LA VENGEANCE DU TIGRE

Titre: Long hu men
ou: The Chinses Boxer
ou: Karaté à Mort pour une Poignée de Soja
ou: Hammer of the God
Réalisateur: Jimmy Wang Yu
Interprètes: Jimmy Wang Yu

 

Lo Lieh
Chiu Hung
Fong Min
 
 
 
Année: 1970
Genre: Kung Fu
Pays: Hong Kong
Editeur Wild Side
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite: Return of the Chinese Boxer

70 %

Résumé:

De méchants japonais pas beaux s'en viennent défier de gentils chinois occupés à méditer entre deux prises de kung fu. Les affreux nippons tuent tout le monde en utilisant leur infâme karaté, ce descendant sans finesse des vrais arts martiaux chinois. Heureusement un disciple a survécu et, après un an d'entrainement intensif, il est prêt à leur rendre la monnaie de leur pièce.

Critique:

Blood Feast...Chinese Boxer...Deep Throat...

Des films importants pour le cinéma populaire dans leurs genres respectifs: le gore, le porno, le kung-fu. Des genres méprisés par la critique mais prisés d'une certaine frange du public. Point commun de ces titres? Avoir été les premiers, ou du moins ceux que la postérité considéra comme telle. Même si ce ne sont pas de vraies réussites, l'amateur leur voue donc un certain amour nostalgique.

'The Chinese Boxer' sorti donc en 1970, un peu avant 'La Main de Fer' et 'La Fureur de Vaincre', des métrages plus réputés et plus réussis. Mais, à l'époque, le film fit forte impression et posa les bases de centaines (carrément!) d'imitations. Une rivalité entre école, l'opposition entre le kung fu chinois (discipline martiale et spirituelle capable d'élever l'individu) et le karaté (descendant bâtard destiné à tuer sans finesse), massacre du maître, disciple survivant s'infligeant un entrainement masochiste, petite idylle très fleur bleue et VENGEANCE sanglante! Combien de films ont ils étaient construit sur cette trâme simpliste? Trop pour être cité même si le classique de Bruce Lee précité demeure le plus célèbre.

Ici, Wang Yu porte des poids pour muscler ses jambes et plonge ses mains dans le sable brulant pour acquérir la fameuse "main de fer". Ensuite il combat les méchants un par un (ou souvent à un contre vingt) dans une ambiance décidément très proche du Western spaghetti. Parfois il met un masque de chirurgien et joue au redresseur de tort à l'identité secrète, entre Zorro et un super-héros de comics.

Même si l'intrigue est convenue, la réalisation, elle, est bien maîtrisée et ménage quelques passages vraiment convaincants: un affrontement dans les hautes herbes proches du chambarra et un duel final sous la neige de toute beauté.

L'intérprétation n'est pas en reste et s'avère sympathiquement bis: Wang Yu n'a pas beaucoup d'expressivité mais il compense par un charisme certain et Lo Lieh compose un méchant japonais caricatural et irrécupérable. Les seconds rôles, pour leur part, surjouent horriblement, ce qui rend l'ensemble des plus amusants, en particuliers ces affreux nippons absolument infâmes.

Notons d'ailleurs que les adversaires utilisent exactement les mêmes techniques lors des combats et que l'opposition entre le kung fu et les arts martiaux japs (karaté, judo, kendo) n'est pas vraiment évidente à l'écran. Il faut aussi avouer que les combats ne sont pas très bons: les chorégraphies sont approximatives et peu imaginatives, les enchainements sont lents, les coups paraissent donnés aux ralentis, etc. Si les attaques de main de Wang Yu font illusion à condition de ne pas se montrer trop regardant, ses coups de pieds font peinent à voir et paraissent dénués de la moindre puissance.

Reste que ces combats sont plutôt hargneux et jouent la carte de la violence gratuite: chaque coup laisse de méchantes traces: jets de sang écarlate, yeux crevés, corps massacrés, etc. Wang Yu n'hésite pas à couvrir l'écran de peinture rouge totalement irréaliste et offre un spectacle franchement gore pour l'époque.

Il est de bon ton aujourd'hui de blâmer ce film mais, même si l'ensemble a fort vieilli, il faut avouer que l'on ne s'y ennuie pas. Le tout est emballé en un peu plus d'une heure vingt et offre un divertissement constant, bien rythmé et sanglant à souhait.

Ce n'est peut-être pas un chef d'oeuvre mais beaucoup de Shaw Brothers plus réputés ont davantage souffert du poids des ans.

Et puis c'est quand même un titre historique et une date clé des arts martiaux cinématographiques. Rien que pour cela (mais pas seulement!), ce 'Chinese Boxer' mérite bien une vision!