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CELLO est un des derniers avatars de la vague horrifique coréenne
sorti durant l'été 2005 au pays du matin calme. De cette vague nous
connaissons déjà THE WIG et RED SHOES, tous deux édités en DVD,
et CELLO vient donc les rejoindre sans démériter mais sans soulever
non plus un enthousiasme démesuré. Le principal problème de CELLO
réside dans son scénario déjà vu bien trop souvent et qui peine
à maintenir l'attention au-delà des trois premiers quarts d'heures.
A ce moment, en effet, le spectateur a déjà en main pratiquement
tous les éléments et la suite du métrage va se contenter de redites
et répétitions pour aboutir à la courte durée réglementaire. Car
CELLO, en dépit de ses petites 85 minutes, semble bien long même
si l'essentiel des éléments d'horreur va se concentrer dans le troisième
acte qui réussit le paradoxe d'être à la fois plus secouant (enfin
quelques frissons!) et le plus frustrant (tout ça sent le réchauffé!).
L'intrigue, en apparence assez simple, emprunte pourtant quelques
voies parallèles qui ne mènent nulle part et ne servent malheureusement
qu'à embrouiller une narration souvent confuse. Les séquences sont
en effet agencées de manière non linéaire, un procédé typique du
cinéma de genre coréen (fort bien exploité dans MEMENTO MORI ou
DEUX SŒURS par exemple) et demandent au spectateur un certain effort
pour "remettre les choses dans le bon ordre". Mais le rythme très
lent n'aide pas à garder intacte sa concentration et il faut bien
reconnaître que peu d'événements vont se dérouler durant les deux
premiers tiers du métrage.
Certaines pistes sont en outre inexploitées et ne seront jamais
explicitées. Le cinéaste met ainsi laborieusement en place une
histoire de vengeance exercée par une élève recalée qui, en
définitive, n'apporte rien à CELLO. Mais si le film est loin
d'être une réussite, signalons néanmoins quelques points positifs.
L'un d'eux reste le choix d'une partition classique fort appropriée
dont les mouvements et ponctuations s'accordent aux désarrois
de l'héroïne. La bande sonore participe ici pleinement à l'évolution
de l'intrigue et a sans doute été choisie avec soin, ce qui
pour un métrage évoquant autant la musique et son univers, était
essentiel. L'interprétation reste correcte, pour sa part, mais
seule l'actrice principale (Hyeon-a Seong) a un rôle véritablement
intéressant. Sa performance demeure d'ailleurs la plus convaincante
et, dans un métrage à ce point axé sur la psychologie, Hyeon-a
Seong parvient à insuffler un peu de vie au scénario, assez
mal entourée par une galerie de personnages secondaires quelconques,
trop stéréotypés et peu développés.
La mise en scène s'avère, elle, classique et CELLO gâche son potentiel
horrifique en optant pour une approche très banale des scènes chocs,
ici complètement désamorcées. En ce qui concerne la photographie,
elle est plutôt soignée et la cinématographie, souvent attrayante,
même si elle ne compense pas les faiblesses du métrage l'aide néanmoins
à sortir un minimum du lot, visuellement parlant.
En dépit d'un budget restreint et d'un certain manque d'ambitions,
CELLO ne verse donc pas dans la basse moyenne des productions horrifiques
destinées directement au marché du DVD. Le réalisateur, lui, évite
donc toute séquence susceptible de heurter le public et oublie même
de le faire sursauter un minimum, ce qui, pour une œuvre censément
angoissante, se révèle préjudiciable. Certes, le metteur en scène
désire probablement créer une atmosphère plutôt que de secouer le
public avec des effets faciles mais cette louable intention n'excuse
pas le manque de nerfs d'un titre qui ne parviendra jamais à se
montrer réellement original ou passionnant. Seule les dernières
minutes tenteront sans beaucoup de conviction le jeu du véritable
film d'horreur mais la banalité des révélations atténuera fortement
la réussite de cette conclusion. A ce propos, la fin ouverte, pas
trop mal, reste cependant prévisible et utilise un cliché usé jusqu'à
la corde dans le fantastique.
En conclusion, CELLO se suit sans déplaisir mais ne parvient pas
vraiment à passionner. Trop prévisible, pas assez effrayant, cette
production coréenne se hisse de justesse au-dessus de la moyenne
mais ne restera sans doute pas dans les mémoires.
Au niveau du DVD notons surtont le packaging très joli et
classieux qui sied bien à l'univers un peu précieux
du métrage. Sinon nous trouvons des pistes françaises
stéréo et 5.1 (bof) et originales en 5.1. (mieux!)
ainsi qu'un making of d'environ 35 minutes et une dizaine de bandes
annonces. Bref, une édition simple mais tout à fait
correcte.
Un grand merci à GCTHV et à Bastian Meiresonne pour
l'envoi de ce film!
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