COWARD BASTARD

Titre: E Ye
ou: Coward Bastard
Réalisateur: Kuei Chi Hung
Interprètes: Johnny Wang

 

Yuen Wah
Wang Sha
Lam Fai Wong
 
 
 
Année: 1980
Genre: Kung fu comedy
Pays: Hong Kong
Editeur Celestial
Violence: * *
Erotisme: *
Suite:  

40 %

Résumé:

Un jeune homme en butte aux humiliations d'une bande de méchants apprend le kung fu auprès d'un expert très lâche et d'un autre maître, ivrogne pour sa part.

Critique:

Soucieuse de renouveler son fond de commerce, la Shaw Brothers tente en cette année 1979 de concurrencer les kung-fu comedy de Jackie Chan, alors triomphantes au box-office local. Nous suivons donc l'histoire d'un modeste serveur de restaurant nommé Chi qui est constamment humilié par son patron, lui-même brimé par un notable fortuné. Bien sûr, notre jeune homme apprend secrètement le kung fu auprès du cuistot, comme toujours détenteur d'une technique invincible. Mais tout cela attire l'attention des ennemis de notre cuisinier et ce dernier s'enfuit. Chi va donc perfectionner son art auprès d'un mendiant ivrogne.

Médiocre imitation de DRUNKEN MASTER, cette production témoigne de la baisse de qualité des métrages estampillés Shaw Brothers à la charnière des années 70 et 80. Visuellement parlant, nul trace ici des plateaux enchanteurs et des décors aussi faux que splendides de l'âge d'or des studios, COWARD BASTARD ressemblant à un des trop nombreux kung fu comique sorti à cette époque. Aucune identité, donc, n'est à chercher dans ce produit de série sans doute hâtivement mis en boîte pour profiter d'une mode qui, comme toujours à Hong Kong, se révéla éphémère.

L'humour, bien sûr, n'est pas très fin ni même de première fraîcheur et on ne retrouve jamais dans ce métrage le burlesque de Jackie Chan, et encore moins son talent comique. Un ou deux passages sauront sans doute faire sourire les spectateurs les plus indulgents mais, de manière générale, tout cela se révèle plus poussif et médiocre que vraiment drôle. Les quelques scènes de combats sont, elles, d'assez bonne qualité mais ne justifient pas la vision d'un titre aussi peu intéressant. Si certains affrontements sont plutôt efficaces, aucun n'est suffisamment originaux ou bien fichus pour s'inscrire durablement dans la mémoire du spectateur.

A noter que le cinéaste Kuei Chi Hung n'est pas un familier du kung fu et que l'essentiel de sa carrière a été orientée vers l'exploitation, d'abord avec des titres racoleurs comme THE KILLER SNAKES ou le fameux CAMP D'AMOUR POUR CHIEN JAUNE et, ensute, avec les métrages consacrés à la magie noire comme CORPSE MANIA, BEWITECHED, la trilogie HEX et le culte THE BOXER's OMEN.

En résumé, même si il est produit par une compagnie importante comme la Shaw Brothers, COWARD BASTARD se résume à une énième kung fu comedy de seconde zone. Pas vraiment désagréable (on a vu bien pire!) mais sans aucun intérêt et hélas, sitôt vu et sitôt oublié.