LES 8 DIAGRAMMES DE WU LANG

Titre: Eight Diagram Pole Fighter
ou: Invincible Pole Fighter
Réalisateur: Liu Chia-liang
Interprètes: Gordon Liu

 

Alexander Fu Sheng
Lily Li
Wang Yu
Hsiao Hou
Philip Ko
Liu Chia Liang
Année: 1984
Genre: Kung Fu
Pays: Hong Kong
Editeur Wild Side
Violence: * * * *
Erotisme: *
Suite:  

80 %

Résumé:

 

 

Critique:

Liu Chia-liang livre ici un classique barbare et violent du cinéma martial. Dès le départ, le ton désespéré est donné; un père et ses sept fils affrontent des dizaines d'adversaires et succombent dans le sang. Seuls deux des fils vont survivre (Fu Sheng et Gordon Liu). Déshonorée, la famille Yang se doit de se venger. Fu Sheng sombre dans la folie et c'est Gordon Liu qui va devoir combattre les infâmes traîtres. Fu Sheng est décédé durant le tournage, d'où ce recentrage de l'intrigue et ce curieux film hommage. Liu échoue dans un temple mais il ne peut devenir moine et va devoir montrer toute sa détermination et son courage, allant jusqu'à se raser la tête au sang avant de se marquer des trois points en utilisant des bâtons d'encens brûlants.

Vient alors la scène mémorable du combat à l'entraînement des moines contre des sculptures en bois représentant de féroces loups. Gordon Liu va utiliser et perfectionner sa technique du bâton pour triompher de l'épreuve.

Malgré cette intermède, Liu ne peut trouver la voie de la paix intérieure et seule la vengeance pourra apaiser son esprit. Un final qui verse dans la violence pure, avec des effets gore certes un peu outrés mais néanmoins secouant: dents arrachées à coups de bâton ou plantées sur un crâne, corps brisés et ensanglantés par les coups, etc.

Alors que la plupart des oeuvres de Liu Chia-liang sont pures, dénuées de violences et orientées vers la comédie, l'optimisme et la philosophie apaisées (voir les sentences de Challenge of the Masters), ce métrage surprend. Peut-être influencé par la mort de son ami Fu Sheng, le cinéaste se lance dans un déchaînement de barbarie sanguinaire.

Tourné dans des décors de studios typiques, le métrage se permet quelques scènes dont l'aspect outré et théâtralisé à l'extrême passe assez mal. Mais ce ne sont que de menus défauts et l'ensemble enterre, par son énergie et sa puissance, la plupart des kung fu de la même époque. Les combats deviennent plus rapides, plus aériens et plus violents au fur et à mesure du métrage pour culminer sur un affrontement final totalement monstrueux qui demeure un des plus grands moments de toute l'histoire du cinéma martial.

Construit sur un scénario habile mais simple, traversé de combats extraordinaires et d'une violence bien réelle, Eight Diagram Pole Fighter constitue une grande réussite d'un grand cinéaste. Sanctionné par un échec commercial totalement injuste (mais prévisible en 1984, époque du triomphe de la comédie kung-fu lancée par Jackie Chan), il fut responsable de la chute définitive de la Shaw Brothers. Dont il reste pourtant, sans doute, le dernier chef d'oeuvre incontestable.