THE EYE 2
Titre: Jian Gui
Réalisateur: Pang Brothers
Interprètes: Shu Qi

 

Eugenia Yuan
 
 
 
 
 
Année: 2003
Genre: Epouvante / Fantastique
Pays: Thaïlande
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: * *

80%

Résumé:

Selon la philosophie bouddhiste, chacun peut voir les esprits et les morts, du moins au cours de l'enfance. Ensuite, la plupart des individus perdent cette faculté et ne peuvent apercevoir le monde des défunts qu'en deux circonstances: lors d'une N.D.E. (expérience proche de la mort) ou lors d'un accouchement. Or, Joey, une jeune femme enceinte abandonnée par son amant décide de se suicider aux barbituriques. Cette tentative échoue et la jeune femme découvre qu'elle possède à présent le don de visualiser les fantômes. Très vite, elle comprend que l'épouse défunte de son ancient amant désire se réincarner dans le bébé qu'elle porte.

 

Critique:

Ce film n'a rien à voir avec son prédécesseur au niveau de l'intrigue ou des personnages. Cepandant il s'agit bien d'une variation sur un même thême: celui d'une jeune femme voyant des fantômes suite à une expérience traumatisante. Le concept est donc simple mais laisse la porte ouverte à de nombreuses séquelles.

Ce second long-métrage délaisse (en grande partie) les grosses ficelles horrifiques du premier volet - accusé à tort d'être un vulgaire rip-off du "Sixième Sens" - pour un scénario nettement plus construit et inventif. Les révélations distillées tout au long de l'intrigue relance chaque fois l'intérêt et, lorsque le spectateur pense être arrivé au bout de ses surprises, un nouvel élément surgit pour relancer la machine.

L'épouvante fonctionne malgré tout lors de brefs électro-chocs toujours efficaces, surtout lorsque les revenants se matérialisent brièvement aux yeux de la jeune fille à bout de nerf. On note aussi une très efficace séquence d'angoisse dans un ascensseur: un esprit essaie d'investir le corps d'un bébé durant un accouchement et seule l'héroïne voit - et comprend - ce qu'il se passe. Cette scène réussit à être effrayante sans négliger une certaine dimension poétique et tranche nettement avec le côté souvent rabâché de l'épouvante américaine.

Car, The Eye 2, à l'instar du premier volet, ne se contente pas d'être un simple divertissement, il se pâre parfois de touches poétiques et nous éclaire de manière fort instructive sur les croyances et superstitions asiatiques liées à la mort.

La très belle Shu Qi (que l'on croyait cantonnée aux rôles de potiches ou de fantasme incarné dans des productions érotiques jouant avant tout sur son physique) s'implique totalement dans un rôle difficile. Son personnage n'est pas tout rose, au contraire: il s'agit d'une femme dépressive et droguée qui a brisé le couple de son amant. Nous sommes donc bien loin du schématisme des productions américaines et Shu Qi n'hésite pas, non plus, à briser son image lors de certaines scènes, comme celle du lavage d'estomac qui la rend terriblement humaine et vulnérable.

Il est évident que les Pang Brothers ont choisi de s'éloigner de l'ambiance oppressante du premier film pour proposer une sorte de drame fantastique, romantique et poétique parfois traversé de séquences effrayantes. A l'inverse de l'opus 1 qui, lui, misait essentiellement sur la peur viscérale.

Les amateurs d'horreur pure seront peu être un peu déçu mais les fans de bon cinéma fantastique, bien écrit, bien interprété et superbement filmé devraient se réjouir devant cet excellente surprise.