DUEL TO THE DEATH

Titre: Duel To The Death
ou:  
Réalisateur: Ching Siu Tung
Interprètes: Norman Chu

 

Damian Lau
Eddie Ko
 
 
 
 
Année: 1982
Genre: Wu Xia Pian / Ninja
Pays: Hong Kong
Editeur HK Video
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite:  

80 %

Résumé:

Un moine shaolin et un japonais doivent s'affronter pour prouver la supériorité de leur pays. Mais différents intervenants cherchent à influer sur l'issue du duel.

Critique:

Duel to the Death est un gros classique du neo-Wu Xia Pian, précurseur de la nouvelle vague qui s'apprétait à déferler.

Première réalisation du chorégraphe virtuose Ching Siu Tung, le film se situe à la charnière de deux époque, au début des années 80. Entre la tradition glorieuse du Wu Xia des seventies et la fureur barbare de son homologue new wave, Ching Siu Tung ne choisit pas, préférant puiser au meilleur des deux mondes. On trouve donc des personnages travaillés, rongés par leur devoir et leur honneur, des passages contemplatifs et posés et des chorégraphies délirantes.

Les Ninjas sont de la partie et, fatalement, ils ne se privent pas pour bondir aux quatre coins de l'écran, attaquer en piqué suspendu à des cerfs volants ou se multiplier pour se jeter dans la mêlée et exploser comme des kamikazes. Accessoirement, ils sont capables de voler, de creuser la terre et les demoiselles en leur rang n'hésitent pas à tomber le costume pour troubler les pauvres moines. Robert Tai poussa ensuite toutes ses idées à leur paroxysme délirant mais Ching Siu Tung va déjà bien loin dans la folie visuelle, au point de lacher les réfractaires à ce style outré.

L'intrigue tourne donc autour de la rivalité entre Damian Lau, représentant des arts martiaux chinois de Shaolin, et Norman Chu, émissaire japonais de l'école du sabre. Les affrontements sont aériens à souhaits et cablés comme jamais (pour l'époque) mais l'ensemble passe bien, avec une belle énergie brute et une violence assez gratinée lors d'un final mémorable.

Les deux héros finissent d'ailleurs le métrage d'étrange manière: ils s'observent de façon hagarde puis semble réaliser l'absurdité de ce combat alors qu'ils baignent dans leur sang et que nul ne peut témoigner d'une victoire ou d'une défaite. Ching Siu Tung, à l'opposé de beaucoup de cinéaste, dit alors clairement à quel point les duels martiaux sont stupides: où est l'honneur dans ces affrontements sanglants qui ne se terminent que par la mort d'un des deux protagonistes?

En bref, Duel to the Death est un classique que chacun se doit d'avoir vu. Pas besoin de disserter plus longtemps ni de s'appesantir sur les quelques faiblesses du métrage (un script confus et un très pénible et inutile passage comique - celui du maître et de son perroquet) l'important est de savourer le spectacle.

Court, tonique, rythmé, sanglant et déjanté. Que demandez de plus?