EN SURSIS

Titre: Cradle 2 the grave
ou:  
Réalisateur: Andrew Bartkowiak
Interprètes: Jet Li

 

DMX
Marc Dacascos
Kelly Hu
Anthony Anderson
 
 
Année: 2004
Genre:  
Pays: USA
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite:  

60%

Résumé:

 

Critique:

Nouvelle illustration de la formule gagnante imaginée par Joel Silver pour plaire aux djeuns, EN SURSIS mixe les éléments supposés attractifs pour le public visé: des combats de kung-fu, du hip-hop agressif, des personnages virils mais avec un cœur gros comme ça…Nous retrouvons donc Jet Li dans un nouveau véhicule destiné à asseoir sa réputation de star planétaire. Malheureusement ce ne sera pas vraiment le cas, même si l'ensemble n'est pas déshonorant pour autant.

En effet, même si il s'agit d'un petit spectacle sans envergure, EN SURSIS vaut quand même un peu mieux que sa calamiteuse réputation. Non que le film soit très réussi mais, au moins, le spectateur ne s'y ennuie pas vraiment. Le scénario déroule une trame hyper simpliste et bourrée d'invraisemblance (la plus énormes étant sans doute ce GSM laissé entre les mains de la fillette kidnappée!), dont l'unique raison d'être réside dans les quelques bastons, les scènes de pif paf et les traits d'humour. Concernant ce dernier point on n'échappe pas aux répliques style punch-lines et aux gags à base de drague homosexuelle, bref, la grosse artillerie qu'on pensait reléguée aux oubliettes depuis la fin des années 80.

Au niveau des interprètes, ce n'est pas la joie: Jet Li ne parle pas beaucoup mais ne se bagarre pas beaucoup plus, même s'il se débrouille dans les limites d'un rôle très... limité (justement!) d'un point de vue dramatique. Marc Dacascos, lui, apparaît peu et son combat attendu contre Jet Li est largement en deçà des espérances. Quant à DMX, l'inévitable rappeur promu vedette de l'écran, il s'en sort mieux que beaucoup de ses confrères mais sa présence rend inévitable une bande son hip-hop et cette abominable "musique" gâche beaucoup de choses. Son rôle est d'ailleurs assez invraisemblable: une sorte de voleur de bijou qui ne s'en prend qu'aux méchants et n'aime pas les armes car il est un père sensible et responsable. Presque Robin des Bois, en somme!

Beaucoup de clichés donc, l'intrigue étant de plus totalement prévisible! Heureusement, la réalisation est correcte (contrairement à celle de ROMEO DOIT MOURIR justement) et Andrew Bartkowiak évite les effets de mise en scène patauds qui constituent sa marque de fabrique. Pas de câbles outranciers ni de scènes de fight passées aux rayons X comme dans le précédent véhicule pour Jet Li, donc. Ouf!!!

Si EN SURSIS est sympathique, il faut pourtant avouer que l'entreprise sent la récupération à plein nez, chaque séquences semblant déjà vues ailleurs - et souvent en mieux! Néanmoins, le résultat est assez potable. Etonnamment regardable même, après les grosses daubes que furent ROMEO DOIT MOURIR et surtout l'atroce THE ONE. Le rythme est soutenu, l'action présente en quantité, même si elle n'est pas toujours renversante de qualité, l'humour fera sourire les indulgents et l'aspect dramatique plein de bons sentiments gnan-gnan fera verser une larme aux mamys.

En résumé, quiconque espère un grand film (ou même un bon film d'action bien torché) sera déçu à la vision de ce EN SURSIS. Mais si la seule ambition de Andrew Bartkowiak était de divertir, on peut estimer qu'il a plus ou moins réussi son contrat, même si ce fut sans finesse. L'ensemble constitue une série B acceptable pour une soirée sans prise de tête, à l'image des actionners bourrins des eighties dont EN SURSIS se veut le pendant "moderne".

Malgré tout le mal que l'on a pu dire de ce film, le niveau reste acceptable. Evidemment rien ne vole bien haut mais, en définitive, le rythme et les quelques combats efficaces sauvent les meubles. Donc, pourquoi pas, si on n'a rien d'autre sous la main...