UN ALLER SIMPLE

Titre:
Belly of the Beast
ou:  
Réalisateur: Ching Siu Tung
Interprètes: Steven Seagal

 

Byron Mann
Monica Lo
Vincent Riotta
Tom Wu
 
 
Année: 2003
Genre: Action
Pays: USA / Hong Kong
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite:  

65%

Résumé:

Après l'enlèvement de sa fille, un ex-agent de la CIA retourne en Thaïlande pour la délivrer des griffes d'infâmes terroristes.

Critique:

Steven Seagal fut, avec Jean-Claude Van Damme et Chuck Norris, le principal pourvoyeur de séries B musclées durant les années 80 et 90. Après qu'il eut connut son heure de gloire avec des titres comme PIEGE EN HAUTE MER, NICO ou DESIGNE POUR MOURIR, il dut bon gré mal gré se reconvertir dans le direct to vidéo et dire adieu aux sorties en salles et à la renommée.

Alors que Van Damme prend aujourd'hui son temps et ne livre plus qu'un film par an (souvent plutôt réussi dans la limite de leurs ambitions, soit dit en passant), Seagal tourne frénétiquement, alignant les produits vite expédiés échouant régulièrement sur les étagères des vidéoclubs. Pour continuer le parallèle avec Van Damme, Seagal a lui aussi cherché le salut auprès de cinéastes asiatiques, de la Corée à Hong Kong. C'est donc Tony Ching Siu-tung qui se charge de cadrer le Saumon Agile dans cette très très classique histoire de revanche.

Notre héros incarne un ex-agent de la CIA se lançant dans une expédition punitive pour délivrer sa fille enlevée par de méchants terroristes. Bref, ce n'est pas l'originalité de son intrigue qui fait de ce BELLY OF THE BEAST une petite réussite distrayante. Non, c'est plutôt la réalisation bien efficace de Ching Siu-tung, lequel a concocté une belle série de séquences musclées: des fusillades bien réglées et une poignée de combat à mains nues plutôt rythmés.

Malheureusement, Seagal a bien "le ventre de la bête" et, avec ses vingt kilos de trop, il peine à lever la jambe, laissant la plupart du temps une doublure effectuer les affrontement câblés. Ces derniers sont irréalistes mais plutôt enthousiasmants et permettent au film de se suivre sans ennui. Au niveau de l'interprétation, Seagal est fidèle à lui-même: il articule à peine, exhibe un physique monolithique et ne parvient jamais à susciter la moindre émotion. Mais il parvient à se montrer un minimum impliqué dans l'histoire et réussit à abandonner la nonchalance confinant au je-m'en foutisme de ces derniers longs-métrages. Ce n'est déjà pas si mal!

Dommage que le scénariste lui ait concocté une romance ultra convenue avec une belle prostituée thaïlandaise jouée par Monica Lo. Là, Seagal révèle clairement ses limites d'interprètes et toute cette partie "amourette" ralentit l'intrigue sans beaucoup relever l'intérêt.

BELLY OF THE BEAST n'est donc pas un chef d'œuvre. L'action est efficace, le rythme relativement soutenu (sans verser dans le boum boum frénétique), les combats plutôt bien balancés et l'ensemble s'avère énergique et sans beaucoup de temps mort. Voilà pour les points positifs. Hélas, le côté fleur bleue peu inspiré, le doublage systématique de la star, l'intrigue convenue et les dialogues hyper clichés tirent l'ensemble vers le bas, d'autant que les acteurs sont assez peu convaincants.

En définitive, voici une petite série B agréable à suivre un soir de grande fatigue intellectuelle. Le spectateur sachant à quoi s'attendre (des bastons, des fusillades et un scénar minimaliste) ne devrait cependant pas être déçu et, dans le genre, on a vu bien bien pire.