| Résumé: |
Un jeune couple, Vishal et Swati, s'installe dans un beau duplex au sommet d'un immeuble. Quelque temps plus tôt, la locatrice précédente, Manjeet, s'est défénestrée mais Vishal ne révèle pas ce "détail" à sa femme, observant, non sans bon sens, que dans tous les immeubles du monde, quelqu'un est mort un jour ou l'autre. Cependant Swati ne tarde pas à tomber sous l'emprise de la jeune suicidée…
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| Critique: |
BHOOT est un pur film d'épouvante à base de
fantômes, un genre fort prisé par les Asiatiques depuis une
petite dizaine d'années. A la différence qu'il ne provient pas
du Japon (comme RING ou LA MORT EN LIGNE), ni de Corée (DEUX
SŒURS, MEMENTO MORI,…), ni de Taiwan (DOUBLE VISION), ni de
Thaïlande (SHUTTER, GHOST OF MAE NAK) mais bien de l'Inde. Il
s'agit d'ailleurs d'un remake de RAAT, tourné dix ans plus tôt
par le même cinéaste. A l'époque ce film n'avait pas fonctionné
mais la nouvelle popularité des histoires de fantômes asiatiques
a sans doute poussé Ram Gopal Varma, devenu un des cinéastes
les plus réputés de son pays, a en proposer une nouvelle version,
simplement intitulée BHOOT ("fantôme").
Comme la première version, ce remake se passe
de toutes chansons et se veut un pur film d'épouvante et annonce
directement la couleur via un carton pré générique éloquent:
"le seul but de ce film est de vous effrayer et je le déconseille
aux personnes sensibles et aux cardiaques". Une profession de
foi signée Ram Gopal Varma qui s'apparente davantage aux promesses
d'enterrements gratuits en cas de décès de William Castle tant
le métrage peine à susciter le frisson.
| Le casting se partage entre nouvelles stars
populaires du cinéma hindi et valeurs sûres, comme Rekha et
Victor Banerjee qui joua aussi bien pour Satyajit Ray que pour
David Lean. Bref, du beau monde. Ce casting solide s'avère un
des arguments essentiels d'un métrage par ailleurs fort prévisible.
Les acteurs sont en effet d'un très bon niveau et parviennent
à crédibiliser cette intrigue. Un bémol pour l'actrice principale
toutefois, Urmila Matondkar, à l'aise dans les passages calmes
et lorsqu'il s'agit de simuler l'effroi mais malheureusement
aux limites du ridicule lors des scènes de possession, lesquelles
virent au grotesque. |
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Possession? Le mot est lâché! En effet, au
terme d'une heure de métrage très linéaire et prévisible (fortement
inspiré par DARK WATER), le cinéaste change son fusil d'épaule
pour verser dans le remake déguisé (pas beaucoup!) de L'EXORCISTE
et reprend toutes les scènes clés du chef d'œuvre de Friedkin.
Bref, rien de neuf, d'autant que Ram Gopal Varma prend son temps
(deux heures!) mais évite heureusement les numéros musicaux
inappropriés à son propos.
Le souhait était donc de réaliser un film prenant
et effrayant. Est-ce réussi? Pas vraiment, même si le résultat
n'a rien de déshonorant. D'une part, BHOOT n'est pas ennuyeux
et se suit même avec un certain plaisir, ce qui n'était pas
gagné dès le départ vu son côté "je pompe à gauche et je pompe
à droite", en grande partie grâce à ses interprètes savoureux
et à quelques répliques efficaces. D'autres part, Ram Gopal
Varma n'évite pas les longueurs et aurait beaucoup gagné à couper
dans certaines séquences très répétitives (le jeune héros va
au boulot, s'installe puis repart) qui échouent totalement à
créer l'ambiance voulue.
Au rayon des frissons promis, le bilan est
maigre: BHOOT ne parvient pas à faire peur, excepté peut-être
à une ou deux reprises, durant sa première heure, et doit pour
cela recourir à de gros effets éculés ponctués par une bande
son tonitruante. La seconde partie s'avère par contre encore
moins convaincante et efficace, tant les séquences paraissent
déjà vues bien trop souvent, du moins en Occident, pour convaincre
le spectateur.
Sans beaucoup d'originalité, très prévisible
et linéaire, BHOOT abandonne rapidement la subtilité relative
de sa première moitié pour chausser de gros sabots bien pesants.
L'outrance de son interprète principale est contrebalancée par
la volonté évidente du cinéaste de bien faire (même si il choisit
l'option "il y en a un peu plus, je vous le mets quand même")
et l'ensemble, finalement, permet de passer une soirée sympathique
même si on se rapproche davantage d'un décalque bis rital des
métrages sataniques des seventies que d'une véritable réussite.
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