THE BLOODY ESCAPE

Titre: Tao wang
ou: The Bloody Escape
Réalisateur: Sun Chung (et Chang Cheh ?)
Interprètes: Chen Kuan-Tai

 

Si Si
Wu Chi-Chin
Wai Wang
Kong Do
 
 
Année: 1975
Genre: Kung Fu / Drame
Pays: Hong Kong
Editeur Celestial
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite:  

60%

Résumé:

Lorsque le vieux chef d'un clan de bandits décède, les anciennes règles n'ont plus cours et Gu Hui se révolte...

Critique:

Chen Kuan-tai incarne Gu Hui, un bandit au grand cœur élevé au sein d'un gang dont le vieux chef vient de mourir. Or, la nouvelle génération décide de ne plus respecter les anciennes règles (ne pas tuer, ne pas violer, ne prendre que la moitié de leur argent aux victimes) et notre lascar se révolte. Il trouve refuge auprès d'un vieux fabricant de chaussure qui l'encourage à vivre honnêtement. Lorsque ce-dernier est assassiné par un bandit notre héros décide d'assouvir sa vengeance à l'encontre du chef du gang.

BLOODY ESCAPE est un très classique mélange de kung-fu et de mélodrame dans lequel Chen Kuan-tai incarne un jeune homme en proie à une grosse crise de conscience. Il réalise peu à peu que son existence a été construite sur de mauvaises bases et il décide de remonter la pente en prenant ses distances avec sa vie antérieure de criminel. Mais, évidemment, le passé le rattrape.

Le principal défaut de BLOODY ESCAPE est que rien ne le distingue fondametalement des dizaines de titres similaires à base de rédemption, un schéma très classique du cinéma de gangster. Au départ crédité à Chang Cheh (en tant que co-réalisateur), le métrage est aujourd'hui attribué au seul Sun Chung, un cinéaste solide qui livrera par la suite une poignée de titres fort intéressants comme LA VENGEANCE DE L'AIGLE, RENDEZ VOUS WITH DEAD ou le très curieux HUMAN LANTERN. Ici, le réalisteur livre un produit plus standard mais non dénué d'un certain intérêt. La véritable paternité du métrage (entre Chang Cheh et Sun Chung) reste néanmoins sujette à caution et l'absence de personnalité de la mise en scène n'aide guère à se faire une idée.

La psychologie du personnage principal est assez bien décrite, Chen Kuan-tai se considérant au départ comme une sorte de héros du peuple proche d'un Robin des Bois chinois avant de comprendre qu'il n'est finalement qu'un bandit voulant se donner bonne conscience. Sa relation avec une jeune demoiselle (Shih Szu) sauvée d'un viol est également plutôt bien développée et ne prend pas tout à fait le tour attendu, à savoir que le happy-end ne sera pas total pour notre héros ayant enfin regagné sa dignité d'homme.

Mais BLOODY ESCAPE n'est pas seulement un drame, c'est aussi un pur film de combats martiaux (souvent à mains nues) dans la lignée des œuvres de Bruce Lee. Les chorégraphies sont donc assez réalistes, brutales et relativement rapides même si Chen Kuan-tai livre quelques démonstrations plus impressionnantes en combattant seul contre une bonne dizaine de bandits. Au niveau de sa performance d'acteur, Chen Kuan-tai se défend très bien et les passages où ils discutent avec la demoiselle ou le vieux cordonnier sont sans doute les plus réussies.

Néanmoins, BLOODY ESCAPE est, dans l'ensemble, assez moyen et si il se suit sans ennui (sa courte durée d'une heure et vingt minutes aidant) le métrage ne se regarde cependant qu'avec un intérêt poli et sans véritable passion.

La Shaw Brothers nous a donné des titres bien pires mais aussi de nombreux autres nettement supérieurs et, au final, BLOODY ESCAPE ne s'adresse qu'aux incondionnels du studio hongkongais.