BLADE

Titre: Blade
Réalisateur: Stephen Norrington
Interprètes: Wesley Snipes

 

Kris Kristofferson
Stephen Dorff
N'Bushe Wright
Udo Kier
Tracy Lord
 
Année: 1998
Genre: Fantastique / Action / Horreur
Pays: USA
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite: Blade 2

70 %

Résumé:

Blade est né d'une mère mordue par un vampire. Des années plus tard il est un hybride, celui qui marche dans la lumière du jour, partagé entre les deux mondes dont il possède toutes les forces sans aucune des faiblesses. Avec son maître et mentor Whistler, il devient un chasseur décidé à exterminer les créatures de la nuit.

Critique:

Blade est un des héros les moins connu de la firme Marvel, qui ne possède pas, loin de là, la notoriété de Spiderman, des X-Men ou de Captain America. C’est également un héros ambigu puisqu'il est ce qu'on appelle un « daywalker »: un hybride entre l’humain et le vampire ayant toutes les forces de ce dernier sans ses faiblesses.

Wesley Snipe incarne le personnage dans ce film bien mené, rythmé et réussi, entre modernité et gothisme, où l’on retrouve également Kris Kristofferson, Stephen Dorff, Udo Kier et Traci Lords dans un petit rôle. L'ensemble fut un des succès surprise de l'année 1998, un "sleeper" qui dama le pion à bien des productions plus fortunées.

Il apparaît avec le recul que Blade fut le véritable déclencheur de la grande vague comic-book qui domina largement le box-office au début des années 2000. Ce fut également un des premiers succès américains à reprendre à son compte les recettes éprouvées par le cinéma de Hong Kong, à savoir l'action frénétique, l'humour, l'utilisation d'arts martiaux et une sincérité confinant à la naïveté obligeant fréquemment le spectateur à recourir à la désormais célèbre suspension d'incrédulité.

La séquence d'ouverture montre Blade entrer dans une boite de nuit où se trémoussent des vampires abreuvés de sang par des jets sortis du plafond. Le ton est donc donné pour ce mélange assez excitant d'épouvante, de fantastique, de bastons et d'action, saupoudré d'une dose d'humour souvent effective.

Blade, le chasseur, possède de nombreuses armes sympathiques, comme un riot-gun utilisant des balles d'argent, une épée très efficace, des grenades à ultraviolets, etc. Ce qui est le strict minimum pour combattre l'épidémie de vampirisme (puisque c'est bien à une maladie que la soif de sang est clairement assimilée, ce qui a permis à la critique les habituelles métaphores sur le moderne Sida, un comble pour un mythe aussi ancien!).

D'autres allusions politiques sont pourtant possibles puisque les vampires se divisent entre les 'sang purs', nés vampires et dominés par le diabolique Deacon Frost (joué par Stephen Dorff) et les 'impurs', à savoir les humains devenus non-morts.

Le récit parvient donc à concilier des éléments actuels et démystificateurs tout en ne négligeant pas certains aspects plus 'archaïques' et traditionnels des légendes, comme la peur du soleil, la soif de sang et l'existence d'un mystérieux Dieu Démon sanguinaire.

Certains pourront regretter que l'ensemble ménage quelques longueurs (le tout dure 2heures) même si le rythme est généralement soutenu. On peut aussi souligner que Stephen Norrington développe finalement assez peu une si riche mythologie et ne se soucie guère de présenter ses personnages, privilégiant avant tout l'action. C'est sans doute vrai mais le public s'y retrouve pourtant et l'action, soutenue par une musique alternant techno et score plus classique, s'avère largement divertissante.

Blade constitue donc un bel exemple de transposition réussie d'une bande dessinée à l'écran. C'est sans hésiter un bon moment assuré même si l'ensemble fait quelque peu pâle figure (un comble!) en comparaison de son extraordinaire séquelle.