BLACK MASK 2

Titre: Hak Hap 2
ou: Black Mask 2 - City of Masks
Réalisateur: Tsui Hark
Interprètes: Andy On

 

Tobin Bell
Jon Polito
Teresa Herrera
Tracy Lords
Tyler Mane
Rob Van Dam
Scott Adkins
Année:  
Genre: SF bis
Pays: Hong Kong
Editeur  
Violence: * *
Erotisme: * *
Suite:  

50%

Résumé:

Le super héros masqué Black Mask affronte une poignée de catcheurs mutants...

Critique:

Malgré les précautions prises par certain suite au remontage du métrage par ses producteurs, il faut avouer que Black Mask 2 n'est rien d'autre qu'une série Z gonflée comme une baudruche.

Comment Tsui Hark a t'il pu accoucher d'un tel monstre se sont demandés certains, oublieux des précédents ratages de l'ex (?) maître du cinéma hong-kongais? Ecrit par Julien Carbon et Laurent Courthiaud, deux français souvent plus inspirés (cf l'excellent Running Out Of Time), cette fausse séquelle commence de manière relativement efficace pour s'enfoncer très rapidement dans les méandres du n'importe quoi assumé.

Voulu comme une sorte de comic-book movie ultime, excroissance sous acide et auto parodique du premier film, cette suite n'a clairement pas les moyens de ses ambitions. Que le cinéaste ait souhaité un résultat premier ou second degré est donc une question peu pertinente tant le résultat final déçoit à tous points de vue.

Les effets spéciaux sont souvent ratés, les chorégraphies s'avèrent approximatives (Yuen Woo Ping avait visiblement des projets plus importants sur le feu) et le rythme est déficient. Car le principal problème réside dans la réputation du métrage, passé d'objet fantasmatique (style le film de super-héros définitif) durant sa conception à gros nanar à l'arrivée, avec un passage par la case ratage total. Or, il ne s'agit pas vraiment du nanar annoncé (escompté diront même les plus pervers) car le spectateur bis était en droit d'attendre un film beaucoup plus explosif et délirant. Un type habillé comme Kato qui affronte des catcheurs mutants menés par l'ex porno-star Tracy Lord, voilà qui pouvait exciter le fan de spectacle décalé. Nous sommes loin d'être convaincu à la vision d'un résultat souvent bien trop mou pour parvenir à intéresser vraiment.

Les combats sont trop pauvres pour parvenir à donner le frisson et on se demande ce que faisaient vraiment Yuen Woo Ping et Yuen Bun sur le plateau. Pour son premier film le pauvre Andy On n'est donc pas gâté, forcé de prendre la relève de Jet Li dans une série de combats piètrement réglés où il se coltine avec des catcheurs mutants ridicules.

Le montage tente de rattraper le coup mais sans parvenir à effacer l'impression générale de bâclage qui ressort de l'ensemble. Seul la belle Tracy Lords semble parvenir à insuffler un tant soi peu de crédibilité à son personnage, un comble pour une actrice plus célèbre pour ses performances physiques que pour ses talents de comédienne.

Black Mask 2 avance donc lentement vers son climax bien médiocre et n'offre que de rares moments réussis, dans leur délire bis (le combat sur les éléphants évadés), pour convaincre le spectateur qu'il n'a pas totalement perdu son temps. Il est vrai que l'on ne s'y ennuie pas vraiment, l'ensemble étant, en définitive, assez sympathiquement nul.

Mais de là a considérer ce Black Mask 2 comme autre chose qu'une rencontre ratée entre "Bioman" et "Batman" (version sixties) sans saveur, il y a un pas que je ne franchirais pas, Tsui Hark ou pas.