KUNG FU BOXER

Titre: Crippled Kung Fu Boxer
ou: Ninja Supremo
Réalisateur: Li Chao
Interprètes: Cliff Lok

 

Lo Lieh
Choi Wang
Yueh Hua
Li Chao
 
 
Année: 1981
Genre: Kung Fu Comedy
Pays: Taiwan
Editeur Bach Films
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite:  

65%

Résumé:

Un jeune homme apprend le kung fu en compagnie d'un vieux maître malade et de sa petite fille. Mais deux méchants infirmes viennent pour se venger...

 

Critique:

Kung Fu Boxer est une petite production kung fu assez sympa mais sans beaucoup d'originalité. Une nouvelle kung fu comedy relativement sympathique qui s'inspire des films de la même époque type Drunken Master.

Il ne faut donc pas en attendre un chef d'oeuvre, seulement un divertissement correct qui multiplie les séquences de combats. Tout commence par un combat du héros (le futur vieux maître) contre deux experts en kung-fu qui se prennent une telle raclée qu'ils finissent infirme. L'un devient bossu et le second trembotte comme un Parkinsonien.

Nous passons ensuite en revue une série de combats martiaux assez bien mené et d'intérêt divers. Pas mal d'armes sont utilisées et nous avons donc droit à du nunchaku contre du sabre, du sabre contre une lance, etc. Puis nouveau combat, dans un bordel cette fois.

Et, pour ne pas changer, encore un combat, dans une école, avec ensuite les bagarres du jeune héros contre un méchant qui porte un chapeau: "votre chapeau ne vous gêne pas?" demande t'il. Avant une nouvelle réplique imparrable "vous venez pour une coupe en brosse?" dit il en coupant une mèche de cheveux.

Une fois de plus les doubleurs tenaient la grande forme! Citons aussi l'exceptionnel "garde plutôt ta salive pour avaler ta lance" et le non moins débile "oh non pas ma natte". Et n'oublions pas deux personnages qui apparaissent brièvement: un petit gros et un grand mince. Le doubleur, ne reculant devant rien, les appelle alors carrément Harrel et Lourdi. Oui, plus con on a rarement vu!

Bref, on rigole.

D'autant qu'un singe facétieux s'en vient voler le poisson devant servir de diner au jeune héros. En essayant de le retrouver il tombe sur une jeune fille et entame un petit combat (oui encore) contre la belle demoiselle. Celle-ci accompagne son papy qui s'appuie sur sa canne et tousse beaucoup. Le héros constate donc d'un air pénétré (bon disons d'un air absorbé parce que je vous connais bande de pervers, on veut faire littéraire et vous rigolez bêtement) "il est malade" en observant le vieux maitre. Ce-dernier tousse, fait "teuf teuf" et râle comme un cancéreux du poumon en phase terminale. Il en fait même beaucoup trop mais passons.

Donc le jeune veut néanmoins que le vieux crouton lui enseigne les arts martiaux et il se paye une nouvelle démo martiale contre la petite fille du maître. Le Sifu accepte finalement de le prendre pour disciple car il a décelé la motivation dans l'oeil éteint de notre vaillant jeune homme. Et hop, quelques coups de pieds et de poings avec la petite-fille. La jeunette était pourtant jolie et il y aurait eu d'autres amusements à essayer en sa compagnie mais non, con comme il est, notre héros veut juste montrer que son kung-fu est meilleur que le sien. Faut dire que la fille a beau être jolie elle ne fait pas grand-chose d'autre que rire assez bêtement.

Ensuite le papy s'entraine un peu, histoire de ne pas perdre la main. Malgrè son âge canonique, il se débrouille encore pas mal: il fait de l'équilibre avec une théière, s'exerce comme Jackie Chan avec un petit banc (et si on touche son banc il boude comme aurait dit le contrepetteur mais la question n'est pas là), le tout étant manifestement et même très visiblement accompli à l'aide de fils bien épais. On repart rapidement pour de nouvelles séquences d'entrainement qui sont toujours aussi déconnantes, d'ailleurs la jeune demoiselle n'arrête pas de rigoler assez bêtement il faut bien l'admettre.

Le film a d'ailleurs surement été amputé de quelques minutes car certains passages semblent un peu coupés n'importe comment afin de privilégier uniquement les combats.

Puis nous passons à un combat du disciple contre les méchants, arrive alors le méchant bossu du début, avec des moustaches de chat assez comiques, qui se bat contre les méchants, fait semblant de s'allier au héros, passe dans le camps des voyous, etc. Le jeune homme affronte donc les méchants, puis le bossu et suite à un facheux quiproquo, il dévoile la cachette du vieux maître malade, lequel n'a pas d'autre choix que d'affronter son ennemi bossu.

Heureusement le disciple tient la forme et les leçons ont été bien apprises. Il saura défendre son maitre et briser la bosse du méchant à coup de poings. Alors qu'on pense le film terminé, le frère du bossu, l'homme qui tremblotte pire que le Roi Albert, débarque dont ne sais trop où, histoire de se rappeler à notre bon souvenir. Et on recommence une bagarre entre le méchant et le maître aidé du disciple, lesquels finissent par se débarasser une fois pour toute du vilain infirme.

Ouf! Si vous comptez que le film dure à peine plus d'une heure quinze, que vous récapitulez le nombre de combats (une douzaine au bas mot), vous constaterez aisément qu'il n'y a plus guère de place pour autre chose, excepté un ou deux gags et quelques séquences d'entrainement.

Kung Fu Boxer est un peu saoulant sur la longeur et n'a rien de véritablement passionnant ni transcendant mais le nombre élevé de combat d'assez bonne qualité et l'aspect profondément débile véhiculé par un doublage hors contrôle devrait satisfaire les amateurs.

Ils devront toutefois passer outre une esthétique bien pauvre et un manque de budget flagrant qui en font un film très pauvre, où les duels ont lieu quasi exclusivement dans une rue de village ou un coin de prairie à coté d'une cabane.