DRAGON WARS

Titre: D-War
ou: Dragon Wars
Réalisateur: Hyung-rae Shim
Interprètes: Jason Behr

 

Amanda Brooks
Robert Forster
Aimee Garcia
Craig Robinson
Matthias Hues
 
Année: 2007
Genre: Fantasy / Kaizu Eiga
Pays: Corée
Editeur  
Violence: * *
Erotisme: *
Suite:  

70%

Résumé:

Ethan, un journalitse américain, doit retrouver Sarah, une belle jeune femme, et accomplir un rituel avant le 20ème anniversaire de celle-ci sous peine de voir le serpent géant Buraki s'emparer du monde.

Critique:

Comédien célèbre en Corée, Shim Hyung-Rae a annoncé DRAGON WARS depuis bien longtemps. En fait, voici une dizaine d'années que le projet a été lancé (en dépit de l'échec du remake de YONGGARY, le Godzilla coréen, en 2001) et, depuis 2005, le buzz a grandi autour d'un projet fantasmé comme le blockbuster ultime.

Gros succès dans son pays d'origine, acheté aux Etats-Unis où il bénéficie d'une sortie conséquente, le produit fini est vendu, au choix, comme une sorte de remake du REIGNE DU FEU, une version moderne des GODZILLA ou, dernièrement, un TRANSFORMES avec des serpents géants à la place des robots. Mais les images disponibles s'accordent toutes sur le caractère ultra spectaculaire de la bête. L'attente était donc intenable jusqu'à ce que les premiers échos laissent entrevoir une grosse déception, pour ne pas dire un désastre. Or, à l'arrivée, DRAGON WARS tient bon la rampe du divertissement pop-corn susceptible de plaire à un large public.

Tout commence par un affrontement titanesque au cours duquel les armées du Seigneur des Ténèbres (ou quelque chose dans le genre) déferlent sur les gentils Coréens. Figurants (en images de synthèse) nombreux et monstres en tout genre se ruent donc à l'assaut alors que les catapultes et autres armes de siège entrent en action. Le cinéaste n'a pas été chercher bien loin l'inspiration mais sa recréation des images les plus spectaculaire du SEIGNEUR DES ANNEAUX demeure fort réussie et témoigne de l'immense avancée des effets spéciaux visuels en Asie. Même si on discerne un peu trop les CGI il faut avouer que, si on ne chipote pas trop et qu'on retrouve un minimum son âme d'enfant (merde, faut arrêter de chercher la tite bête et se laisser un peu prendre au jeu quand même!), le résultat est probant.

Ensuite le métrage se déplace à notre époque, à Los Angeles, et les choses se gâtent car le résultat ressemble alors à une petite production direct-to-video dans la grande tradition des films de monstres à la Nu Image. Et encore, SHARK ATTACK ou OCTOPUS 2 paraissent des gros budgets travaillés à côté de cette suite de clichés mal ficelés.

La mise en place de l'intrigue est donc, au mieux, laborieuse avec ce vieux qui sait tout expliquant au petit garçon la légende coréenne prophétisant le retour d'un immense serpent…bla bla bla…toute cette partie n'est vraiment pas passionnante et seule quelques séquences impressionnantes (l'attaque du zoo puis de l'hôpital) ou humoristique (le type qui est le seul à voir le monstre et qui se retrouve avec une camisole) sauvent un minimum les meubles. On se dit alors que le métrage est bien mal parti et que, finalement, la bande annonce nous révélait déjà toutes les scènes intéressantes de ce DRAGON WARS. Mais le cinéaste semble éprouver la même impression et, soudainement, il se décide à passer à la vitesse supérieure et à donner au spectateur ce qu'il est venu chercher. A savoir des affrontements titanesques au cœur d'une mégapole.

 

Durant toute sa seconde partie, DRAGON WARS ne va pratiquement pas laisser le moindre répit à son public: combat entre une escouade d'hélicoptère et le serpent géant, attaque des monstres au cœur de la ville, vol de dizaines de dragons détruisant tout sur leur passage…Quiconque à jouer à ShadowRun se sentira en terrain connu devant ce télescopage incongru de haute technologie et de fureur primitive.

Bien sûr, les scènes de transition ne servent à rien, si ce n'est à remplir la pourtant courte durée du film (à peine 80 minutes dans sa version internationale) et les dialogues s'avèrent aussi mauvais que nébuleux, rendant la compréhension du scénario difficile. Mais le plaisir est bien présent. Largement coupé pour son exploitation, DRAGON WARS semblera sans doute obscur à un public occidental peu familier des légendes mentionnées. Mais la différence culture n'explique pas tout et il est regrettable que le cinéaste ne soit pas parvenu à proposer une intrigue un minimum intéressante. Ici, nous sommes clairement dans le registre des films catastrophes américains des seventies, ou des kaizu eiga nippons de la même époque: du bla bla inutile et un scénario bateau avant le déferlement spectaculaire de la seconde partie. Le final, qui glisse vers la pure Fantasy avec sa forteresse noire tout droit sortie du SEIGNEUR DES ANNEAUX laisse d'ailleurs dubitatif mais comprendre l'histoire n'est plus, à ce moment là, la motivation d'un public assommé par un déluge d'effets visuels explosifs.

En dépit d'acteurs peu inspirés débitant des banalités et d'une mise en scène appliquée mais jamais transcendante. On mesure alors tout le chemin entre Shim Hyung-Rae et ses modèles Peter Jackson, Sam Raimi ou même - on le devine - Michael Bay ou Roland Eymerich pour filmer les scènes de destruction massive.

DRAGON WARS est il un bon film? Sans doute pas. Mais est-ce un divertissement efficace qui offre une petite heure et demie de complet délassement. Oui, en grande partie. Le pari est donc gagné.