ESCAPE FROM BROTHEL

Titre: Hua jie kuang ben
ou: Dut gaai kwong ban
Réalisateur: Johnny Wang
Interprètes: Pauline Chan

 

Billy Chow
Sophia Crawford
Alex Fong
Ben Lam
 
 
Année: 1992
Genre: Action / Erotique / Kung Fu / Cat3
Pays: Hong Kong
Editeur  
Violence: * * * *
Erotisme: * * *
Suite:  

55%

Résumé:

Sam, un jeune homme naïf vivant en Chine, ignore que sa copine résidant à Hong Kong travaille avec une autre demoiselle pour le bordel d'une maquerelle plutôt maternelle. Lorsqu'il parvient à passer clandestinement dans la colonie britannique, Sam se fait rouler par les méchants et finit accuser du meurtre d'un touriste.

Critique:

Comme nombre de Cat3, ESCAPE FROM BROTHEL promet beaucoup mais, en définitive, offre assez peu à ses spectateurs. Pourtant, Johnny Wang ne lésine pas sur la nudité et la violence. Le premier élément paraîtra un peu timide aux familiers de la sexploitation européenne mais, dans le cinéma hongkongais, il est rare de voir autant de nudités féminines intégrales, y compris dans les Cat3. Les scènes érotiques, ou voulues comme telles, sont donc relativement nombreuses mais ni vraiment inventives ni franchement excitantes. Quelques passages de mauvais goût sont pourtant à prévoir, comme celui où un méchant, roulé par nos prostituées, se venge en obligeant l'une des deux à enfoncer une batte de base-ball dans l'intimité de sa copine. Scène évidemment suggestive (et suggérée) filmée avec toute la délicatesse attendue d'un cinéaste uniquement préoccupé du potentiel "exploitation" de son métrage.

Dès la première scène, un strip gentillet suivi d'une scène sexy, on comprend immédiatement que Wang est motivé pour contenter un public essentiellement masculin mais, malheureusement, l'érotisme n'est guère efficace en dépit de la plastique avantageuse de nos starlettes. Seule la scène d'amour sur le bateau, malgré ses dialogues fleurant bon le porno du samedi soir ("tu veux que je te mettes de l'huile sur le corps?") s'avère un minimum émoustillante.

Au niveau de la violence, Johnny Wang ne se prive pas d'une bonne dose de sang mais concentre ses efforts sur le final. Ce dernier, véritablement excellent, constitue d'ailleurs la principale raison de regarder cet ESCAPE FROM BROTHEL: huit minutes de rage, avec des cascades bien exécutées, des combats furieux, un type éventré à la machette, notre jolie héroïne en petite tenue malmenée violemment et une explosion entre une voiture et un hors-bord. Pas mal!

Pauline Chan joue le rôle principal de ce métrage et tente de donner un minimum d'émotion à son personnage même si, excepté dans un dernier quart voulu "dramatique", l'option choisie (la comédie sexy!) ne favorise pas un véritablement développement de l'intrigue. Les autres acteurs surjouent un peu (beaucoup) mais sans que cela ne soit vraiment insupportable, au contraire. L'humour bien lourd est souvent envahissant, parfois d'un goût douteux (une prostituée refile une maladie vénérienne à un dragueur de passage pour s'amuser), parfois carrément vaudeville (le mec dans le placard qui ignore qu'il est dans un bordel et qui tombe sur une espèce de statuette phallique) ou même scato (la scène des toilettes est un grand moment navrant).

Drôle de mélange d'ailleurs, entre le côté comédie de la première partie et l'aspect dramatique et brutal de la seconde, même si les amateurs de Cat3 ne se sentiront pas trop dépaysés, cette manière de faire étant typique du genre. La réalisation, elle, est dans la grande tradition dite "Hollywood Night", à savoir les filtres colorés, les éclairages bleutés et une efficacité toute relative hors des passages violents ou sexy, sur lesquels le cinéaste semble concentrer l'essentiel de ses efforts.

Le rythme n'est pas vraiment trépidant et l'ensemble paraît parfois un peu longuet: lorsque les éléments les plus intéressants du métrage (sexe, violence, kung-fu - pour résumer) ne sont pas présents, on s'ennuie un peu. ESCAPE FROM BROTHEL est un donc petit film généreux mais qui souffre de nombreux défauts, comme nombre de Cat3, surtout motivées par la volonté d'en donner pour spectateur pour leur argent au niveau de ce que les Américains appellent le "sleaze". Sans être désagréable, sa vision doit donc être prioritairement conseillée aux fans du genre qui pourraient y trouver leur compte, même si ce titre n'a rien d'exceptionnel et se positionne loin derrière les vrais gros classiques que sont, par exemple, NAKED KILLER ou RED TO KILL.