EBIRAH CONTRE GODZILLA
Titre: Nankai No Daiketto
ou: Ebirah - Horror of the Deeps
ou: Godzilla Vs The Sea Monster
Réalisateur: Jun Fukuda
Interprètes: Akira Takarada

 

Kumi Mizumo
Jun Tazaki
 
 
 

                      
                      
Année: 1966
Genre: Keizu Eiga / SF
Pays: Japon
Editeur Aventi
Violence: * *
Erotisme: *

40%

Résumé:

Trois fêtards embarquent pour une croisière improvisée et forcée avec un cambrioleur recherché par la police. Suite à un naufrage, ils échouent sur une île des mers du Sud où sévit une organisation criminelle redoutable. Une bande de méchants pas beau à en effet décider de conquérir le monde libre en usant de l'arme nucléaire. Pour ce faire, ils exploitent une tribu d'indigènes et utilisent le monstre Ebirah (un homard géant) comme gardien des océans. Nos naufragés vont alors réveiller Godzilla pour détruire l'île.

Critique:

Peu de chose à dire sur ce film, puisqu'il reprend une recette à présent bien connue. Un scénario bien délirant de conquête du monde, des bases secrètes et autres gadgets d'espionnage tout droit issu d'un James Bond, un humour totalement involontaire (enfin le plus souvent), des dialogues idiots et très drôles au second degré, des effets spéciaux ringards, une intrigue prétexte. Et des combats de catch entre monstres géants.

Ebirah marque l'arrivée sur la saga de Jun Fukuda, autant dire le commencement de la fin. Car, bien que le personnage de Big G ait peu à peu glissé de son rôle initial d'incarnation de la peur et du feu nucléaire à celui de défenseur du Japon menacé par les extra-terrestres, il gardait un côté menaçant.

Ici, le monstre arbore un look canin, à l'image d'un gros toutou un peu turbulent qui casse les meubles de la maison mais sans le faire exprès. D'ailleurs l'avis des personnes autorisées est unanime puisque l'un des protagonistes déclare "Godzilla était de notre côté, il n'est pas mauvais, il nous a sauvé!". Un autre, en pleine crise moraliste nous avertit aussi que, "dorénavant, l'homme devra vivre dans la crainte de l'arme nucléaire".

Tout ça est quand même très mauvais, d'autant que la mise en place prend un temps fou. Godzilla sort de son sommeil à la 52ème minute et Mothra à la 80ème. La première heure consiste donc en une sorte de film d'aventures mal ficelés qui marche visiblement sur les plates-bandes des James Bond. Le repaire des méchants provient en droite ligne de Dr No et le semblant d'intrigue s'inspire de Opération Tonnerre.

Une fois le lézard géant réveillé, c'est la consternation qui s'impose puisque le monstre est totalement humanisé. Il faut le voir agiter les bras ou esquisser un pas de danse sur de la musique surf ou twist. Il faut aussi le voir improviser une partie de volley-ball avec son adversaire Ebirah en utilisant un rocher énorme.

Pendant ce temps, Mothra pique un roupillon et seules une série de danses tribales et de chants pourra la sortir de son sommeil, juste à temps donc pour enlever les héros à une mort certaine tandis que les méchants périssent par où ils ont péchés: anéantis par le feu nucléaire. Le manque de budget est flagrant: les maquettes utilisées ont perdus tous leurs détails (le navire des méchants provient en droite ligne du magasin de jouets du coin!), les costumes des monstres sont ratés, les décors médiocres.

Bref, malgré une certaine atmosphère surannée qui pourrait plaire aux nostalgiques du bis des sixties, Ebirah est un Godzilla plutôt mauvais et souvent ennuyeux.