DANNY THE DOG

Titre: Danny the Dog
ou: Unleashed
Réalisateur: Louis Letterier
Interprètes: Jet Li

 

Morgan Freeman
Bob Hoskins
Kerry Condon
 
 
 
Année: 2004
Genre: Drame / Action / Arts Martiaux
Pays: France
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite:  

70%

Résumé:

Un usurier corrompu a élever un orphelin nommé Danny comme une bête sauvage afin d'en faire, au sens propre, son chien de garde. Mais Danny finit par se révolter contre sa nature de tueur.

Critique:

Danny The Dog marque une nouvelle collaboration entre la star Jet Li et le plus hollywoodien des cinéastes / producteurs français, Luc Besson. Après le médiocre Baiser Mortel du Dragon, on n'en attendait objectivement pas grand-chose et le résultat s'avère donc une surprise plutôt agréable, même si tout n'est pas parfait, loin de là!

Première nouveauté dans une "Besson Production" récente, le film prend le temps de dessiner de véritables personnages et ne se contente pas d'archétypes tout droit tiré d'un jeu vidéo. Bien sûr, le script n'évite pas la caricature, et le vieil aveugle incarné par Morgan Freeman accumule les clichés. En fait, les personnages sont présentés de manière assez stéréotypées mais gagnent une certaine (uni-) dimension symbolique: le vieil aveugle qui surgit à la manière d'un ange gardien, sa protégée timide et un peu renfermée, le mafieux libidineux méchant comme pas deux et Danny, le candide canin perdu dans un monde cruel. Simpliste, sans doute, mais c'est toujours préférable aux héros invincibles dont est friand Besson.

Donc, malgré les réserves précitées, l'effort "psychologique" est méritoire, d'autant que le pitch semble bien maigre. Le spectateur s'attend à une simple accumulation de combats clandestins mais le métrage embraye rapidement dans une autre direction et tient tout autant du drame intimiste que de l'actionner B. On peut légitimement penser que le résultat n'est pas à la hauteur de son idée de départ, où que celle-ci aurait pu être bien mieux développée, mais Danny The Dog a au moins le mérite d'un peu d'originalité.

Les affrontements sont néanmoins rapides, nerveux, violents et surtout bien filmés, contrairement à de nombreux titres récents utilisant un montage saccadés et épileptiques les rendant strictement illisibles. Yuen Woo Ping livre des chorégraphies certes peu originales mais indéniablement efficaces, d'autant que l'impact du coup est privilégié, négligeant la beauté des mouvements pour se concentrer sur la puissance brute. Jet Li compose ici un individu découvrant peu à peu ses émotions et il se montre étonnamment convaincant. Louis Letterier utilise efficacement les limites évidentes de l'acteur (notamment au niveau de la diction) en optant pour une communication non verbale passant par les mouvements faciaux et l'expression / inexpression. A ses côtés, Bob Hopkins cabotine énormément mais compose un personnage de malfrat assez truculent et Morgan Freeman, malgré les clichés de son rôle, s'en sort bien.

L'émotion est donc présente même si Danny The Dog hésite parfois sur la voie à suivre, entre drame plus "intellectualisé" et divertissement rageur. Cet aspect bancal n'est heureusement pas trop gênant et le résultat est, au final, plutôt satisfaisant. Le coté sentimentaliste (au sens large) est souvent un peu pesant (style "je suis vieux, Noir et aveugle, elle est blanche et un peu space, tu es Chinois et frustre mais nous sommes une vraie et belle famille unie!") mais, si on ne fait pas trop la fine bouche, cela reste supportable.

Le cadre choisi s'avère également original, délaissant les extérieurs balisés et trop vus des Etas-Unis ou de la France pour s'attarder dans les ruelles crasseuses de Glasgow.

Autre élément notable, Danny The Dog renonce à la sempiternelle bande son orientée gangsta rap de banlieue pour privilégier une partition plus émouvante signée Massive Attack.

En définitive, Danny The Dog se suit agréablement, même si il passe quelque peu à côté d'un sujet prometteur et reste en surface. Cela reste sans aucun doute le meilleur rôle de Jet Li depuis bien longtemps (excepté HERO) et le tout mérite donc une vision.