BLOOD SPORT

Titre: Bloodsport
ou: Tous les Coups sont permis
Réalisateur: Newt Arnold
Interprètes: Jean Claude Van Damme

 

Bolo Yeung
Forest Whitaker
Roy Chiao
Donald Gibb
Norman Burton
 
Année: 1987
Genre: Arts martiaux
Pays: USA
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite: Bloodsport 2

65 %

Résumé:

Le militaire Frank Dux désire honorer son maître mourrant, Tanaka, un expert japonais du ninjustu. Pour cela il quitte son poste et gagne Honk Kong, où se déroule le Kumite, un tournoi clandestin d'arts martiaux. Il compte fleurette à une reporter décidée à couvrir l'événement et doit échapper à des agents américains pour continuer à combattre sur le ring.

Critique:

Bloodsport rappelera des souvenirs à bien des fans d'arts martiaux cinématographique. Nous étions en effet en 1988 et les rares métrages de Hong Kong disponibles étaient souvent des titres coupés, mal présentés sous des jaquettes hideuses et des titres trompeurs.

A leurs côtés, l'amateur n'avait pas grand chose à se mettre sous la dent, entre les Ninja-movies "2 en 1" de Godfrey Ho, les acrobaties d'autres ninjas pour la Cannon et quelques Jackie Chan et Chuck Norris.

La sortie à grande échelle de Bloodsport était donc une bénédiction pour tous les fans frustrés. De prime abord, le film n'avait rien de bien palpitant. Inspiré d'une (supposée) histoire vraie, l'intrigue plonge la star montante Jean-Claude Van Damme dans l'enfer du Kumité, un tournoi d'arts martiaux clandestins. On le voit le médiocre script reprend les grandes lignes du Opération Dragon de Robert Clouse et Bruce Lee, la dimension espionnage en moins, et se contente de multiplier les affrontements à mains nues. Pas de quoi s'enthousiasmer, en apparence, même si l'ensemble garde un certain rythme et constitue un divertissement assez sympathique. On passera sur les invraissemblances, trop nombreuses pour être citées, comme ce tournoi soi-disant clandestin et interdit mais "sponsorisé" par l'Association Internationale des Arts Martiaux, que chacun semble connaître ("Tu viens pour le Kumité?...Moi aussi") et empli de figurants agitant leurs paris.

Passons sur tout cela, pour apprécier le divertissement basique proposé. Il faut dire que le cinéaste débutant Newt Arnold réussit à bien cadrer les combats et à donner une certaines pêche à cette suite de bastons assez vite expédiées mais efficaces. La plupart n'ont pourtant rien de bien mémorables et seuls une poignée de combattants émergent un peu du lot, outre Van Damme et Bolo. Citons ainsi un lutteur de poids, entre le sumotori et le catcheur, qui affronte un Noir adepte du Monkey Fist. Un petit duel qui tranche dans la monotonie des coups de pieds au visage mettant KO l'adversaire en une dizaine de secondes.

Van Damme, dans son premier rôle en vedette, démontre des qualités athlétiques certaines, lesquelles compensent aisément un jeu encore hésitant. De toutes manières, on ne lui demandait pas un rôle de composition et son interprétation, aussi minimale qu'elle puisse sembler, s'appuie surtout sur son physique et un certain charisme. C'était bien suffisant.

En face de lui, Bolo Yeung, l'éternel méchant du ciné kung fu, démontre toute sa puissance et s'avère particulièrement impressionnant dans son rôle de pur salaud, tuant ou mutilant ses adversaires sans la moindre raison. L'affrontement final, quoique sympa, reste pourtant en deça des attentes, Van Damme prenant immédiatement l'avantage pour ne plus le lâcher durant ces quelques huit minutes de coups de pieds agressifs.

Bloodsport est donc une petite série B parmis d'autres qui possède pourtant quelques qualités, lesquelles résident essentiellement (pour ne pas dire exclusivement) dans les combats. Ceux-ci ne peuvent évidemment rivaliser avec les affrontements des classiques hongkongais du genre (on est loin de Legend of a Fighter par exemple) mais s'avèrent largement satisfaisants, dans un style bref et sec.

Van Damme prouve qu'il possède une vraie condition physique et il assène une suite de coups de pieds et de poings tout à fait divertissante. On remarque aussi pas mal d'emprunts à la saga Rocky , l'aspect psycho-social en moins et le métrage s'apparente parfois à une sorte de décalque, reprenant la séquence où Balboa parcourt la ville à moto en repenssant à son ami. Ici, Van Damme est dans un bus mais le principe est le même, avec l'utilisation d'une musique hard FM eighties des plus irritantes ("Fight To Survive" est le wanna be "Eye of the Tiger")

Bref, beaucoup de défauts mais, sans prétendre au chef d'oeuvre, le film reste une des meilleures productions hollywoodiennes de ce style et un des titres les plus réussis et célébrés de la filmographie en dent de scie (pour utiliser un euphémisme!) de la star belge.

Même si Bloodsport a pris un sacré coup de vieux, il garde une certaine énergie et demeure largement supérieur à ces innombrables décalques, les Blood Fist, Shoot Fighter, Kick Fighter et autres séries Z qui pullulèrent entre 1988 et 1993.