DRIVE

Titre: Drive
Réalisateur: Steve Wang
Interprètes: Marc Dacascos

 

Kadeem Hardison
Brittany Murphy
John Pyper Fergusson
Masaya Kato
 
 
Année: 1997
Genre: Action / Arts Martiaux / SF
Pays: USA
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite:  

80%

Résumé:

 

Critique:

Drive, en apparence, ne paye pas de mine. Avec son budget modeste (4 millions de dollars), ses acteurs pas spécialement connus, excepté Marc Dacascos dont les choix de carrière furent - pour employer un euphémisme - hasardeux voire aberrants (Crying Freeman certes, mais aussi Kickboxer 5 ou DNA! ) et son look direct to DVD, le spectateur s'attend au mieux à un divertissement acceptable.

Quelle surprise donc de se retrouver devant un des meilleurs actioners de ces dernières années. Surprise? Pas tout à fait, puisque le site spécialisé kungfucinema nous avait déjà titiller avec ce slogan définitif: "Without a single reservation, Drive is the number one American martial arts movie of the 20th century".

Production américaine, donc, même si on retrouve le cinéaste Steve Wang et le chorégraphe Koichi Sakamoto. Et le ton se veut dans la droite lignée des polars urbains de Hong Kong. C'est simple, on se croirait revenu aux temps de Police Story ou In the Line of Duty, sans oublier les gunfights inspirés par John Woo. Inutile de dire que le métrage en donne donc pour son argent au spectateur féru d'action.

Même si Drive ne joue pas dans la même catégorie que les gros blockbusters du genre, il compense par un rythme vraiment haletant, une énergie ininterrompue (en gros plus de la moitié du temps de projection consiste en une suite de passages explosifs) et des combats démentiels. Marc Dacascos s'avère proprement sidérant, multipliant les sauts, les kicks et les cascades avec une précision impressionnante. Tout ça n'est pas très crédible mais, vu le léger élément SF du scénario (un implant cardiaque multipliant les performances physiques), les allergiques aux excès typiquement hong-kongais pourront s'y accrocher pour ne pas soupirer en murmurant "c'est n'importe quoi!" d'un air navré.

Le scénario, par contre, est beaucoup plus classique, pour ne pas dire cent fois vu (avec un tit côté Universal Soldier parfois) mais comme personne ne se prend au sérieux, la sauce prend néanmoins. L'humour, heureusement, n'est d'ailleurs pas en reste, avec une bonne humeur constante et quelques répliques bien senties, sans oublier une savoureuse parodie d'Autant en emporte le vent en pleine séquence explosive. Le personnage de la jeune fille hystérique, un peu fofolle, immature et limite nympho (Brittany Murphy, très à l'aise) donne aussi un piment supplémentaire au métrage, lequel n'oublie pas de proposer un minimum de caractère à ses deux héros principaux: le surhomme déprimé (Dacascos) et le black apprenti chanteur (Hardison) qui continue de pleurer son épouse partie avec un autre.

Dacascos est un peu limite lors des séquences d'émotion mais réussit généralement à faire passer un minimum de présence. Hardison, Murphy et les méchants s'en sortent pour leur part fort bien, ce qui surprend pour un produit orienté 100% action! Etonnamment, la violence est parfois prononcée, avec des impacts de balles bien saignants et même un bras tranché d'un coup de tronçonneuse. Un peu bizarre dans un ensemble assez familial et léger.

Au niveau des combats, c'est le top-niveau! Le premier se déroule sur un cargo arrivé de Hong Kong, le second dans une carrière. Un gros morceau, situé à mi-film, voit Dacascos se défendre contre une escouade de bad guys, détruisant totalement un motel et un garage attenant, le chef des méchants n'hésitant pas à recourir à un lance-roquette! Une folie martiale ponctée de cascades accrocheuses et d'explosions et fusillades enthousiasmantes.

Pour le final, Dacascos doit affronter un autre type pourvu d'un implant identique au sien, mais cette fois d'un modèle avancé: Masaya Kato. Pas de problème, le duel est anthologique et se situe dans un karaoké futuriste, le Apollo 14, calqué sur une base de lancement de la NASA. Un lieu méticuleusement détruit par l'ensemble du staff qui se lance dans une suite de cascades ahurissantes, de combats déments et d'explosion en rafales! Avec un budget aussi modeste, le résultat est - en un mot - hallucinant!, rivalisant cette fois, et sans peine, avec des blockbusters US 20 fois mieux nantis financièrement. Steve Wang accomplit des miracles et écrase la concurrence, emportant tout sur son passage!

Drive aurait dû n'être qu'un sous-produit de plus, dans le même style que les dizaines de navets encombrants les bacs à DVD des soldeurs. Méconnu et sans doute regardé de haut par les critiques, il n'a pas eu la carrière qu'il mérite. Il importe donc de remédier à cette criante injustice et de clamer avec force à quel point Drive est efficace. Acteurs convaincants, réalisation explosive, montage adroit, scénario classique mais riche en humour, cascades et duels martiaux franchement mémorables, le métrage est gagnant sur tous les tableaux!

Un véritable modèle de série B burnée, imparrable pour les fans de cinéma martial!!!

A découvrir impérativement!
So... Be Cool And...DRIVE!!!