DARK WATER / EAUX SOMBRES
Titre: Dark Water
Réalisateur: Walter Salles
Interprètes: Jennifer Connelly

 

John C. Reilly
Tim Roth
Gougray Scott
Peter Postlethwaite
 
Année: 2005
Genre: Fantastique / Drame / Epouvante
Pays: USA
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: *

60%

Résumé:

La jeune Dahlia est au bord du complet écroulement. Son mari ne l'aime plus, elle laisse tomber sa carrière et décide de s'occuper uniquement de sa fille de six ans, Cecilia. Un peu plus tard, Dahlia et Cecilia emménagent dans un appartement délabré. Des détails apparemment anodins (une fuite d'eau, un sac d'écolière oublié, etc.) vont transformer radicalement leur existence.

 

Critique:

DARK WATER n'est pas un mauvais film, loin de là. Il possède même quelques qualités indéniables. Malheureusement, DARK WATER n'est pas un film original mais le remake de l'œuvre homonyme de Nakata. Si la version ricaine de RING s'était avérée étonnamment réussie et plaisante, cette relecture-ci n'apporte rien et apparaît, en définitive, comme inutile.

Que le subtil métrage d'épouvante signé Nakata ait droit a un remake, cela n'étonne guère vu les succès des versions américanisées de RING et THE GRUDGE. Mais, malheureusement, les spectateurs connaissant l'original ne trouveront rien de bien neuf dans ces EAUX SOMBRES.

Pas de grand bouleversement au niveau de l'intrigue, laquelle respecte dans les grandes lignes celle de son modèle. Hantise, endroit glauque, sac Hello Kitty revenant périodiquement terroriser la jeune femme, ici incarnée par Jennifer Connelly, eaux sombres (c'est le titre français ils n'ont pas cherchés loin!) à profusion,…

Walter Salles se refuse globalement à l'épouvante et concentre son énergie, et son intrigue, sur le personnage de Dahlia, la mère incarnée par Jennifer Connelly, laquelle offre une belle composition sans éviter certains travers typiques du "drame psychologique".

Ces EAUX SOMBRES partent également sur les traces de personnages annexes, comme l'avocat ou le gardien de l'immeuble mais les sous intrigues, plus développées que dans leur homologue nippon, n'en sont pas moins assez inutiles, brisant l'impression de solitude suffocante pesant sur les héroïnes. Le fantôme de la petite fille, lui aussi, est plus visible, mais cette option ne fonctionne pas: au lieu d'une présence rodant dans l'immeuble nous avons droit à une poignée d'effets chocs éculés.

Alors que le DARK WATER original réussissait son pari de proposer une intrigue prenante et émotive, ce remake ne parvient pas à susciter le moindre frisson. Seul le versant dramatique s'avère parfois efficace et ce uniquement grâce à l'interprétation habitée de Jennifer Connelly, dont l'immense talent est ici utilisé à bon escient. C'est peut dire que l'actrice porte le projet sur ses épaules avec une conviction forçant le respect et, rien que pour elle, EAUX SOMBRES mérite au moins une vision.

Dommage que le reste ne soit pas à la hauteur. La minceur du script devient par conséquent franchement évidente car le cinéaste se montre incapable de remplir les moments de "blanc", de doutes ou d'attentes, générant un climat d'ennui au lieu de l'atmosphère d'angoisse diffuse souhaitée.

A trop vouloir "élever le débat", Walter Salles tombe malheureusement dans le piège de bien des cinéastes, même talentueux, qui s'essaient à l'épouvante: ils répètent à l'envi n'avoir pas désirer réaliser un film de genre et, à la fin, le public leur donne raison: ça ne fout jamais la trouille!

Reste que tout n'est pas négatif pour autant: outre l'interprétation de Jennifer Connelly (et celle de la débutante Ariel Gade, incarnant Cecilia), la photographie d'Affonso Beato s'avère superbe et donne un indéniable cachet à ce métrage classieux.

Servi par la musique mélancolique d'Angelo Badalamenti, DARK WATER se laisse regarder avec un certain plaisir. En dépit de ces nombreux défauts, le résultat est quand même bien supérieur au CERCLE 2, par exemple.

Mais, pour ceux ayant vu l'original, cette version américaine ne pourra sembler, au mieux, que passable. C'est déjà ça, puisque l'on s'attendait au pire, mais c'est aussi très peu en regard du potentiel du sujet.