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Chen Kuan-tai incarne Gu Hui, un bandit au
grand cœur élevé au sein d'un gang dont le vieux chef vient
de mourir. Or, la nouvelle génération décide de ne plus respecter
les anciennes règles (ne pas tuer, ne pas violer, ne prendre
que la moitié de leur argent aux victimes) et notre lascar se
révolte. Il trouve refuge auprès d'un vieux fabricant de chaussure
qui l'encourage à vivre honnêtement. Lorsque ce-dernier est
assassiné par un bandit notre héros décide d'assouvir sa vengeance
à l'encontre du chef du gang.
BLOODY ESCAPE est un très classique mélange
de kung-fu et de mélodrame dans lequel Chen Kuan-tai incarne
un jeune homme en proie à une grosse crise de conscience. Il
réalise peu à peu que son existence a été construite sur de
mauvaises bases et il décide de remonter la pente en prenant
ses distances avec sa vie antérieure de criminel. Mais, évidemment,
le passé le rattrape.
Le principal défaut de BLOODY ESCAPE est que
rien ne le distingue fondametalement des dizaines de titres
similaires à base de rédemption, un schéma très classique du
cinéma de gangster. Au départ crédité à Chang Cheh (en tant
que co-réalisateur), le métrage est aujourd'hui attribué au
seul Sun Chung, un cinéaste solide qui livrera par la suite
une poignée de titres fort intéressants comme LA VENGEANCE DE
L'AIGLE, RENDEZ VOUS WITH DEAD ou le très curieux HUMAN LANTERN.
Ici, le réalisteur livre un produit plus standard mais non dénué
d'un certain intérêt. La véritable paternité du métrage (entre
Chang Cheh et Sun Chung) reste néanmoins sujette à caution et
l'absence de personnalité de la mise en scène n'aide guère à
se faire une idée.
La psychologie du personnage principal est
assez bien décrite, Chen Kuan-tai se considérant au départ comme
une sorte de héros du peuple proche d'un Robin des Bois chinois
avant de comprendre qu'il n'est finalement qu'un bandit voulant
se donner bonne conscience. Sa relation avec une jeune demoiselle
(Shih Szu) sauvée d'un viol est également plutôt bien développée
et ne prend pas tout à fait le tour attendu, à savoir que le
happy-end ne sera pas total pour notre héros ayant enfin regagné
sa dignité d'homme.
Mais BLOODY ESCAPE n'est pas seulement un drame,
c'est aussi un pur film de combats martiaux (souvent à mains
nues) dans la lignée des œuvres de Bruce Lee. Les chorégraphies
sont donc assez réalistes, brutales et relativement rapides
même si Chen Kuan-tai livre quelques démonstrations plus impressionnantes
en combattant seul contre une bonne dizaine de bandits. Au niveau
de sa performance d'acteur, Chen Kuan-tai se défend très bien
et les passages où ils discutent avec la demoiselle ou le vieux
cordonnier sont sans doute les plus réussies.
Néanmoins, BLOODY ESCAPE est, dans l'ensemble,
assez moyen et si il se suit sans ennui (sa courte durée d'une
heure et vingt minutes aidant) le métrage ne se regarde cependant
qu'avec un intérêt poli et sans véritable passion.
La Shaw Brothers nous a donné des titres bien
pires mais aussi de nombreux autres nettement supérieurs et,
au final, BLOODY ESCAPE ne s'adresse qu'aux incondionnels du
studio hongkongais.
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