L'EXORCISTE CHINOIS 2
Titre: Gui Yao Gui
ou: Close Encounters of the Spooky Kind 2
ou: Spooky Encounters
Réalisateur: Ricky Lau & Sammo Hung
Interprètes: Sammo Hung

 

Wu Ma
Lam Ching Ying
 
 
 
Année: 1989
Genre: Arts Martiaux / Aventures / Comédie / Horreur
Pays: Hong Kong
Editeur HK Videoa
Violence: * * *
Erotisme: * *

75%

Résumé:

Ho, un homme débonnaire, enveloppé et pauvre, veut épouser la jeune fille à qui il est promis depuis sa naissance. Aidé par son maître, un condisciple et une jolie revenante, il affronte un riche ennemi qui courtise sa fiancée avec l'aide d'un prêtre adepte de la magie noire.

 

Critique:

Près de dix ans après avoir inventé ce sous-genre typiquement chinois (la "ghost kung-fu comedy"), Sammo Hung clôt en apotéose ce chapitre de l'histoire cinématographique locale. Car Hung est le vrai initiateur du genre au travers du premier Exorciste Chinois, du fameux "Fureur du revenant / The Dead & The Deadly" et de la prolifique série des Mr Vampire dont il fut le producteur pour Ricky Lau. En 1989, la donne à changé à Hong Kong et les polars ultra-violents et souvent sexy ont la côte. Le kung-fu a délaissé les écrans mais Sammo Hung y revient par le biais de la comédie fantastique.


La recette a peu changé en dix ans et le film constitue davantage une sorte de variation sur un même thême (voire un remake) qu'une véritable suite. Comme le premier, le résultat oscille, d'une séquence à l'autre, entre l'excellent et le tout juste moyen. Le scénario constitue un simple prétexte et il ne faut pas espérer la moindre intrigue cohérente. Le spectacle avant tout! On trouve donc dans ce film un humour cantonnais bien lourd, des références sexuelles et pipi-caca à la pelle, du kung-fu délirant, un fantastique traditionnel, une scène horrifique, etc.


Le métrage débute par un cauchemar bizarre en guise de préambule, dans lequel un vampire fume de l'opium en compagnie de Sammo Hung et de sa fiancée, avant que chacun des protagonistes se retrouve suspendu à un lustre. On suit ensuite les déboires de Sammo dans ses vaines tentatives pour s'enrichir, avant un combat où il affronte le soupirant de sa fiancée, lequel a ingéré une boulette qui lui donne l'agilité d'un singe. Et c'est parti pour un des meilleurs moments du film: un affrontement à l'ancienne hilarant et bien chorégraphié.

Intervient ensuite une séduisante fantôme – à l'image de celle des Histoire de Fantômes Chinois - que Sammo va d'abord tenter de neutraliser avant de prendre son parti. La fantôme change alors de corps, séduit le méchant, le saoule et lui vole ses antiquités tandis que l'âme de Sammo passe dans le corps d'un cochon suite à une authentique séquence horrifique: agressé par des goules putréfiées, l'acteur est recouvert de cafards menaçant.

Mais tout se termine dans la rigolade: Sammo quitte son corps et court sans but les fesses à l'air. Après divers péripéties, (dont un combat de Sammo possédé par la fantôme expulsée par son adversaire), chacun se retrouve dans une grotte pour un duel final jouissif: chiens enragés, momies et hommes serpents attaquent les héros qui se défendent dans une série de chorégraphies impeccables.


Il n'est pas toujours aisé d'aborder ce type de film mais cette spécificité typiquement cantonnaise lui assure un vrai charme. Ce cinéma outrancier - malgré ses défauts - était unique et rafriachissant, entre respect des traditions et délire kitsch, entre le fantastique horrifique basé sur les légendes locales et la gaudriole kung-fu.


Bref, un bon moment de détente assuré mais, honnêtement, je ne regarderais pas tous les jours ce genre de film!