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Blockbuster hindi formaté pour les djeuns,
DHOOM se révèle relativement divertissant mais n'en reste pas
moins un nanar pur jus. Tout d'abord, le scénario ne casse pas
trois pattes à un canard et a déjà été vu, revu et encore revu,
de FAST AND FURIOUS à POINTBREAK en passant par le hongkongais
LEGEND OF SPEED, c'est encore et toujours l'histoire du flic
incorruptible associé avec un petit voleur sympa et pas méchant
pour un sou qui doivent unir leur force pour contrer une bande
de méchants criminels.
La trame est donc mince, d'autant que l'enquête
avance au petit bonheur, au gré d'incohérences, de coïncidences
et d'invraissemblances vraiment énormes. Pas de digressions,
ni de sous-intrigues inutiles: si un personnage apparaît, il
servira plus tard à l'action, si un détail est livré au spectateur,
c'est souvent pour une raison précise.
N'empêche que les personnages ne sont pas suffisamment
développés pour convaincre. Les acteurs, pour leur part, sont
plutôt convaincants: Uday Chopra incarne un gentil voyou au
grand cœur et lance quelques répliques amusantes tandis que
Abhishek Bachchan joue le flic pur et dur, sans beaucoup de
nuances (certains plans - comme celui où il abat un des motards
environné de flammes - frisent le ridicules) mais avec une certaine
conviction. John Abrahams, dans le rôle du gangster Kabir, vole
vraiment la vedette au reste du casting et s'avère une des meilleures
surprises d'un film sinon trop classique pour passionner vraiment.
Esha et Rimi, les deux actrices incarnant respectivement la
belle gangster et la femme du flic, n'ont aucune épaisseur mais
leur physique sauve les meubles, d'autant que le cinéaste parvient
à donner une véritable sensualité érotique à de nombreux passages.
Même si les deux demoiselles ne tombent jamais la mini-jupe,
elles n'en sont pas moins très agréables à regarder.
Cela dit, le cinéaste maintient un certain
rythme et ne perd pas trop son temps en digressions inutiles.
Avec à peine plus de deux heures au compteur, DHOOM s'apparente
pratiquement à un court métrage pour le cinéma Bollywoodien.
D'ailleurs, on n'y trouve que quatres morceaux chantés et dansés.
Ces derniers sont heureusement plutôt réussis, dans une veine
assez moderne qui combine des influences traditionnelles à une
pop un peu R&B orientée vers les dance-floors.
Cette conception du cinéma n'en est pas moins
un peu simpliste car DHOOM, en fait, sacrifie tout à la forme:
le fond s'efface au profit de course de motos, de superbes filles
sexy, d'action explosive et d'humour facile. Les vingt dernières
minutes sacrifient d'ailleurs toute vraissemblance au profit
d'une série de cascades et de combats câblés sur le toit d'un
énorme camion.
Au niveau des scènes explosives, le métrage joue d'ailleurs la carte d'une surenchère délirante: si une poursuite se déroule en pleine ville, le cinéaste case des déménageurs transportant de grandes vitres qui volent en éclat; si une poursuite se déroule sur l'eau, l'équipe n'oublie pas de "laisser trainer" des barils de pétroles et de les faire exploser sans raison, etc.
DHOOM est un spectacle distrayant mais il se
révèle largement inférieur à sa réputation de renouveau culte
du cinéma indien. Sa vision est loin d'être désagréable (il
faudrait être le plus mauvais cinéaste de la terre pour ne pas
accoucher d'un produit acceptable avec autant de belles demoiselles,
de motos de courses, de poursuites et de chansons entraînantes)
mais, aussitôt le générique achevé, le spectateur a déjà oublié
ce qu'il venait de voir. Popcorn pour tous le monde!
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