EBOLA SYNDROME

Titre: Yi bo la beng duk
ou:  
Réalisateur: Herman Yau
Interprètes: Anthony Wong

 

Yeung Ming Wan
Meng Lo
Michael Tam
Wong Tsu-ling
 
Année: 1996
Genre: Horreur / Cat3
Pays: Hong Kong
Editeur  
Violence: * * * * *
Erotisme: * * *
Suite:  

70%

Résumé:

Un minable petit gangster, Ah-Kai, tue son patron lorsque ce dernier le découvre en train de besogner sa femme. Obligé de fuir, il devient serveur dans un restaurant d'Afrique du Sud, ce qui lui permet de cracher dans les bols de thé ou de se masturber dans la viande. Mais notre homme est un véritable obsédé et, les putes locales se refusant à lui, il viole une indigène inconsciente. Pas de bol, elle était atteinte du virus Ebola et notre ami Ah-Kai devient donc porteur de la maladie…

Critique:

Film mythique de la Cat3 Hongkongaise, EBOLA SYNDROME est une expérience assez spéciale même si l'ensemble est sans doute un peu en deçà de sa réputation. Réalisé par Herman Yau, produit par l'impayable Wong Jing et interprété par le plus décadent des acteurs décadents, Mr Anthony Wong, EBOLA SYNDROME se vautre complaisamment dans l'abject le plus assumé.

Les scènes clés (et cultes) de l'œuvre ont déjà été abondamment commentées mais comment résister au plaisir de détailler les principales? Anthony Wong, alias Ah Kai, le visage toujours crispé et aux expressions constamment changeante, s'envoie la femme d'un chef de gang. Lorsque celui-ci rentre à la maison il demande à son épouse d'uriner sur le visage de Ah Kai puis il oblige ce dernier à se castrer avec un sécateur. Mais notre "héros" refuse de perdre ainsi sa virilité: il massacre son patron et un de ses hommes de main avant de violer l'épouse infidèle et de la tuer à coup de chaise. Seule l'intervention incongrue d'un jeune homme évitera d'ailleurs à une petite fille, déjà aspergée d'essence, de finir brûlée vive!

Lorsque le métrage se déplace en Afrique du Sud, l'ignoble continue de plus belle: Anthony Wong, devenu serveur dans un restaurant, complètement en manque, se masturbe dans un morceau de viande en écoutant son boss "qui en a une bien grosse" besogner sa femme, "qui gémit très fort". Plus tard il sert la viande encore poisseuse de sperme à un client récalcitrant et crache dans le thé d'un autre. Totalement vulgaire, taré et raciste il essaie de se faire une pute locale, laquelle se refuse à lui…Un peu plus tard il tombe sur une indigène malade du virus Ebola, qu'il viole au bord d'une rivière alors qu'elle est inconsciente. Devenu porteur de la maladie, il massacre son patron et sa femme puis il lui gobe carrément un œil. Après avoir découpé les cadavres il les convertit en "african buns", des petits hamburgers. Miam Miam!!!

Et ce n'est pas fini car notre ami Anthony Wong apprend qu'il est porteur du virus Ebola mais qu'il n'en mourra pas…Ouf, il avait une chance sur 10 millions mais heureusement ça tombe sur lui sinon nous n'aurions plus de film et nous ne sommes qu'à la moitié du métrage! Donc il décide d'infecter pas mal de gens, entre autres en leur crachant au visage…Il faut voir Anthony Wong tituber dans les rues alors que les équipes de décontamination nettoie chaque endroit où il a posé la main ou le pied. On se croirait dans une série B horrifique style LE MONSTRE ou INCREDIBLE MELTING MAN.

Encore plus délirant, notre cinglé préféré, une petite fille dans les bras, s'entaille le bras à coup de hachoir et balance son sang sur les flics afin de leur communiquer le virus…

Herman Yau livre ici une sorte de version explosée, délirante et jusqu'au boutiste de son chef d'œuvre, le fameux THE UNTOLD STORY. Ce remake déjanté accumule donc les scènes les plus extrêmes et reprend pas mal d'éléments du film initial. Mais EBOLA SYNDROME, encore plus excessif, ne partage pas le côté malsain du titre précité et s'oriente davantage sur la voie de la parodie non sensique et gore. Au point que l'on finit par considérer l'ensemble comme (presque) inoffensif, surtout si on le compare à des titres comme RED TO KILL par exemple, sans doute moins "monstrueux" mais tellement plus révoltant.

Barbare, d'une débilité assumée complètement inimaginable, raciste à l'excès, totalement grotesque, EBOLA SYNDROME s'impose comme la version hongkongaise (donc forcément ignoble!) du ALERTE de Wolfgang Petersen. Extrêmement drôle, le métrage nous détaille toutes les dégradations possibles à l'encontre de l'être humain, multipliant les scènes de meurtres à la plus grande joie des spectateurs, lesquels seront ravis d'assister à un si grand nombre d'effets gore et de démembrement.

Néanmoins, à ce niveau, le résultat n'arrive pas à la cheville de productions américaines comme BAD TASTE, RE-ANIMATOR, BRAIN DEAD ou BLOOD DINER. Ni au niveau de l'incroyable STORY OF RICKY. Une scène d'introduction bien sanglante, une autopsie vomitive, un découpage de corps dégueulasse, quelques meurtres à haute teneur en hémoglobine…le spectacle est certes corsé mais finalement moins porté sur le gore que sur le côté décalé et trash. Car ce qu'il perd en effets gores, EBOLA SYNDROME le gagne en violence pure et en situations cocasses.

Au total, EBOLA SYNDROME constitue donc une réjouissante comédie qui devrait plaire à tous les amateurs d'humour trash. Sans doute pas un chef d'œuvre mais une petite production techniquement bien ficelée, au budget correct (compte tenu du sujet, le film ne fait pas "cheap") et à l'interprétation digne d'éloges.

Bref, un bon moment assuré et un classique culte et bis incontournable!