BUDDHA's PALM

Titre: Buddha's Palm
ou: Ru lai shen zhang
Réalisateur: Taylor Wong
Interprètes: Derek Yee

 

Candy Yu
Alex Man
Lo Lieh
Shih Kien
 
 
Année: 1982
Genre: Wu Xia Pian fantasy
Pays: Hong Kong
Editeur CTV
Violence: * *
Erotisme: *
Suite:  

50%

Résumé:

Après sept années passées à méditer, le grand Bodhissatva invente les redoutables neuf styles dits de la Paume de Buddha. Son disciple, Nuage Pourpre, en hérite mais les clans rivaux ne cessent de le harceler. Vingt ans plus tard, Lian Jianfei rencontre le maitre devenu ermite qui se propose, à son tour, de lui enseigner le plus puissant de tous les arts martiaux.

Critique:

CTV a sûrement pris un gros risque commercial en éditant ce métrage psychotronique datant de la fin de l'âge d'or de la Shaw Brothers. Quoique vénéré par une poignée de spectateurs lui vouant une sorte de culte décadent, BUDDHA's PALM risque bien de décontenancer, voire rebuter, le public avide de cinéma kung fu "normal".

Le métrage, remake d'un vieux classique du Wu Xia Pian, donne complètement dans le style outrancier, câblé et déjanté en usant de nombreux effets spéciaux. Spéciaux est d'ailleurs le terme qui convient, même si antédiluvien pourrait également s'appliquer à ces éclairs dessinés sur la pellicule ou ces monstres en carton pâte plus à leur place dans une compétition de danse du dragon que dans une œuvre de fantasy spectaculaire. L'ensemble apparaît donc terriblement kitsch mais, surtout, dénué de charme, avec ses emprunts grossiers comme ce sabre laser incongru qui rappelle que STAR WARS venait alors de triompher un peu partout dans le monde.

L'intrigue, simple en apparence, développe une très classique quête typique de la Fantasy mais les développements trop rapides de l'action et le manque de caractérisation manifeste des personnages transforment le tout en roman en gare ou en scénario de jeu de rôle hâtivement écrit. L'humour bien lourd et souvent inefficace ne sauve pas les meubles mais reconnaissons à l'ensemble un certain potentiel divertissant pour les inconditionnels du nanar bis gouleyant et mené à cent à l'heure.

Les combats accélérés présentent de nombreuses techniques délirantes et des acrobaties impossibles, pas toujours (pour ne pas dire rarement!) convaincantes ou maîtrisées, quelques pointes de violences surgissent parfois et le tout réussit malgré tout à distraire les plus indulgents. Certains spectateurs seront sans doute sensibles à ce côté amoureusement (?) bricolé et retrouveront une partie de leur âme d'enfant devant ce qui pouvait passer, à l'époque, pour un improbable mélange disco de kung fu, de Fantasy, de comic-book et de science-fiction cheap, un peu comme si Bruce Lee rendait visite à un Conan le Barbare, revisité par l'équipe de STAR WARS et les dessinateurs de la Marvel.

Sans épaisseur, bordélique, plus stupide que sympathique, desservi par des effets spéciaux ringards et achevé par des personnages sans intérêt, voir insupportables (le Sage de l'île du Levant qui annonce ses apparitions de manières tonitruantes, Nuage Pourpre et son rire pesant ponctuant chacune de ses répliques) qui s'agitent dans une intrigue très mince, BUDDHA's PALM apparaît au choix comme un ratage pathétique ou un classique du bis décomplexé.

Choisi ton camp, camarade!