LE COMPLOT DES CLANS


Titre: Clans of Intrigue
Réalisateur: Chu Yuan
Interprètes: Ti Lung ( Chu Liu Xiang)

 

Betty Pei Ti (Princesse Yin Chi)
Chen Szu-Chia (Su Rong Rong)
Nora Miao (Kung Nan-yen)
Yueh Hua (Le Moine Wu Hua)
 
 
 
Année: 1977
Genre: Kung-fu / Wu Xia Pian / Espionnage
Pays: Hong Kong
Editeur Wild Side Video
Violence: * *
Erotisme: * *

80%

Résumé:

 

 

 

Critique:

Le "Complot des Clans" est une adaptation de trois romans différents du fameux romancier Gu Long (ou Ku Lung), lequel a écrit huit aventures de son héros Chu Liu-xiang. Ce personnage est souvent considéré comme le "James Bond chinois du film de sabre" mais il doit également beaucoup à Sherlock Holmes. Les intrigues de ces huits romans (publiées entre 1968 et 1979) mêlent avec bonheur arts martiaux, espionnage et enquêtes policières complexes et tortueuses.


Chu Yuan reprend ici, quasi intégralement, les péripéties du premier volume de la saga: Xie Hai Piao Xiang, auquel il adjoint des éléments puisés dans les deux suivants, à savoir Da Sha Mo et Hua Mei Niao. Trois romans qui forment une trilogie de près de mille pages connue sous le nom générique de La Légende de Chu Liu-xiang.
Le cinéaste est donc forcé de prendre des raccourcis narratifs parfois osés pour condenser une oeuvre aussi riche en 90 petites minutes.

Mais le cinéaste tire parti de ce handicap en privilégiant une construction rapide et un rythme trépidant. Pas question de relacher son attention plus de quelques secondes sous peine de se perdre dans la complexité des intrigues développées. Immédiatement, le spectateur est plongé au coeur de l'affaire, à savoir le vol de l'eau magique (un redoutable poison) et les meurtres de trois chefs de clans dans des décors baignés de brume. En une minute de métrage, Chu Yuan pose les bases de sa construction scénaristique et ne s'embarrasse guère de développer un contexte historique précis. Il privilégie simplement le déroulement de l'enquête.


Comme dans bien des giallos (et forcément les polars de Hitchcock), le héros est embarqué malgrè lui dans l'enquête. N'ayant rien demandé à personne, il est accusé d'un meurtre qu'il n'a, bien sûr, pas commis et menacé de mort par une série d'individus redoutables. L'intrigue progresse alors sans baisse de régime mais les scénaristes prennent soin de bien doser les éléments offerts au cerveau du spectateur. Ce dernier doit suivre attentivement le film mais ne se sent pas largué au bout de la première scène comme c'est parfois le cas avec ce type d'intrigue compliquée.

Chaque éléments utiles au développement de l'enquête est proposé de manière claire et on ne peut que saluer le tour de force des scénaristes pour avoir su rendre limpide un si grands nombres de retournements de situations et de rebondissements trépidants. Le ton général est sérkieux mais léger avec divers éléments de comédie


Chu Liu-xiang, incarné par le très classe Ti Lung, mêne la danse, entouré de ses trois assistantes, aussi belles que gaffeuses, et dénoue les fils de la machination, aidé par un tueur mystérieux. Les trois charmantes demoiselles n'ont pas un rôle très actif et le héros doit régulièrement les sauver des griffes des méchants. L'identité du criminel en chef, un androgyne, est finalement révélé dans un final dont les coups de théâtre à répétition évoquent immanquablement les meilleurs giallos. Comme dans les thrillers italiens de l'époque, seul le plaisir immédiat de la surprise compte véritablement, qu'importe alors si les situations sont invraissemblables.

Ce final renvoie aussi aux James Bond puisque situé dans le grandiose palais d'une princesse lesbienne manipulée par un moine cruel. En une demi-heure, le héros est capturé, s'échappe, les alliances changent sans cesse et le méchant n'hésite pas à supprimer sans remord ses anciennces alliées devenues inutiles. Les décors de ce palace sont somptueux, avec un petit côté légèrement kitsch qui renvoie aux films d'espionnages des seventies.


Comme dans les James Bond, nous avons aussi droit à une scène humoristique située dans un casino et quelques éléments à la lisière du fantastique viennent pimenter le suspense développé. Chu Yuan offre une mise en scène splendide: décors de studio magnifiques, photographie parfaite, éclairages travaillés. Bref, une esthétique superbe à des années lumières de la pauvreté visuelle de nombreux Wu Xia Pian de cette époque. Niveau martial, rien de déshonorant mais l'intérêt principal du métrage réside bien davantage dans les développements de l'intrigue et non dans les combats. D'ailleurs, parfois, ceux-ci paraissent un peu inutile au déroulement du script.

Cela dit, ne boudons pas notre plaisir: Ti Lung et ses acolytes délivrent des duels bien chorégraphiés et point trop long.

Bref, un excellent divertissement!