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Comédien célèbre en Corée, Shim Hyung-Rae a
annoncé DRAGON WARS depuis bien longtemps. En fait, voici une
dizaine d'années que le projet a été lancé (en dépit
de l'échec du remake de YONGGARY, le Godzilla coréen,
en 2001) et, depuis 2005, le buzz a grandi autour d'un projet
fantasmé comme le blockbuster ultime.
Gros succès dans son pays d'origine, acheté
aux Etats-Unis où il bénéficie d'une sortie conséquente, le
produit fini est vendu, au choix, comme une sorte de remake
du REIGNE DU FEU, une version moderne des GODZILLA ou, dernièrement,
un TRANSFORMES avec des serpents géants à la place des robots.
Mais les images disponibles s'accordent toutes sur le caractère
ultra spectaculaire de la bête. L'attente était donc intenable
jusqu'à ce que les premiers échos laissent entrevoir une grosse
déception, pour ne pas dire un désastre. Or, à l'arrivée, DRAGON
WARS tient bon la rampe du divertissement pop-corn susceptible
de plaire à un large public.
Tout commence par un affrontement titanesque
au cours duquel les armées du Seigneur des Ténèbres (ou quelque
chose dans le genre) déferlent sur les gentils Coréens. Figurants
(en images de synthèse) nombreux et monstres en tout genre se
ruent donc à l'assaut alors que les catapultes et autres armes
de siège entrent en action. Le cinéaste n'a pas été chercher
bien loin l'inspiration mais sa recréation des images les plus
spectaculaire du SEIGNEUR DES ANNEAUX demeure fort réussie et
témoigne de l'immense avancée des effets spéciaux visuels en
Asie. Même si on discerne un peu trop les CGI il faut
avouer que, si on ne chipote pas trop et qu'on retrouve un minimum
son âme d'enfant (merde, faut arrêter de chercher
la tite bête et se laisser un peu prendre au jeu quand
même!), le résultat est probant.
Ensuite le métrage se déplace à notre époque,
à Los Angeles, et les choses se gâtent car le résultat ressemble
alors à une petite production direct-to-video dans la grande
tradition des films de monstres à la Nu Image. Et encore, SHARK
ATTACK ou OCTOPUS 2 paraissent des gros budgets travaillés à
côté de cette suite de clichés mal ficelés.
La mise en place de l'intrigue est donc, au
mieux, laborieuse avec ce vieux qui sait tout expliquant au
petit garçon la légende coréenne prophétisant le retour d'un
immense serpent…bla bla bla…toute cette partie n'est vraiment
pas passionnante et seule quelques séquences impressionnantes
(l'attaque du zoo puis de l'hôpital) ou humoristique (le type
qui est le seul à voir le monstre et qui se retrouve avec une
camisole) sauvent un minimum les meubles. On se dit alors que
le métrage est bien mal parti et que, finalement, la bande annonce
nous révélait déjà toutes les scènes intéressantes de ce DRAGON
WARS. Mais le cinéaste semble éprouver la même impression et,
soudainement, il se décide à passer à la vitesse supérieure
et à donner au spectateur ce qu'il est venu chercher. A savoir
des affrontements titanesques au cœur d'une mégapole.
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Durant toute sa seconde partie, DRAGON WARS
ne va pratiquement pas laisser le moindre répit à son public:
combat entre une escouade d'hélicoptère et le serpent géant,
attaque des monstres au cœur de la ville, vol de dizaines de
dragons détruisant tout sur leur passage…Quiconque à jouer à
ShadowRun se sentira en terrain connu devant ce télescopage
incongru de haute technologie et de fureur primitive.

Bien sûr, les scènes de transition ne servent
à rien, si ce n'est à remplir la pourtant courte durée du film
(à peine 80 minutes dans sa version internationale) et les dialogues
s'avèrent aussi mauvais que nébuleux, rendant la compréhension
du scénario difficile. Mais le plaisir est bien présent. Largement
coupé pour son exploitation, DRAGON WARS semblera sans doute
obscur à un public occidental peu familier des légendes mentionnées.
Mais la différence culture n'explique pas tout et il est regrettable
que le cinéaste ne soit pas parvenu à proposer une intrigue
un minimum intéressante. Ici, nous sommes clairement dans le
registre des films catastrophes américains des seventies, ou
des kaizu eiga nippons de la même époque: du bla bla inutile
et un scénario bateau avant le déferlement spectaculaire de
la seconde partie. Le final, qui glisse vers la pure Fantasy
avec sa forteresse noire tout droit sortie du SEIGNEUR DES ANNEAUX
laisse d'ailleurs dubitatif mais comprendre l'histoire n'est
plus, à ce moment là, la motivation d'un public assommé par
un déluge d'effets visuels explosifs.
En dépit d'acteurs peu inspirés débitant des
banalités et d'une mise en scène appliquée mais jamais transcendante.
On mesure alors tout le chemin entre Shim Hyung-Rae et ses modèles
Peter Jackson, Sam Raimi ou même - on le devine - Michael Bay
ou Roland Eymerich pour filmer les scènes de destruction massive.
DRAGON WARS est il un bon film? Sans doute
pas. Mais est-ce un divertissement efficace qui offre une petite
heure et demie de complet délassement. Oui, en grande partie.
Le pari est donc gagné.
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