LA VIE FANTASTIQUE DE BRUCE LEE

Titre: Bruce Lee: The Man, The Myth
ou: Bruce Lee Story
Réalisateur: Ng See Yuen
Interprètes: Bruce Li

 

Unicorn Chan
Yuen Biao
Alan Chui
 
 
 
Année: 1976
Genre: bruceploitation
Pays: Hong Kong
Editeur  
Violence: * *
Erotisme: *
Suite:  

70 %

Résumé:

La vie de Bruce Lee depuis ses débuts jusque sa mort dans l'appartement de Betty Ting en passant par son ascenssion vers le vedetariat.

Critique:

BRUCE LEE THE MAN THE MYTH est un des premiers exemples de biographie fantaisiste consacrées à Bruce Lee, une sous-catégorie dans le registre souvent peu glorieux de la Bruceploitation. Mais, au niveau de la vérité historique, le film ne fait franchement aucun effort pour coller aux faits authentiques, préférant offrir un spectacle de pure exploitation encore assez agréable à suivre pour les amateurs de nanar.

Nous suivons donc Bruce Lee à différentes étapes (fantasmées majoritairement) de sa carrière : ses débuts, son envol pour les USA, son retour à Hong Kong, son détour par la Thaïlande puis par Rome. Que fait l’acteur à ses différents endroits ? Il prépare des films, effectue des repérages ou tourne une séquence de combat. Mais sur cette base réelle, Ng See Yuen brode une intrigue essentiellement composée de rencontres. En effet, partout dans le monde, Bruce Lee croise le chemin de méchants gangsters qui désirent absolument le combattre, de maîtres des arts martiaux qui veulent le défier ou de petites frappes qui lui veulent simplement du mal, pour le plaisir, parce que ce sont des méchants et que les méchants font de mauvaises choses. Des passages très répétitifs mais qui permettent une grosse quantité de combats martiaux plutôt sympathiques.

Le personnage de Bruce Lee, pour sa part, ne bénéficie d’aucun développement et se contente d’être un simple artiste martial qui s’entraîne quotidiennement pour botter le cul d’un nombre incalculable d’adversaire. Sa vie de famille est quasiment ignorée, ses liaisons extraconjugales laissées de côtés, ses problèmes de santé à peine évoqués. Bref, niveau intrigue, BRUCE LEE THE MAN THE MYTH se distingue par sa platitude. Le film se termine logiquement par la mort de Bruce Lee dans l’appartement de Betty Ting mais enchaîne en présentant deux rumeurs populaires.

La première veut que le Petit Dragon ait en fait été tué par un gang, la seconde prétend qu’il a simulé sa mort pour se retirer du monde et méditer. Si on accepte les nombreux travestissements de la réalité, BRUCE LEE THE MAN THE MYTH se révèle plutôt plaisant. Le comique involontaire ne manque pas non plus, comme en témoigne la salle d’entraînement farfelue de Bruce Lee dans laquelle l’acteur se livre à des exercices relevant davantage du masochisme pur et simple que du développement physique.

La musique, comme dans la plupart des productions hongkongaises de cette époque, puise à droite et à gauche, piochant dans le catalogue du jazz et du funk sans oublier des emprunts à James Bond. Bref, encore une fois, un grand n’importe quoi mais un ensemble relativement agréable aux oreilles.

Ng See Yuen a semble t’il investi une somme d’argent conséquente dans le métrage puisqu’il se permet de filmer un peu partout dans le monde, de Seattle à Hong Kong en passant par Rome, Bangkok, Long Beach et San Francisco. On ne parlera certes pas de superproduction mais le tout se révèle plus fortuné que les imitations de LA FUREUR DE VAINCRE tournées dans une prairie. Au niveau martial, BRUCE LEE THE MAN THE MYTH assure un niveau très correct et montre différents styles, le Jeet Kune Do de Lee devant alternativement défaire le Karaté japonais, le Kung Fu traditionnel, le kickboxing thaïlandais ou le « combat de rue ».

Si on peut regretter que les producteurs n’aient pas davantage suivi la vie de Bruce Lee et se soient allé à de nombreuses inexactitudes et facilités, BRUCE LEE THE MAN THE MYTH s’avère en définitive plutôt agréable à suivre et devrait contenter les amateurs de combats quasi non stop.