérive, Huo Yuan Jia aboutit dans un village de paysans et ré-apprend les vraies valeurs, humaines et martiales.

Critique:

Le dernier (?) kung fu pian en costumes de Jet Li était, forcément, un des métrages les plus attendus des amateurs. Et, en dépit de quelques défauts (conséquence d'un rabotage drastique du métrage qui, dans cette version courte et remontée, perd près de 50 minutes!), l'oeuvre se montre à la hauteur des espoirs investis.

Le scénario s'inspire lointainement de la vie de Huo Yuan Jia (un maître assassiné dont Bruce Lee et Jet Li voulurent venger la mort, respectivement dans LA FUREUR DE VAINCRE et FIST OF LEGEND), déjà illustrée - avec sans doute plus de réussite - dans l'éblouissant LEGEND OF A FIGHTER de Yuen Woo Ping.

L'intrigue n'est pas très originale, ni innovante, mais s'articule sur un schéma classique du kung fu: une première partie démontrant l'arrogance du héros, une seconde illustrant sa quête de valeurs plus authentiques et une dernière réconciliant le héros avec la vie, le kung fu et la sagesse. Jet Li s'était d'ailleurs déjà illustré dans un TAI CHI MASTER à la construction similaire.

Le point faible de FEARLESS, incontestablement, réside dans la partie centrale, celle de la quête de rédemption. Peu exploitée, en une vingtaine de minutes, elle manque d'ampleur et ne trouve pas vraiment le ton juste. La romance entre Jet Li et la jeune aveugle (Betty Sun) ne parvient pas, non plus, à se montrer touchante. Sans doute la version longue prend elle davantage de temps pour reconstituer l'itinéraire mental d'un héros qui, ici, retrouve un peu facilement le véritable sens de la vie. Vite expédiée, au profit de l'action, ce pivot central n'est donc ni très convaincant ni très crédible. Heureusement que tout le reste du métrage possède une qualité suffisante pour faire oublier ce gros point noir!

Ronny Yu, pour son retour à Hong Kong, se donne les moyens de ses ambitions: budget important, paysages superbes (quelques extérieurs très photogéniques sont mis à contribution), figuration nombreuses, soin apporté au décorum, etc. Pas de doute, visuellement, FEARLESS en jette. Mais l'ensemble bénéficie également d'une poignée d'acteurs doués tant pour le jeu que pour la frappe. Et à ce niveau, Jet Li confirme qu'il a nettement progressé, dramatiquement parlant: son interprétation est ici tout à fait convaicante.

Au niveau des combats, les chorégraphies sont de fort bonnes tenues. Les premières (notamment celle située en haut d'une tour de bois) recourrent aux câbles et aux trucages divers mais la plupart adoptent un profil plus réalistes. Yuen Woo Ping, sans renier totalement ses racines, offre quelques combats beaucoup plus hargneux, en phase avec l'actualité martiale, celle de ONG BAK, BORN TO FIGHT, SPL et du succès des spectacle de free fights. L'affrontement entre l'énorme Nathan Jones, véritable mastodonte de force brute, et un Jet Li agile, précis et sûr de lui, demeure sans doute le point d'orgue martial d'un FEARLESS proposant son quota de baston homériques. Comme cette destruction complète d'une maison de thé par Jet Li et son rival.

Le message délivré par FEARLESS n'a, finalement, rien de novateur (les arts martiaux servent aux développement de l'esprit, du corps et de l'âme et non à imposer sa force à autrui) mais la démonstration s'opère sans lourdeur, contribuant à la réussite de ce grand retour au pur kung fu pian à l'ancienne.

En dépit de défauts évidents (sans dout largement imputables à ce remontage absurde qui nous prive par exemple d'un combat brutal contre un boxeur Thai ou de la présence de Michelle Yeoh), FEARLESS réussit parfaitement son pari et si, vraiment, Jet Li se retire du kung fu pian après ce film, il n'aura pas à rougir et sera véritablement parti en beauté.

Efficacité maximale et réussite indéniable, donc!