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Comme nombre de Cat3, ESCAPE FROM BROTHEL promet
beaucoup mais, en définitive, offre assez peu à ses spectateurs.
Pourtant, Johnny Wang ne lésine pas sur la nudité et la violence.
Le premier élément paraîtra un peu timide aux familiers de la
sexploitation européenne mais, dans le cinéma hongkongais, il
est rare de voir autant de nudités féminines intégrales, y compris
dans les Cat3. Les scènes érotiques, ou voulues comme telles,
sont donc relativement nombreuses mais ni vraiment inventives
ni franchement excitantes. Quelques passages de mauvais goût
sont pourtant à prévoir, comme celui où un méchant, roulé par
nos prostituées, se venge en obligeant l'une des deux à enfoncer
une batte de base-ball dans l'intimité de sa copine. Scène évidemment
suggestive (et suggérée) filmée avec toute la délicatesse attendue
d'un cinéaste uniquement préoccupé du potentiel "exploitation"
de son métrage.
Dès la première scène, un strip gentillet suivi
d'une scène sexy, on comprend immédiatement que Wang est motivé
pour contenter un public essentiellement masculin mais, malheureusement,
l'érotisme n'est guère efficace en dépit de la plastique avantageuse
de nos starlettes. Seule la scène d'amour sur le bateau, malgré
ses dialogues fleurant bon le porno du samedi soir ("tu veux
que je te mettes de l'huile sur le corps?") s'avère un minimum
émoustillante.
Au niveau de la violence, Johnny Wang ne se
prive pas d'une bonne dose de sang mais concentre ses efforts
sur le final. Ce dernier, véritablement excellent, constitue
d'ailleurs la principale raison de regarder cet ESCAPE FROM
BROTHEL: huit minutes de rage, avec des cascades bien exécutées,
des combats furieux, un type éventré à la machette, notre jolie
héroïne en petite tenue malmenée violemment et une explosion
entre une voiture et un hors-bord. Pas mal!
Pauline Chan joue le rôle principal de ce métrage
et tente de donner un minimum d'émotion à son personnage même
si, excepté dans un dernier quart voulu "dramatique", l'option
choisie (la comédie sexy!) ne favorise pas un véritablement
développement de l'intrigue. Les autres acteurs surjouent un
peu (beaucoup) mais sans que cela ne soit vraiment insupportable,
au contraire. L'humour bien lourd est souvent envahissant, parfois
d'un goût douteux (une prostituée refile une maladie vénérienne
à un dragueur de passage pour s'amuser), parfois carrément vaudeville
(le mec dans le placard qui ignore qu'il est dans un bordel
et qui tombe sur une espèce de statuette phallique) ou même
scato (la scène des toilettes est un grand moment navrant).
Drôle de mélange d'ailleurs, entre le côté
comédie de la première partie et l'aspect dramatique et brutal
de la seconde, même si les amateurs de Cat3 ne se sentiront
pas trop dépaysés, cette manière de faire étant typique du genre.
La réalisation, elle, est dans la grande tradition dite "Hollywood
Night", à savoir les filtres colorés, les éclairages bleutés
et une efficacité toute relative hors des passages violents
ou sexy, sur lesquels le cinéaste semble concentrer l'essentiel
de ses efforts.
Le rythme n'est pas vraiment trépidant et l'ensemble
paraît parfois un peu longuet: lorsque les éléments les plus
intéressants du métrage (sexe, violence, kung-fu - pour résumer)
ne sont pas présents, on s'ennuie un peu. ESCAPE FROM BROTHEL
est un donc petit film généreux mais qui souffre de nombreux
défauts, comme nombre de Cat3, surtout motivées par la volonté
d'en donner pour spectateur pour leur argent au niveau de ce
que les Américains appellent le "sleaze". Sans être désagréable,
sa vision doit donc être prioritairement conseillée aux fans
du genre qui pourraient y trouver leur compte, même si ce titre
n'a rien d'exceptionnel et se positionne loin derrière les vrais
gros classiques que sont, par exemple, NAKED KILLER ou RED TO
KILL.
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