CRIPPLED AVENGERS


Titre:  
ou: Return of The Five Deadly Venoms
ou: La Vengeance des Infirmes
Réalisateur: Chang Cheh
Interprètes: Chen Kuan Tai

 

Philip Kwok
Lo Meng
Chiang Sheng
Sun Chien
Lu Feng
Cheng Miu
Dick Wei
Année: 1979
Genre: Kung-fu
Pays: Hong Kong
Editeur Celestial
Violence: * * *
Erotisme: *

80%

Résumé:

Après une attaque ayant laissé sa femme morte et son fils handicapé (il a eu les bras tranché lors du duel), un maître des arts martiaux devient à moitié fou. Il construit pour son fils des bras d'acier et l'entraîne à devenir un cruel combattant. Père et fils vont ensuite mutiler quatre personnes: l'un devient aveugle, l'autre sourd et muet, le troisième cul de jatte et le dernier est rendu fou par la torture. Pris en pitié par un maître, les quatre handicapés vont devenir de redoutables justiciers.

 

Critique:

"Crippled Avengers" débute d'emblée très fort: une femme meurt les jambes coupées et son jeune fils est amputé des deux bras. Un préambule violent et bien fou qui laisse augurer du meilleur pour la suite. Et, heureusement, la suite ne déçoit pas!

Contrairement à "Cinq Venims Mortels" qui a fort mal vieilli, cette pseudo-séquelle dans laquelle on retrouve les fameux Venoms, distille un rare bonheur et témoigne d'une énergie franchement jouissive.

Philip Kwok, Chiang Sheng, Lu Feng, Mo Meng et Sun Chien sont donc de la partie mais sans leurs costumes folkloriques. Ce qui n'empêche pas le métrage de garder un côté outrancier (proche des comics américains de super-héros).

Largement supérieur au culte mais décevant premier volet, cette nouvelle aventure possède un côté indéniablement très bis que saura apprécier l'amateur.

Au niveau du scénario, le film ne casse pas trois pattes à un canard mais l'important est ailleurs, dans cette exagération plaisante des clichés en vigueur dans des centaines de kung-fu pian basique centré sur la vengeance de pauvres types devant combattre un maître quasi invincible.

Ici, les quatres protagonistes principaux ont été handicapés par leur ennemis mais ils sauront triompher de toutes les épreuves.

Et ces dernières sont nombreuses!

A vrai dire, cela n'arrête jamais: les combats se succèdent sur un rythme enlevé et les démonstrations acrobatiques des acteurs laissent pantois. Armé de jambes de métal indestructibles, capables d'entendre tomber une feuille ou équipé de petits miroirs pour ne pas se laisser surprendre, les Venoms sont devenus d'authentiques super-héros, quelques part entre Zato Ichi, Daredevils, les pistoleros sans nom du Western Italien et les Catcheurs mexicains.

Au niveau de la réalisation, Chang Cheh, alors en quête d'un second souffle, délaisse les principes de camaraderie, de code d'honneur et d'arrière plan historique pour un simple divertissement qui cherche avant tout à procurer une heure et cinquante minutes de délassement.

On est indubitablement plus proche de classique bis comme "One Armed Boxer" que de la noblesse du "One Armed Swordsman". Mais le spectateur ne perd guère au change et le métrage est un plaisir pervers dont il serait criminel de se priver!

Le film est donc un sommet d'affrontements dantesques, de combats époustouflants et de violence saignante. Ca hurle, ça cogne, ça gicle, les méchants sont ignobles et l'action est continuelle.

Entre kitsch, ridicule et émotion, les relations entre les héros handicapés parviennent même à émouvoir le spectateur conciliant. Pourtant, de nombreuses scènes sont complètement risibles (le gamin les bras tranché qui écoute patiemment le discours paternels) mais qu'importe, il se dégage de l'ensemble un charme certain.

A mon sens voici tout à fait le genre de kung-fu pian qui mérite le qualificatif ultra galvaudé de "culte".