DUO MORTEL

Titre: Deadly Duo
ou:  
Réalisateur: Chang Cheh
Interprètes: David Chiang

 

Ti Lung
Ku Feng
Chen Sing
Bolo Yueng
Philip Ko
 
Année: 1971
Genre: Kung fu / Wu Xia
Pays: Hong Kong
Editeur Wild Side
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite:  

60%

Résumé:

Un prince de la dynastie Sung est tenu en otage par l'armée Mongole dirigée par Wa. Une équipe est envoyé pour le secourir, dirigé par Pao Ting-tien, un expert dans le maniement de la hache.

Critique:

Sorti par Wild Side dans sa prestigieuse collection Shaw Brothers, DEADLY DUO n'est pourtant pas le meilleur film de Chang Cheh, loin de là! C'est essentiellement un kung-fu primitif et barbare, pas franchement mauvais mais qui - avouons le - verse souvent dans la caricature et même le ridicule.

Si DEADLY DUO parvient à ne pas ennuyer c'est uniquement grâce à son rythme enlevé et aux nombreux combats chorégraphiés par Tong Gaai et Lui Chia Liang. Ti Lung, armé d'une grosse hache de guerre, et David Chiang, équipé d'un grappin redoutable, vont donc enchaîner les duels contre les infâmes méchants, parmi lesquels on retrouve Bolo Yeung.

Niveau scénario, c'est la simplicité à l'état pur, la quintessence de l'intrigue orientée action et divertissement populaire: un prince est prisonnier d'un château inexpugnable, de gentils chevaliers vont donc aller le délivrer. A partir de là, pas besoin de concentration excessive, le seul plaisir est immédiat. Oubliez le phosphore, priorité à la testostérone: ça bastonne sévère pendant 80 minutes. Alors tant pis pour toutes les incohérences et invraisemblances que Chang Cheh sème derrière lui, le spectacle avant tout!

DEADLY DUO se poursuit donc en ne lésinant pas sur les affrontements furieux et bien sanglants, jusqu'à la fameuse séquence du pont. Monument de bêtise résolument bis, ce passage interminable est d'une simplicité déconcertante. Un pont à moitié brisé défend l'entrée du château et les amis de Ti Lung vont donc essayer de passer en privilégiant l'option "on essaie et on verra bien" au détriment d'un minimum de réflexion (style contournez l'obstacle, utiliser une corde où que sais-je encore). Le premier se lance, échoue, tombe et meurt. Bon, apparemment ce n'est pas ainsi qu'il faut procéder. Pourtant le deuxième se lance. Echoue! Tombe! Meurt! Et un troisième de tenter encore le même truc pour prouver son héroïsme. Il tombe et meurt à son tour! David Chiang, maître du kung-fu de l'envol, parvient pourtant à passer le pont et entame le combat avec les méchants, bientôt rejoint par ses copains qui, l'instant d'avant, en étaient apparemment incapables! Cette séquence résume à elle seule tout DEADLY DUO: le seul objectif est de divertir, alors qu'importe si il faut tordre le cou à la logique ou se permettre des facilités de scénario (in)dignes des serials.

Car, malheureusement, DEADLY DUO ne s'embarrasse vraiment pas de ses personnages, de son scénario ou de la moindre tension dramatique. On sait comment tout ça va finir et rien ne viendra surprendre le spectateur, excepté - justement - des passages à l'héroïsme si outrancier et si stupide qu'ils en deviennent profondément ridicules. Donc drôle.

Constamment excessif, DEADLY DUO a bien du mal à passionner le public, rapidement lassé par cet incessant gavage d'action barbare et hyper sanglante. Heureusement, le finale nous offre un beau concentré de bastons et l'utilisation des extérieurs change agréablement des habituels décors d'intérieurs.

Mais tout ça parait trop convenu, trop paresseux (y compris dans la réalisation), trop classique en fait pour s'élever au-dessus de la moyenne.

Chang Cheh, déjà, recycle des éléments de LA RAGE DU TIGRE, des 13 FILS DU DRAGON D'OR et annonce, par ces excès bis rarement controllés (et encore moins appropriés) les kung-fu pian déjanté interprétés les Five Deadly Venom.

Même avec une durée réduite à moins d'une heure et vingt minutes, DEADLY DUO parait longuet. A réserver aux seuls inconditionnels du kung-fu sanglant, bis et décérébré!