DEAD OR ALIVE (PART 1)
Titre:  
Réalisateur: Takeshi Miike
Interprètes: Aikawa Show

 

Takeuchi Riki
 
 
 
 
 
Année: 1999
Genre: Polar décalé
Pays: Japon
Editeur Wild Side
Violence: * * *
Erotisme: * * *

50%

Résumé:

Un policier cherche à trouver l'argent nécessaire à sauver sa fille atteinte d'une grave maladie. Dans le même temps il combat le crime, représenté par une série de yakuzas mené par un méchant dont le frère est très fâché de savoir que ses études ont été financées par le crime.

 

Critique:

Takeshi Miike pourrait être le meilleur réalisateur de court-métrage du monde. Mais il a choisi de réaliser des longs-métrages. Or, généralement, sur une heure quarante minutes, un cinéaste est forcé de raconter une histoire, de présenter des personnages, de développer un point de vue, voire de livrer une quelconque réflexion. Miike n'est pas ainsi: lui, il veut filmer des scènes bien folles. Alors il débute son métrage par huit minutes ultra-rapides qui donnent tout de suite envie de voir la suite.
Deux mecs agenouillés énoncent clairement "un deux trois" avant que le métrage ne démarre, un peu comme les groupes punks qui gueulaient "One Two Three Four" pour que le public sache qu'il s'agissait d'une nouvelle chanson.
Instantanés d'un métrage bordélique. Un type est sodomisé par un yakuza dans les toilettes avant que le gangster ne soit égorgé avec d'immenses geysers de sang. Un caïd s'enfile une ligne de coke de plusieurs mètres dans le pif. Un coup de riot-gun fait exploser l'estomac d'un pauvre type et projette les reliefs de son repas dans toutes les directions. Des méchants jouent du flingue. Des filles dansent dans une boite de strip-tease en multipliant les postures lascives. Un véritable clip rythmé par un montage ultra-cut et une musique adéquate.
Puis arrive la suite. Sous forme d'un franc n'importe quoi, d'un kaléidoscope d'images bizarres ou banales. L'intrigue est quelconque. Je ne suis pas sûr d'avoir tout compris (j'avoue avoir décroché une ou deux fois des images proposées), mais ce n'est pas grave puisque le finale complètement délirant m'a rassuré: Miike se fiche de raconter une histoire linéaire ou simplement "construite".
L'ultime affrontement entre les deux camps multiplie les explosions. Les balles font éclater les corps, le sang gicle de partout, le héros arrache son bras mutilé et sort un lance-roquette pour contrer le méchant qui lance une boule d'énergie à la Dragon Ball et...minutes! On n'était pas dans un polar réaliste deux minutes auparavant? Si. Mais Miike devait s'emmerder, donc, il fait n'importe quoi, se disant sans doute que:

1) ça l'amuse.
2) Il peut le faire
3) Il y en aura sûrement toujours quelques uns qui le trouveront ça génial

Je ne vous gâcherai pas la surprise finale, très "vous voyez je vous ai bien eu avec mon scénario" mais c'est assez apocalyptique. A part ça? Ah oui, je vous ai parlé des huit premières minutes et des dix dernières, qui sont fort intéressantes. Il me reste à vous parler des 80 autres. Tout ça? Non, ça ira vite puisqu'il ne s'y passe rien. Non, rien! Des dialogues affligeants ou abscons. Ou les deux. Des considérations pseudo philosophiques et vaguement politiques totalement incongrues. Des passages qui cherchent à nous intéresser à des personnages vides. Des longueurs. Des lenteurs. Des longueurs encore! Et du trash, pour que Miike justifie son surnom d'Agitator.
Un peu de gore. Une fille prise à quatre pattes par un chien pendant qu'un pornocrate photographie la scène. Une pute qui suce son mac avant de cracher le sperme dans un bol. Une femme dénudée noyée dans ses excréments. Un corps dans les poubelles. Quelques impacts de balles saignants et l'une ou l'autres répliques ordurières. Rien de vraiment dérangeant, juste de quoi donner l'impression aux cinéphiles intellos qu'ils se sont encanaillés tout en visionnant un film d'auteur.

Alors, "Dead Or Alive", nul ou génial? Ni l'un ni l'autre. Juste une histoire banale et sans intérêt auquel Miike tente de donner un statut culte et glauque de manière artificielle. Le résultat se laisse regarder (quoiqu'il soit parfois fort ennuyeux) mais ne restera guère dans les mémoires. Une curiosité, comme on dit.