EXORCISTER - L'ECOLE MAUDITE

Titre: Urasotsukidoji
ou: Exorcister
Réalisateur: Takao Nakano
Interprètes: Ippongi Bang

 

Karin Tsuji
Kaoru Nishida
Natsu Mikan
 
 
 
Année: 1994
Genre: Parodie horreur / porno décalée
Pays: Japon
Editeur Haxan (K7 vidéo)
Violence: * * *
Erotisme: * * * * * (X-Rated)
Suite: Exorcister 2: L'Enfer des Infirmières

75%

Résumé:

Maria, dite Soeur Corbeau, est une "exorcister", née des amours d'un monstre et d'une humaine. A l'âge adulte elle s'arme de quelques gadgets redoutables (crucifix boomerang, mitrailleuse à l'eau bénite) et traque les suppots de Satan. Dans ce premier épisode, la jeune Karin, lassée d'être harcelée par deux lesbiennes cruelles, utilise le Necronomicon pour invoquer les forces du mal. Les démons investissent alors son école et malmène les lycéennes.

 

Critique:

Avec son look de jeune gothique entre la prostituée vulgaire (botte en cuir, bas résille, sous-tif tendu par une poitrine aggressive) et le pistolero rital (chapeau, cape et cigarillo), Exorcister s'impose comme une héroïne disjonctée. Ses aventures, dans quatre métrages d'envion 60 minutes, sauront ravir les amateurs de bis assumé, de porno, de thrash et d'humour.

L'école Maudite, premier volet de la saga, est une de ces séries Z hallucinantes dont les japonnais ont le secret! Mélange détonnant de comédie, de fantastique et de porno (pixélisé, Asie oblige!), Exorsister constitue la version live des mangas Urotsukidoji.

En quatre films, le metteur en scène présente toute une série de monstres grotesques fort occupés à violer des nymphettes en tenues fétichistes. Car Takao Nakano, coupable d'une cinquantaine de délires pornos dont Play Girls, un démarquage X de Drôles de Dames, énumére les fantasmes supposés du japonais mâle moyen. Les infirmières, les écolières, les secrétaires sont donc la cible de viols successifs. Mais Nakano s'oppose au coté macho du porno nippon classique: les femmes refusent de se soumettre aux désirs des monstres et répondent violemment aux attaques des créatures tentaculaires. Ces dernières s'en prennent logiquement aux demoiselles et lancent leurs appendices à la conquête des entre-cuisses offerts. Parfois, gênés dans leurs ébats par un costume caoutchouteux (le safe-sex intégral!), les démons retirent leur masques et continuent à besogner les beautés locales comme si de rien n'était.

Il est d'ailleurs frappant de constater à quel point le métrage est enfantin, pour ne pas dire infantile, avec une construction narrative proche d'un épisode de X-Or. Pourtant, sans crier gare (mais en criant des "salope" bien senti!) les démons violent à intervalles réguliers les jeunes écolières par tous les orifices. Des tentacules - aux fils très visibles - qui pénétrent les demoiselles peu farouches. Etrange mélange, donc, entre l'aspect délirant d'un fantastique proche des séries Z fauchées destinées à un jeune public et le côté sexy outrancier.

Les trois scènes pornos durent dix minutes chacunes, ce qui fait beaucoup dans un métrage d'à peine une heure, mais elles restent amusantes et inventives, au point que même les réticents à ce genre ne s'ennuieront pas.

Nakano, en fait, ne se prend pas au sérieux une seule seconde: il revendique l'influence de Ed Wood, des mangas cochons, du bondage, de l'Exorciste, des séries télé à la Bioman, du porno sado-maso, des yakuza eiga, de Lovecraft, d'Evil Dead, de The Thing, du gore bis, du Western spaghetti, etc. Comment un type pareil, avec des goûts cinématographiques aussi exemplaires, pourrait-il faire de mauvais films, je vous le demande!!!

Les effets spéciaux, pour leur part, sont kitsch à mourir: les tentacules sont confectionnés avec des tuyaux de douches, les monstres arborent des gants griffus piqués à Freddy, etc.

Les dialogues atteignent, eux, des sommets de bêtise et, pour un effet maximal, le mieux est de rassembler quelques copains et copines, de couper le son et de déclamer avec emphases les tirades monumentales qui parsèment ce produit hallucinant (heureusement la K7 est en version originale sous-titrée).

Complètement décalé et assez inimaginable, Exorcister existe pourtant et il faut le voir pour le croire! La suite (L'Enfer des Infirmières) reprend la même recette pratiquement à la ligne près.