BLADE TRINITY

Titre: Blade Trinity
Réalisateur: David S Goyer
Interprètes: Wesley Snipes

 

Kris Kristofferson
Jessica Biel
Dominic Purcell
Ryan Reynolds
Parker Posey
 
Année: 2004
Genre: Fantastique / Action / Horreur
Pays: USA
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite:  

50 %

Résumé:

Un clan de vampires dirigé par Danica Talos réveille le prince des vampires, le redoutable Drake (alias Dracula) afin de conquérir le monde. Les créatures nocturnes orchestrent également une machination afin de faire arrêter Blade, présenté comme un dangereux tueur. Mais la fille de Whistler, Abigail, va libérer Blade pour le combat final contre les vampires.

Critique:

Ecrit et réalisé par David S. Goyer, scénariste attitré de la franchise Blade, cet ultime volet (?) s'avère malheureusement une cruelle déception. Après l'intéressant premier épisode et la réussite quasi-totale du second, chacun espérait une conclusion à la hauteur des attentes. Ce ne fut pas le cas, loin de là, Blade Trinity étant le plus faible des trois. Au départ, Goyer avait pourtant imaginé une fin apocalyptique, largement inspirée par le roman culte Je suis une légende de Richard Matheson. Mais les producteurs ne l'ont hélas pas suivi…

Maintenant que la désillusion est consommée, que reste t'il de ce dernier volet de la saga? Pas grand-chose. Le scénario avance de manière boiteuse, se perd dans d'inutiles digressions et ne mène finalement nulle part. Pas de conclusion, fut-elle provisoire à la hauteur des attentes, donc… The Road leads to nowhere…. Le propos est simple et les ambitions minimales.

Les gentils et les méchants vont se bastonner mollement durant un peu plus d'une heure et demie. Les premiers, les Night stalkers, sont composés d'une Jessica Biel parachutée là pour la décoration et d'un Ryan Reynolds en bouffon plus prompt à lancer une grosse "punchline" bien débile qu'à dégainer son flingue.

Bref, un côté très années 80 régressifs qui rappelle davantage les Génération Perdue et autres Vampire? Vous avez dit vampire? que les précédents volets de la saga Blade, nettement mieux écrits et pensés. Wesley Snipe se voit, lui, peu à peu écarté, puisqu'il avait déclaré que ce troisième épisode serait son dernier.

On comprend évidemment la démarche commerciale de David Goyer, lequel, visiblement, désire recentrer la série sur les personnages annexes. Bien que le concept sous-jacent (un film titré Blade pourrait il se passer du héros éponyme?) soit intrinsèquement stupide, la direction prise ici ne laisse planer aucun doute.

Pour les méchants, malgré la présence de Dracula en personne, ce n'est guère plus fameux, un condensé de clichés pas vraiment convaincants.

Encore raté, encore dommage!

Tout cela est forcément bien négatif. Pourtant il faut avouer que ce n'est pas aussi nul que certain l'ont prétendus. Nous n'atteignons pas, pour prendre quelques exemples récents, les tréfonds d'un Resident Evil Apocalypse ou d'un Van Helsing absolument imbuvable. Si on accepte de prendre ce Blade Trinity pour un simple divertissement sans aucune prétention, l'ensemble s'avère acceptable. Médiocre sans doute, peu passionnant certainement mais pas complètement raté pour autant.

Certes, la réalisation est appliquée (c'est le premier film de Goyer et ça se voit), les combats et autres séquences d'action tout juste passables mais, bon, Blade (le personnage!) possède un capital de sympathie évident et une mythologie aussi riche ne laisse pas complètement indifférent, même lorsqu'elle est - comme ici - fort mal exploitée.

Parti sur de mauvaises bases (scénario grandiose revu - c'est un euphémisme - à la baisse, acteur principal de moins en moins concerné souhaitant se débarrasser de son rôle culte - pour aller tourner des direct to dvd miteux, chapeau bas Wesley, t'es passé de star à complet has-been en moins de temps qu'il n'en faut pour dire Michael Dudikoff ou Jean Claude Van Damme!), le film ne pouvait que décevoir. David Goyer n'ayant guère sauvé les meubles, le résultat est maladroit et sans grand intérêt.

Sa vision - un peu douloureuse mais pas tellement ennuyeuse, c'est déjà ça - sera donc réservée aux seuls inconditionnels, lesquels se satisferont peut-être de ce produit de série B.