| Critique: |
Réputé pour être un des meilleurs titres de
Jackie Chan et Sammo Hung, DRAGON FOREVER est, en effet, un
divertissement de premier choix qui parvient à combiner humour,
romance et action avec un bel équilibre. Ce n'est sûrement pas
un chef d'œuvre mais on s'y amuse de bon cœur et c'est sans
doute là l'essentiel.
Durant sa première heure, le métrage est -
essentiellement - une comédie romantique tout public. L'humour
est typiquement hongkongais mais, pour une fois, pas trop lourd,
offrant quelques bons moments de comique de situation dont une
hilarante séquence de dîner gâché par le tandem Sammo Hung -
Yuen Biao. Un grand moment à base de porte qui claque et de
cache-cache digne des meilleurs Vaudeville. D'ailleurs, même
si on retient surtout Jackie et Sammo c'est sans doute Yuen
Biao, comme souvent un peu en retrait, qui donne au film ses
meilleures scènes avec son rôle de voleur complètement déjanté
qui lance quelques répliques mémorables.
Niveau romance, DRAGONS FOREVER ne cherche
pas à renouveler le genre ou à se montrer un tant soit peu original:
place aux bons sentiments et à une certaine niaiserie qui semblera
sans doute insupportable à beaucoup. Mais, dans le contexte
particulier de ce film, l'ensemble passe relativement bien.
L'intrigue, pour sa part, se révèle plutôt quelconque et peine
un peu à maintenir l'intérêt en elle-même. Heureusement, les
combats sont là pour en donner au spectateur pour son argent.
Les affrontements sont tous de bons niveaux et, même si ils
sont assez courts durant la première heure, la maîtrise technique
est élevée et les chorégraphies de premier choix.

Le final, pour sa part, s'inscrit sans problème
dans la catégorie "excellent" avec des démonstrations très impressionnantes
des "3 Frères". Du côté des méchants, Yuen Wah est parfait en
taré sadique obsédé par l'argent qui se montre capable de coups
de pieds redoutables. Et, bien sûr, l'ancien champion de kickboxing
Benny "The Jet" Urquidez, livre ce qui restera sans doute comme
un des combats les plus mémorables de l'histoire du cinéma hongkongais
en affrontant Jackie Chan au cous d'un final anthologique.
Certains pourraient d'ailleurs objecter que
le métrage est déséquilibré, la romance gentillette des deux
premiers tiers (et un petit ventre mou au milieu) contrastant
assez étrangement avec le dernier tiers uniquement orienté vers
l'action (avec quelques moments assez violents). Un reproche
que l'on peut d'ailleurs adresser à plusieurs films de Sammo
Hung.
Bien sûr, DRAGONS FOREVER n'est pas un blockbuster
américain: le budget est réduit, la musique fait mal aux oreilles
et le rythme aurait gagné à être quelque peu resserré, surtout
que certaines scènes n'apportent pas grand-chose au film. Mais
son final de folie et sa bonne humeur générale et communicative
en font un métrage indispensable à tous les fans de cinéma asiatique.
DRAGONS FOREVER n'est pas parfait mais, en
tant que divertissement, il remplit parfaitement son contrat.
On n'en fait plus des comme ça. Malheureusement.
|