EASTERN CONDORS

Titre: Dung fong tuk ying
ou: Eastern Bald Eagles
Réalisateur: Sammo Hung
Interprètes: Sammo Hung

 

Yuen Biao
Lam Ching Ying
Corey Yuen Kwai
Yuen Woo Ping
Yuen Wah
Dick Wei
Année: 1986
Genre: Guerre / Aventures
Pays: Hong Kong
Editeur HK Legends
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite:  

80%

Résumé:

Alors que la guerre du Vietnam va s'achever, l'armée américaine envoie au front une troupe composée d'une dizaine de repris de justice asiatiques. Tous, condamnés à une lourde peine, recevront une belle somme d'argent et le pardon si ils réussissent à détruire une réserve d'armes.

Mais la mission est annulée alors que l'équipe vient d'être parachutée derrière les lignes ennemies...

 

 

Critique:

Voici la version hong kongaise des Douze Salopards, ni plus ni moins. Mais, contrairement à son modèle, Sammo Hung ne s'embarasse pas d'une longue introduction: les candidats à la mission suicide sont présentés en quelques secondes. Pas question de s'appesantir sur le passé des personnages ni de perdre du temps avec des considérations psychologiques: on est là pour l'action. Et de l'action on va en recevoir une fameuse dose.

Sammo Hung reprend en fait les éléments clés de plusieurs classiques et s'inscrit volontiers dans une tradition du film de guerre à l'américaine, la violence sadique en prime. La roulette russe du Voyage au bout de l'enfer est donc présente mais, cette fois, ce sont de très jeunes enfants qui exécutent les prisonniers en riant. Un peu plus tard un soldat se refusera à tuer un des gamins...lequel le poignardera aussitot!

Malgrè quelques passages humoristiques le ton général est donc sombre, sanglant et cruel: on comprend dès le départ qu'il s'agit d'une mission suicide et l'hécatombe débute rapidement. Les corps sont ici littéralement hachés par les balles, et le bras d'une jeune fille est carrément tranché à la machette. En bref, ça saigne beaucoup! L'humour peut d'ailleurs sembler un peu lourdingue et même légèrement embarassant comme en témoigne ce combattant tombé au champ d'honneur pour avoir ouvert trop tard son parachute. On lui avait conseillé de compter jusque vingt, mais comme il bégaye...Ce genre de scène paraitra sans doute un peu too much pour la majorité des spectateurs. D'un autre coté, à part les trublions de Trauma, qui ose encore proposer ce genre de gag à l'heure du politiquement correct?

Quelques petites piques anti-américaines sont en outre disséminées ça et là, même si Hung rend pourtant clairement hommage au cinéma de genre US. Outre la séquence de roulette russe précitée, on remarque l'enfermement des héros dans une cage aquatique, le passage d'un pont solidement gardé, la défense de cette position par des soldats agonisants, la camaraderie naissante, les questionnements sur le sens de cette guerre absurde, etc. Bref, autant de figures imposées du cinéma guerrier hollywoodien.

Le final, anthologique, se situe dans une base abandonnée et tous les survivants du casting se bastonnent avec une énergie et une brutalité réjouissante. Les coups de pieds fracassent les cranes, les balles fusent de toutes part, les grenades déchiquètent les militaires, etc. L'ultime combat entre le méchant Yuen Wah et Sammo Hung termine quasiment le métrage sur une démonstatrion martiale absolument superbe. D'énormes explosions finissent par pulvériser les trois quarts du décor et permettent un dechaînement pyrotechnique assez jouissif.

On peut reprocher au métrage de n'avoir aucune profondeur et de rester à la surface de son sujet. Sans doute Sammo Hung eut il pu ralentir quelque peu la cadences pour donner un minimum d'épaisseur à ses personnages. Mais il a préféré jouer la carte de l'actioner destroy et sacrifier son scénario (et sa cohérence) à l'autel de Mr Nobel en dynamitant tout ce qui lui tombait sous la main. Le plus important reste l'action frénétique et, à ce niveau, Eastern Condors est un spectacle tonique, sans pratiquement aucun temps mort, qui devrait satisfaire les fans de cinéma musclé.