LE TEMPLE DU LOTUS ROUGE

Titre: Burning Paradise
ou: The Rape of the Red Lotus Temple
Réalisateur: Ringo Lam
Interprètes: Willie Chi

 

Carman Lee
Gordon Liu
John Chung
Wing Kam Kong
 
 
Année: 1993
Genre: Wu Xia Pian
Pays: Hong Kong
Editeur HK Video
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite:  

70%

Résumé:

 

Critique:

LE TEMPLE DU LOTUS ROUGE est un bon divertissement martial, rythmé, efficace et violent, même si il n'est pas exempt de défaut. Les combats sont nombreux et plutôt bien chorégraphiés, avec une utilisation restreinte des câbles et autres effets envahissants du néo-Wu XIa Pian. Après les deux FONG SAI YUK réalisé par Corey Yuen avec Jet Li, suite - probablement - au succès public et critique de la saga IL ETAIT UNE FOIS EN CHINE, Tsui Hark semblait décider à livrer sa propre vision du deuxième plus célèbre héros du cinéma chinois.

Ringo Lam a donc été choisi pour mettre en scène ce Wu Xia Pian, un choix apparemment curieux mais le cinéaste se sort de l'entreprise avec les honneurs. Et en parvenant à s'approprier le genre sans se renier, utilisant toutes les figues imposées avec talent mais n'hésitant pas à verser dans la noirceur et la violence coutumière au cinéaste.

Le métrage débute par une vue superbe du désert, décor idéal pour le premier combat entre le héros et une troupe de soldats à cheval. Immédiatement, Ringo Lam laisse couler le sang et ne se prive pas des jets d'hémoglobine et autres membres tranchés. Après cette violente entrée en matière, la quasi-totalité du métrage va se dérouler dans les intérieurs labyrinthique du Temple du Lotus Rouge, un lieu maudit (il ne manque donc plus qu'Indiana Jones!) truffé de pièges.

Willie Chi incarne donc Fong Sai Yuk et il se montre dramatiquement aussi inspiré que Jet Li, sinon plus. Niveau martial, rien à redire: le jeune acteur assure avec beaucoup d'énergie. Regardé à l'époque comme une possible future star du cinéma d'action Willie Chi disparut pourtant des écrans et ne laissa que trois films (dont le peu renommé DRUNKEN MASTER 3) derrière lui.

Il n'est guère étonnant que LE TEMPLE DU LOTUS ROUGE n'ait pas marché au box-office. L'ambiance est en effet beaucoup trop sombre pour le public friand de kung-fu câblé et de dérision. Ringo Lam respecte trop son histoire pour verser dans l'humour déplacé, le sérieux domine (seuls quelques dialogues peuvent amuser) et frise même le film d'horreur: cadavres pourrissant, vermines, rats, corps coupés en deux,…Aucun espoir ne semble permis aux différents protagonistes prisonniers, plus d'une heure durant, des couloirs obscurs de cet Temple gigantesque. Un décor exceptionnel et fort bien exploité même si, parfois, c'est au détriment des personnages un peu trop grossièrement brossés. C'est vraiment le principal point noir du métrage: les intervenants sont trop caricaturaux (le héros idéaliste, la demoiselle en détresse, le big boss complètement cinglé) pour vraiment nous convaincre.

LE TEMPLE DU LOTUS ROUGE n'est sûrement pas un chef d'œuvre impérissable et il n'a pas sa place parmi les plus grandes réussites de Ringo Lam (en particulier FULL ALERT et sa tétralogie générique dite "Hong Kong On Fire"). C'est néanmoins un divertissement de bon niveau, que l'on peut voir et revoir avec plaisir