LA VIE SENTIMENTALE DE BRUCE LEE

Titre: Bruce Lee and I: His Last days and his last nights
ou: Sex Life of Bruce Lee / Lei Siu Lung yi ngo
Réalisateur: John Law Ma
Interprètes: Betty Ting

 

Danny Lee
James Nam
Tony Liu
Hsu Hsia
Corey Yuen
 
Année: 1976
Genre: Drame / "Biographie" / Erotique / Kung Fu / CatIII
Pays: Hong Kong
Editeur  
Violence: * *
Erotisme: * * *
Suite:  

55 %

Résumé:

Betty Ting, la dernière maîtresse de Bruce Lee, nous raconte sa vie et celle de la star défunte du kung fu!

Critique:

Cette co-production entre la Shaw Brothers et la starlette Betty Ting, chez qui Bruce Lee trouva effectivement la mode est censée nous apprendre ce qui est réellement arrivé à la star du kung-fu lors de ces derniers jours. Mais la bonne volonté s’efface rapidement au profit d’une œuvre d’exploitation grotesque et donc encore assez divertissante pour peu que l’on accepte les postulats de base stupides du métrage.

Betty Ting, dernière maîtresse de Bruce Lee, accusée d’avoir causé sa mort, nous raconte donc les dernières semaines du Petit Dragon à travers le prisme déformant de son regard. Et, histoire de pousser le bouchon du mélodrame et de provoquer quelques épanchements lacrymaux dans les salles de cinéma, Betty Ting se la joue pauvre victime innocente jetée en pâture à des producteurs sans scrupules qui lui demande de se déshabiller et d’exhiber ses seins à la place des vedettes des studios. On en viendrait vite à la plaindre mais chacun sait aujourd’hui que toute cette biographie fantasmée est purement mensongère et qu’il n’a sans doute pas fallu beaucoup forcé la demoiselle pour la faire participer à des oeuvrettes sexy.

Si le personnage de Betty est purement fantaisiste, que dire de celui de Bruce Lee, présenté comme un mégalomane narcissique, obsédé par son image et sa condition physique, s’entraînant dans une salle de sport privée tapissée de ses propres posters géants. Il est également décrit comme détestant les Occidentaux et passe son temps à « se la jouer », ou à se battre avec quiconque l’ennuie. Parfois, il organise des combats d’oreillers avec Betty, saute sur le lit au ralenti, lui fait l’amour, se bourre la gueule et fume des joints. Mais Bruce aime Betty, au point de tenter de l’imposer comme la star de son prochain film et de la protéger contre tous les méchants pas beaux et envieux qui la prennent pour une pute et ne voient pas qu’elle est une grande actrice. C’est beau !

John Law Ma, qui réalisa par la suite trois solides kung fu nerveux pour la Shaw (BOXER FROM THE TEMPLE, MONKEY KUNG FU et surtout le bien nommé FIVE SUPERFIGHTERS) ne cherche ici même pas à relever le niveau, pourtant bien bas, par des combats nombreux. On ne compte en effet qu’une petite poignée d’affrontements desquels on retiendra la reconstitution très approximative de célèbre attaque du dojo de LA FUREUR DE VAINCRE et un long combat contre de petits voyous. Les séquences fantaisistes de l’acteur dans le milieu du cinéma sont d’ailleurs aussi ridicules qu’amusantes au second degré.

LA VIE SENTIMENTALE DE BRUCE LEE n’est donc pas un bon film, ni même une bruceploitation sympathique (contrairement aux plus respectueux LA VENGEANCE AUX POINGS D’ACIER ou LE DEFI DE LA GRANDE MURAILLE) mais il possède un certain charme. Les admirateurs du Petit Dragon risquent de s’étrangler de fureur mais le métrage de Law Ma demeure bizarrement divertissant.

Quoique complètement raté et totalement inexact, cet étrange mélange de kung fu, de drame, de romance et d’érotisme s’avère finalement plutôt agréable à suivre. La musique et les chansons, très sirupeuses, ajoutent à l’atmosphère nostalgique typique des seventies et, en définitive, LA VIE SENTIMENTALE DE BRUCE LEE mérite presque une petite vision distraite, ne serait-ce que par curiosité.

Sans doute conscient de l’aspect racoleur de l’entreprise, le scénariste offre une dernière réplique révélatrice à un tenancier de bistrot s’adressant à une poignée de fans de Bruce Lee (et par la même occasion aux spectateurs) : « Si vous aimez et vénérez vraiment Bruce Lee comment pouvez-vous le caricaturer ainsi ». Cela à le mérite d’une certaine honnêteté.

Pour peu que l’on sache à quoi s’attendre il y a moyen de passer un relatif bon moment devant ce gros nanar.