DR LAMB

Titre: Dr Lamb
ou: Gou yeung yi sang
Réalisateur: Bosco Lam + Danny Lee
Interprètes: Danny Lee

 

Simon Yam
Kent Cheng
Julie Lee
 
 
 
Année: 1992
Genre: Horreur / Thriller / Cat 3
Pays: Hong Kong
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: * * *
Suite:  

60%

Résumé:

L'inspecteur Lee, un as de la police hongkongaise, tente de faire avouer au chauffeur de taxi Lin Gwao-yu qu'il est bien l'infâme tueur en série massacrant des femmes dans les rues de la Colonie.

Critique:

Dr LAMB c'est tout d'abord la rencontre de deux comédiens jamais avares de cabotinages qui livrent ici le meilleur d'eux-mêmes.

A ma gauche, Danny Lee, une centaine de métrages au compteur, éternel interprète du flic dur à cuire, incorruptible, violente et impitoyable. Le genre qui tabasse un suspect jusqu'à ce qu'il avoue ou qu'il meure. Un personnage tout à fait crédible! En fait, non, tant Danny Lee en rajoute: assoiffé de justice, prêt à tout, maniant l'humour avec très peu de subtilité, etc.

A ma droite, Simon Yam, jouant avec sa subtilité coutumière le serial killer amateur de photos cochonnes et adeptes du découpages de demoiselles à la scie circulaire. Un personnage tout à fait crédible! En fait, non, tant Simon Yam en rajoute: impuissant, amoureux transi, nécrophile, pédophile, voyeur, incestueux, brimé par sa famille, etc.

Comment notre tueur est il soupçonné? Parce qu'il prend des photos "super perverses" de jeunes femmes dénudées pardi! Un crime impardonnable qui justifie bien sûr un interrogatoire brutal à souhait comme seul le cinéma de Hong Kong ose en présenter. Le bonhomme est donc soumis à de nombreuses brutalités mais comme la police découvre d'autres photos pornographiques à son domicile ("horrible! Sale pervers! Dégénéré!"), le doute n'est plus permis: un homme capable de cacher des photos de cul dans son bureau est forcément un serial killer.

Mais, pour une fois, l'inspecteur Lee a raison: notre chauffeur de taxi, après avoir admis des abus sexuels envers sa nièce, avoue tout. Oui, l'assassin c'est bien lui, celui que l'on surnomme le Dr Lamb. Et, en quelques flash-back gratinés, Simon Yam va nous détailler ses méfaits les plus dégueulasses.

Bref, Dr Lamb ne fait pas dans la dentelle fine et son semblant de scénario (inspiré du SILENCE DES AGNEAUX) ne trompe personne: le but ici c'est de justifier sa classification "III", équivalent hongkongais du Interdit aux moins de 18 ans qui excuse - et encourage - les pires excès.

Venu juste après le fameux UNTOLD STORY, l'œuvre de Danny Lee et Billy Tang se base - évidemment - sur "des faits réels". N'accusons pas les cinéastes de racolage ou d'exploitation crapuleuse, ils ont sûrement de plus nobles intentions. Par exemple avertir les masses des méfaits de ces immondes tueurs. Heureusement ceux-ci s'en prennent essentiellement à des femmes de mauvaises vies qui, quelque part, l'on bien cherché. Donc l'honneur est sauf.

DR LAMB est clairement un produit destiné à flatter les bas instincts du spectateur en jouant sur la plupart des tabous: voyeurisme, inceste, viols, nécrophilie…sans négliger une bonne dose de brutalité policière parfaitement acceptée et légitimée. Nudité féminine complaisamment exposée et séquences gore se succèdent donc avec une certaine bonne santé. Toutefois, il ne faut pas en espérer une véritable orgie sanglante à l'image des films gore américains, au risque d'être déçu.

On peut trouver le résultat un peu bâclé et pas franchement palpitant, d'un niveau finalement assez proche d'un banal téléfilm racoleur de fin de soirée (dans le style des mythiques "Hollywood Night") mais DR LAMB est à coup sûr un peu plus qu'une curiosité glauque.

En résumé, il mérite bien une vision pour les amateurs aventureux d'horreur ou de Cat3.